Ados, Prose, Roman

Remous – Chapitres 4 & 5

Remous

 

Le soleil, large disque orangé, s’évanouit derrière les hauts toits du village. Les rayons illuminent le décor de leur lumière douce et tiède. Tout est paisible, chacun profitant de sa soirée en famille. Quelques groupes de jeunes amis discutent joyeusement dans les rues avant de regagner leur logis. Il ne reste de la dernière pluie qu’un sol humide qui, déjà, s’évapore au gré des vents chauds. Refermant la porte dans mon dos, je n’ai plus qu’une idée en tête : retrouver la mystérieuse jeune fille.

Les cafés et magasins sont fermés lorsque je traverse la grande place. Je pense à ces nuits blanches d’été qui suivront, lorsque les fêtes battront de leur plein. Les danses folles et les boissons brandies en direction du ciel. L’agréable saveur du cidre qui réveille les papilles et la chaleur qui envahit les corps sous les brises fraîches de la nuit. Tout le lycée aimait s’y réunir durant les vacances. Tous, sauf elle.

Je descends la côte en direction de la plage. Celle-ci est déserte, sans grand étonnement. Rares sont les fois où la plage est sans danger, continuellement engloutie par les vagues. Pourtant, ce soir-là, quelque chose les retient au loin. La plage est à nouveau praticable.

Je fronce les sourcils et me concentre pour distinguer la silhouette étendue sur le sable chaud. Mon cœur rate un battement. Je n’ai pas de doute quant à l’identité. Kristen me sourit en me voyant arriver à petites foulées. Elle lève la main pour me saluer et se redresse puis tapote une place à ses côtés. Je me jette dans une gerbe de grains et elle rit.

– Je suis contente que tu sois venu, avoue-t-elle alors.

Je la considère longuement, mon cœur se réchauffant peu à peu. Je détaille chaque trait fin de son visage sans qu’elle n’en paraisse gênée. Un détail me surprend : elle ne porte pas ses lunettes.

– Tu… tu as des yeux magnifiques, je souffle sans pouvoir m’en abstenir.

Ses joues virent violemment au rouge et elle détourne son regard vers la mer. D’un geste maladroit, elle repousse ses longs cheveux de jais derrière ses épaules.

– De quelle couleur sont-ils ? demande-t-elle à ma grande stupeur.

– Tu plaisantes ?

– Non, elle glousse nerveusement. Ils ont la fâcheuse tendance de changer de couleur. Quelle est-elle, maintenant ?

– Un gris splendide. Telle la couleur des nuages lors d’un orage.

Elle hausse les épaules.

– Je n’aime pas l’orage.

– Tu as tort.

Elle me lance un regard inquisiteur, mais je n’ajoute rien. Bras croisés autour des genoux, nous nous contentons d’observer le spectacle sauvage qui s’offre à nos yeux. Les vagues déferlent avec violence sur le rivage avant de courir à petits pas délicats sur le sable fin. Là, elles s’arrêtent avant de basculer en arrière. Puis recommencent.

La mer sombre reflète l’énorme astre qui ne ressemble plus qu’à une boule de feu à moitié immergée par les eaux. Des étincelles semblent apparaître sur la surface avant de disparaître aussi vite qu’elles étaient venues. Des mouettes poussent leurs cris aigus en survolant leur champ de chasse. Puis, elles tombent en piquée pour repêcher dans leur bec l’objet de leur gourmandise.

– C’est mon endroit favori, me parvient soudain la petite voix de ma camarade. Là où je peux jeter ce que j’ai sur le cœur.

Le mien se serre et je me perds dans une intense réflexion. À la beauté des lieux se superpose le désordre qui règne en moi. Des souvenirs fragmentés défilent sous mes yeux sans que je ne puisse les retenir. Les larmes me brûlent la rétine. Mais je ne les laisse pas couler : je ne veux pas paraître faible devant cette fille.

– J’aimerais apprendre à te connaître.

Kristen ne répond pas, bien que le sourire sur ses lèvres se soit élargi. Puis, elle m’encourage d’un signe du menton ;

– Pose-moi des questions dans ce cas.

Les questions se précipitent dans mon esprit et menacent de s’échapper d’elles-mêmes. Je tente de regagner un peu de sang-froid.

– Pourquoi restais-tu si seule ?

Je sens ses muscles se raidir et elle rapproche ses genoux contre elle. Je commence à me reprocher mon indiscrétion lorsqu’elle répond :

– J’étais une fille complexée et désordonnée. Des idées sournoises me tourmentaient. J’avais peur. Peur des gens. Peur du monde.

Elle soulève alors lentement sa manche sans même quitter la mer du regard. Je sais que ce geste lui est à la fois douloureux et libérateur. Je n’ai pas besoin de baisser les yeux pour comprendre ce qu’elle cherche à me montrer. Nous le devinions déjà tous, au bahut.

Des cicatrices laides constellent sa peau pâle.

– Heureusement, annonce-t-elle d’un pauvre sourire, le médecin assure qu’elles disparaîtront avec le temps. Je n’ai pas plongé assez profondément la lame pour endommager ma santé.

J’acquiesce difficilement, touché par la détresse qui pointe de sa voix. J’hésite à poursuivre mon interrogatoire, mais elle m’encourage d’un signe de tête.

– Pourquoi avoir fait cela ?

– Car lorsque la souffrance morale est trop forte, seule la souffrance physique est capable de la surpasser. Pauvre idiote que j’étais, je ne pensais qu’à reproduire ceux l’ayant déjà fait avant moi. Je ne pensais pas aux conséquences. Si elles me produisaient beaucoup de bien, je comprends aujourd’hui que cette notion de « bien » était fausse.

Je prends inconsciemment une poignée de sable pour laisser les grains filer entre mes doigts. La sensation a quelque chose de rassurant. Kristen m’observe et m’imite, amusée.

– Mais tout cela n’est que du passé, déclare-t-elle tout à coup d’une assurance que je ne lui connaissais pas. Ce passé, je ne le garde plus sur moi si ce n’est ces cicatrices. Je l’ai abandonné entre de bonnes mains.

– Que veux-tu dire ?

– Un jour, tu comprendras.

– Tu as changé.

Ce n’est pas une question, simplement une constatation. Une courte phrase qui semble renforcer l’éclat de ses traits. Cette déclaration à quelque chose d’ironique, également. Je n’ai jamais connu cette fille auparavant, comment puis-je constater une quelconque transformation ? Son corps, me souffle mon esprit. Sa posture, son allure, ce sourire qui ne la quitte presque jamais. Tout témoigne d’une paix reçue. Et pourtant, je me souviens bien sans aucun effort de ses épaules voûtées, de son pas maladroit, de ses muscles tendus. Un corps qui se recroquevillait un peu plus chaque jour sur lui-même. J’avais entendu dire des médecins qu’un tel ménagement physique était dû à une intense mélancolie, un mal de vivre. Une angoisse qui ne fait plus le cauchemar de la jeune fille.

– Oui.

Nous demeurons à nouveau sous silence. Seul le son du remous des vagues nous berce. Elle me transporte. Loin. Loin de tout souci. Loin de tout mal.

– Et maintenant, as-tu peur du monde ?

– Non, j’ai appris à l’aimer.

À chaque réponse, le mystère semble se renforcer. Si Kristen autrefois donnait l’image d’une pauvre créature, aujourd’hui elle ne semble plus tout à fait humaine. Transformation. Ce mot se répète avec force dans mon esprit. Je m’allonge, bras croisés sous ma tête. Déjà, sur la voûte céleste, un panache de points lumineux apparaît. Les étoiles.

– Regarde la mer, prononce alors Kristen dans un souffle rempli d’émotion. N’est-elle pas magnifique ? Elle me ressemble tant. Ses vagues agitées étaient miennes auparavant. Quand je regarde ce vaste miroir, je ne vois que mon propre reflet.

J’aimerais lui dire que les lumières dansantes sur les flots sont également siennes. Kristen, c’est ainsi que je la vois. Lumineuse. Remplie de joie, de paix. Une lueur dans la nuit. Dansant pour la gloire. Amenant le monde à danser avec elle. Je la vois, comme si elle me tendait à moi aussi la main. Pour quoi ? Je l’ignore.

– Et je te vois aussi.

Cette soudaine parole me fait tressaillir. Je me tourne vers elle et l’étincelle dans ses prunelles se fait plus fort.

– Tu es là, indique-t-elle calmement.

Son doigt pointe la terminaison des flots, là où les remous se forment sur le sable brun. Je fronce les sourcils.

– Tu es comme les remous, répond-elle à ma question muette. Tu avances et tu recules. Tu ne sais vraiment où aller. Ni ne sais d’où tu viens.

Je ne sais pas qui je suis.

Elle n’a pas besoin de prononcer ces derniers mots. Elle sait que je devine sans peine.

Mon regard ne quitte plus l’objet de curiosité. L’émotion fait ravage en moi. Je ne perçois plus que des échos lointains dans mon esprit. Un nom crié, faiblement. Le mien.

Kristen est partie. Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour le savoir. Sa place est encore tiède. À présent, seuls les derniers rayons du soleil éclairent la plage. J’enlève mes chaussures et m’approche tranquillement des eaux. Je ne pense plus à ma mère qui hurlerait d’angoisse à ma vue. Ni même à mon père qui ne s’en préoccuperait sûrement pas. Le sable roule entre mes pieds nus, se glisse entre mes orteils pour les chatouiller. Enfin, les premières gouttes éclaboussent mon jean retroussé. Mes chevilles pénètrent l’eau froide.

Un vent surgit de nulle part et plaque mes cheveux contre l’arrière de mon crâne. Je sens comme un murmure autour de moi, survolant les sifflements des rafales. Parmi la nature, quelque chose m’appelle.

Loïc.

 

 

L’arbre du mystère

 

J’avais commis une grave erreur.

Vraiment ? Ou n’était-ce pas Lise qui tentait à tout prix de m’en convaincre ? Je soupire tandis que mon téléphone vibre dans ma poche. Je ne jette qu’un rapide coup d’œil à la nouvelle réponse de Lise.

Bon sang, Loïc, je ne te reconnais plus ! Tu avais promis de venir hier, tu sais ce que ça fait d’attendre pour comprendre que tu ne viendrais pas ? Que cherches-tu ? Avais-tu peur ?

Peur ? Je retiens un rire nerveux. Je ne sais pas vraiment ce qui m’a pris. Le message de Kristen avait écarté toute idée de soirée en compagnie de Lise. Moi qui pourtant rêvais de passer à l’acte… Cette idée ne m’est plus que lointaine à présent.

Je n’ai pas le temps de répondre qu’un nouveau message s’affiche :

Tu as trouvé une autre n’est-ce pa?

Mes sourcils se froncent, la colère gronde sourdement en moi. Comment aurait-elle pu croire que je la trompais ?

Bien sûr que non, Lise.

Alors je t’ennuie, c’est ça ? Qu’aurais-je dû faire ?

Je prends une grande inspiration et laisse mon appareil un temps pour me masser les tempes. Je ne sais que dire ni vraiment que faire. La situation m’échappe.

C’est alors qu’une question se formule dans mon esprit. Claire, efficace. Mon cœur se serre et, sans en connaître la raison, je tape furtivement sur le clavier à l’adresse de Lise :

Qu’est-ce, l’amour ?

Pourquoi demandes-tu ça ?

Hélas pour elle, je n’en connais pas la réponse.

Réponds.

Que veux-tu que je te réponde ? L’amour, c’est ce qu’on ressent envers quelqu’un. C’est cette pulsion physique qui attire l’un vers l’autre, quelque chose que personne ne comprendra jamais tout à fait. Es-tu en train de dire que tu ne m’aimes pas ? 

Je ne sais pas ce qu’est l’amour.

Sa réponse est longue à venir. Je sens mon cœur tambouriner entre mes côtes tandis que mes derniers mots se gravent dans mes pupilles. Une vérité venait de tomber. Lâchement. Traîtresse.

  1. Loïc, reviens, tu me manques. Si tu ne redeviens pas celui que tu étais, ça ne marchera pas entre nous.

Le sang réveille mes papilles tant je me mords les lèvres.

Tu ne comprends pas, Lise. Je n’ai pas changé. Je suis simplement moi, le vrai moi. J’ai trouvé une liberté.

Mon téléphone s’envole avec rage et traverse la pièce avant de s’écraser sur une pile de linge sale. J’appuie mon nez contre un oreiller pour calmer le flot d’émotion qui me saisit. Des souvenirs fragmentés m’envahissent l’esprit. Le regard indifférent de mon père. Les mots durs de ma mère. L’amour n’est qu’éphémère.

L’amour existait-il vraiment ?

Ce n’est qu’un mensonge, sûrement. Un sentiment pour conserver l’espoir. Mais comment garder espoir dans ce monde corrompu ? L’espoir n’est également qu’une utopie.

Une branche claque tout à coup contre ma fenêtre et je sursaute. Au-dehors, le ciel est encombré de nuages épais et un puissant vent marin balaye la ville. Je ressens tout à coup l’urgent besoin d’air. Il faut que je sorte.

Je saute à bas de mon lit et lasse rapidement mes chaussures. Je balance mon sac sur les épaules et repousse la porte avec violence lorsqu’une pensée me fait reculer. Mon regard tombe sur le linge pêle-mêle à terre. Un battement de cœur plus tard, je m’empresse de saisir mon cellulaire. Précautionneusement, je redescends la file des messages et ouvre celui de Tomas. Ce soir, la bande se retrouve au refuge cinq. Une décharge abandonnée.

Je trace le chemin en tête tandis que mes pieds dévalent les escaliers à toute vitesse.

 

Cette nuit, impossible de dormir. Je n’ai quitté le groupe qu’au bout de minuit, prétextant le retour plus matinal de ma mère. En vérité, je ne pensais trouver le réconfort que dans le sommeil. Mais lui-même est plus fort que ma propre volonté, me fuyant alors que je pensais atteindre mon but.

L’air est lourd, oppressant. Etendu sur mon lit, je n’ose pas ouvrir la fenêtre de peur que les puissantes bourrasques n’embrassent la pièce. Près de mon oreiller, sur la table de chevet, l’origami froissé. Le simple fait de relire les mots qui y sont inscrits m’évoquent un sentiment étrange. La faim de vouloir percer un mystère. Il y a comme une main, des paroles berçantes, n’attendant que ma venue. Quelque chose m’appelle.

Aussitôt, mes pieds atteignent le bas du lit et mon corps se balance pour se tenir debout. Je n’ai plus qu’une ferme idée en tête : chercher à comprendre !

Une certaine excitation me gagne tandis que je fouille mes affaires à la recherche de papier, crayons et punaises. L’état de ma chambre est une honte et j’en viens à le regretter lorsque, ne trouvant pas tous mes outils, je pousse un gémissement de désespoir. Finalement, le nécessaire est peu à peu réuni et j’ouvre mon ordinateur portable pour compléter mon équipement. Le dossier Images me vient facilement et je fais descendre le curseur. Enfin, je clique sur plusieurs d’entres elles. Des photos de classe.

Deux bambins d’une dizaine d’année sourient à la caméra, bras-dessus bras-dessous. Mon cœur se pince. Louis et moi étions toujours de bons amis au départ pour le collège. Si nous étions restés côte à côte jusqu’alors, notre complicité s’était presque envolée. Bon sang, Louis, toutes les promesses que l’on s’était données… Les as-tu seulement oubliés ?

La vue me blesse, je fais défiler les années qui suivent. Des visages restent identiques tandis que de nouveaux apparaissent. Malgré tout, au bout des quatre années de collège, une transformation physique est bien percevable en chacun des élèves. Je m’arrête à cette photo de troisième, prise peu avant le brevet. Une nouvelle avait fait irruption en cours d’année, captant aux premiers abords l’admiration de ses camarades pour son impressionnante intelligence et logique, puis peu à peu délaissée par manque d’intérêt. Sur son banc, serrée entre deux garçons plaisantins, la voilà qui offre un sourire timide, les joues rosies et le regard fuyant derrière ses grosses lunettes.

Kristen.

Je la contemple un moment, adouci par sa frêle carrure et sa mine encore enfantine. En deux ans, la jeune fille s’était magnifiquement transformée. Aveugle que j’étais, je ne peux le percevoir que maintenant. Mais où étaient donc passées ses lunettes ? Aurait-elle pu les troquer contre des lentilles ? Non, tout du moins je ne m’en étais jamais aperçu. Sûrement ses cornées avaient-elle guéri par l’habitude. Kristen et moi étions les seuls à avoir réussi les épreuves avec succès.

Nouvelle image. Passage brusque au lycée avec des têtes tout autres. Louis s’en était allé dans une autre classe. Mais, elle, était restée. Cette fois, pas de joie, pas de gêne. Un visage sombre masque la beauté de ses traits. Son menton est levé, presque dans un mouvement altier. Dans son regard, un vide se reflète. Sa vue est frappante : joues creuses et pâles, cernes profondes, peau maigrie jusqu’à laisser apparaître ses côtes, dos courbé. Le pull à longues manches en plein soleil brûlant devait déjà receler les marques blanches, semblables à celles laissées par les griffes d’une bête. Elle ne ressemble plus qu’à une pauvre créature qui chemine en direction de la mort, à bras ouverts.

Un long frisson me saisit les épaules. J’abats immédiatement l’écran. Je ne veux plus en voir.

Kristen. Que pensais-tu faire en te causant tant de mal ? Tu n’aurais fait que te perdre. Jusqu’à ce que nous te perdions, nous tous.

Je fouille le sol de ma main jusqu’à ce qu’elle rencontre un stylo. Les feuilles de papier se caressent tandis que j’en tire une pour en arracher un bout. J’y marque le prénom de ma camarade en grosses lettres avant de l’épingler sur mon mur, au-dessus de mon bureau. Je griffonne sur d’autres morceaux avant de les relier au premier : classe de troisième, jeune fille brillante et pourtant peu sûre d’elle ; état lamentable, classe de seconde ; aujourd’hui, transformée.

Voilà, les premières informations y sont. Ne restent plus que les questions. Ces dernières rugissent dans mon esprit et se précipitent au bout de me doigts pour que je les écrive. Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi avait-elle tant dépéri en l’espace d’une année ? Etait-ce son peu de confiance qui l’avait amenée à sa chute ? Et comment est-elle parvenue à changer ? Qu’est-ce qui avait pu l’aider au point qu’elle puisse recouvrir paix et bonheur ?

Mais surtout : Qui es-tu ?

Je recule vivement, comme brûlé par le dernier papier punaisé. Mes pieds butent contre le lit sur lequel je m’effondre. Les mots s’inscrivent dans ma rétine. Oui, qui es-tu, Kristen ? Mais cette interrogation ne lui est pas seulement destinée. Qui es-tu, toi ?

Les larmes me viennent et je renifle pour les contenir. Je ne dois pas me laisser abattre, même si les mots persistent. Qui suis-je ? De qui suis-je vraiment le fils ? D’une mère trop accaparée par son travail. D’un père qui ne l’a pas assez aimé dans le but de fuir sa famille. Cela pouvait-il vraiment être possible ?

Je ne suis qu’un adolescent en recherche d’une identité qu’il ne trouvera sûrement jamais. Je suis une personne avec un nom, Loïc Boutet, mais pas de vie. Je suis vide. Aussi vide que semble l’avoir été Kristen il y a de cela un an. Mais dans un sens, ne sommes-nous pas tous ainsi, vide de l’intérieur ?

La fatigue me prend délicatement de ses bras. Je ne me débats pas mais au contraire l’accueille, la supplie de me tirer de mes pensées accablantes. Alors, elle m’emporte, me conduit sur un chemin vers l’obscurité.

 

A suivre…

 

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