Remous – Chapitres 10 & 11

Piège

 

Le piège s’est refermé sur moi.

Le souvenir du visage espiègle de Louis, calé dans son vieux fauteuil favori, s’est gravé dans mon esprit. Tour à tour, il s’est contenté de nous fixer comme pour nous faire deviner son plan. Impatient, Tomas l’a pressé de le dévoiler. Dans un rire fou, il a alors lâché :

– On va braquer l’hôpital.

Quoi de mieux pour surprendre l’assemblée ? Louis n’a pourtant pas quitté son sourire. Une sensation de brûlure dans l’estomac m’a saisi. Un mélange de crainte, d’incompréhension. Puis il s’est expliqué : on lui avait donné une mission. Toute la morphine contenue dans les réserves de l’hôpital devait être récupérée, puis vendue. Un frisson malsain a secoué la bande à cette annonce. Il y a eu des lueurs d’hésitation, presque aussitôt remplacée par la flamme vive de la folie. Quelques regards plus tard, l’affaire était réglée. Nous y allions.

Tomas m’a alors considéré étrangement. Les yeux légèrement plissés, sa mine indiquait qu’il réfléchissait. Le mal dans mon ventre s’est accentué.

– Et toi, Loïc. Tu es de la partie ?

Un rictus déplaisant s’est dessiné sur ses dents carnassières. Je suis resté impassible.

– Bien sûr.

Mes mots n’ont pas failli. Mon regard plus que déterminé a achevé de le convaincre.

– J’ai compris que ta mère y bossait.

– De nuit, seulement.

Son visage s’est éclairé et il m’a lancé une bourrade, si forte que mon souffle a quitté ma poitrine. J’étais toujours de l’équipe.

Mais là n’avaient été que mensonges. Et je ne pouvais plus reculer.

Je l’avais bien remarqué : les horaires de ma mère avaient basculé. Elle commence dorénavant en début d’après-midi pour finir jusqu’à tard le soir. Du temps en plus qui lui permet de se reposer. Bien sûr, le changement n’est que provisoire. Mais qui sait ce qui m’attend, dans cet hôpital ?

La voiture derrière laquelle je suis dissimulé indique sur son flan, en grosses lettres rouges, « ambulance ». Des passants viennent tour à tour récupérer leurs voitures sur le parking pour le quitter. Mais aucun ne nous remarque. De temps à autre, je jette un coup d’œil attentif à la grosse masse noire qu’est l’hôpital. Celui-ci ressemble à une fourmilière géante, grouillante de patients et infirmiers : c’est la seule à des kilomètres à la ronde. Les portes automatiques s’ouvrent pour se refermer aussitôt, les visages livides ou striés de larmes.

Magnifique ambiance. Je félicite l’incroyable idée de mon ami.

– Eh, relaxe. T’es tout pâle.

Louis me frôle le bras et je tourne la tête dans sa direction. Lentement, il mime une respiration sereine et je hoche péniblement la tête. Une nausée me saisit et mon dos se courbe.

– Peut-être ferais-tu mieux de rester ici, suggère alors la mine soucieuse de mon ami.

Je cale ma tête contre le parechoc blanc de l’ambulance et refuse obstinément du menton. Le ciel est bleu au-dessus de nous. Pourtant, des tons orangés ne mettent pas longtemps à s’ajouter à la couleur limpide. Bientôt, une peinture parfaite mêlée de différentes touches couronnera le ciel.

Nous avions passé la journée à planifier plus ou moins notre emprise avant qu’Hugo ne se ramène avec la voiture de son père. De quoi faire une belle surprise à ce dernier, lorsqu’il découvrira « l’emprunt » de son propre fils. Puis, nous avions filés sans attendre.

Pourvu que ma mère ait déjà quitté son poste…

– Ce n’est que l’histoire de quelques minutes, promet Louis. Après on rentre.

– Tu connais si bien la réserve ?

Il laisse entrevoir un air sournois.

– Je pensais que tu pourrais m’y mener.

Je ne lui laisse pas le plaisir de remarquer ma détresse. Certes, je connais cette usine infernale comme ma poche. Mais, je le crains, le simple fait d’y poser les pieds perturberait jusqu’à même mes souvenirs.

– Je ne promets rien, grogné-je froidement.

Mon camarade acquiesce, compréhensif. J’oublie souvent qu’il n’est pas Tomas et qu’il me connaît mieux que n’importe qui. Tout à coup, je me mets à regretter nos premières années, nos jeux innocents dans l’enceinte de la petite école. Chaque année, nous nous étions retrouvés dans la même classe, à notre grand plaisir. Nous avions tout partagé. Qu’est-ce qui avait pu autant nous séparer ?

– C’est pure folie…

– Je ne te le fais pas dire ! Mais au moins j’ai réussi à entraîner la bande dans mon pari. Tu verras comme on va s’empocher ! C’est tout l’intérêt du jeu. Tiens, enfile ça. Ça va bientôt être à nous.

La cagoule qu’il me tend me fait presque reculer. Devions-nous en venir à ce point ? Puis le rappel de ma mère me vient à l’esprit. Mieux vaut-il prendre des précautions.

– Ta tête est sublime, ricane-t-il une fois le tissu sombre sur mes traits.

– Et toi donc, je le taquine du coude.

Soudain, un son résonne du fond de ma poche. Nous nous consultons un moment, interdits, puis je me décide à atteindre mon téléphone. La voix qui jaillit au bout du fil semble fatiguée, mais douce. Je la devine pourtant parfaitement. Les couleurs quittent mon visage.

– Allô, Loïc ? Écoutes… je ne sais pas vraiment par où commencer. Est-ce qu’on peut parler ?

Ma mâchoire se contracte. Face à moi, Louis penche la tête dans une question silencieuse : c’est qui ? Je n’ai pas l’envie de répondre.

– Ouais, je réponds sans grande excitation. Bien sûr.

La voix soupire comme si des tensions libèrent son corps.

– Je sais que je n’ai pas été un très bon père…

– Tu me téléphones encore pour me souhaiter un joyeux anniversaire en retard ?

– Non…

– Sais-tu seulement quand je suis né ?

Seul un blanc suit le dialogue. Mes tympans en sont presque agressés.

– Le cinq mai, décide finalement mon interlocuteur.

– Perdu. Le cinq mars.

Mission réussie. Je sens un profond découragement chez mon père.

– Et si je te proposais quelque chose, Loïc ? Je veux que l’on recommence à zéro, tous les deux. Fini, les coups de fil. J’aimerais que l’on se voie, face à face.

Je ferme les yeux. Ma main tremble, menace de lâcher l’objet de communication. La rage imprègne chacun de mes muscles, les raidit. Louis me fait signe, me demande de me dépêcher en donnant de vifs coups d’œil en direction de l’hôpital. Je prends pourtant mon temps, réfléchissant à mes prochaines paroles.

– C’est trop tard. Le petit Loïc avait besoin d’un père avant.

J’ai mal. Mais la colère recouvre toute cette souffrance. Mon ami me prend alors vivement par le bras.

– Loïc, on a plus le temps !

– Loïc… Je t’en supplie…

Je raccroche. Les pierres sous mon genou transpercent mon pantalon, me libèrent de mes pensées ténébreuses. Je me relève d’un bond, aussitôt imité de Louis. Ce dernier fait signe à la bande, dissimulée derrière les autres camions. Tous masqués, nous nous dirigeons vers les portes. Tomas mène la danse, l’air fier dans son masque de loup menaçant. Plusieurs ricanent, impressionnent les passants qui nous contournent avec horreur. Une femme hurle, au loin.

Je ne souris pas. Je ne ris pas. L’espace entre le parking et le bâtiment est vite parcouru, au rythme de ma démarche mécanique. Je fixe ce qui nous attend, presque avec regret.

Je suis vide. Ce n’est plus moi qui franchis ce pas.

 

 

 

L’hôpital

 

Et le chaos règne.

Dès l’instant où nous avons pénétré dans le hall, les hurlements recouvrent le silence austère du bâtiment. Les regards se sont figés sur nous, aux bouches béantes et incrédules. Quelques infirmières tentent alors de nous arrêter. Tomas s’approche lentement de l’une d’elles qui se raidit aussitôt mais lui tient tête.

– Vous n’avez rien à faire ici, persifle-t-elle avec menace.

Le buste large et les pieds bien ancrés au sol, elle émane un sentiment de supériorité. Sa robe à la coupe blanche marque pourtant son simple statut d’infirmière. Ses collègues se tassent derrière leurs chariots à roulettes. Tomas affiche un rictus moqueur.

– Désolé de te décevoir, poulette.

Au même moment, j’aperçois un mouvement du coin de l’œil. Derrière son comptoir d’un gris maladif, la secrétaire a enfoncé son cellulaire sous l’oreille après avoir frénétiquement frappé quelques touches. Aussitôt, le masque de loup fond sur elle. L’énorme paume claque sur la surface de bois, faisant trembler d’horreur la pauvre femme. Lentement, Tomas sort un objet de sa poche pour le pointer sous son menton. Au bord de l’évanouissement, la secrétaire lâche le téléphone.

Ce dernier s’envole et s’éclate sur un mur. La frayeur de tous se retourne pour considérer chaque patient du hall.

– Le premier qui appelle les flics est mort.

Un haut-le-cœur me saisit à la gorge, mais je le refoule. Toujours l’expression impassible, je me contente de fixer le couteau aux reflets sombres.

– On y va, déclare enfin Tomas tandis que les visages effarés ne nous quittent plus des yeux.

Je savais que dès que nous quitterions la pièce, l’alerte serait lancée. Le poste de police se situe à plusieurs kilomètres, étonnamment loin de l’hôpital. Si mon calcul est bon, nous n’avons pas plus d’une quinzaine de minutes.

Les couloirs dans lesquels nous nous précipitons sont plutôt larges et donnent sur différentes chambres. Nous nous arrêtons devant un ascenseur puis nous nous y engouffrons tous en un bloc. L’hôpital est grand. Sûrement le plus grand que je connaisse. Composé de cinq étages, sa longueur doit valoir trois terrains de foot alignés. Il existe différentes ailes pour les différents types de soins. La réserve qui fait l’objet de notre quête se situe au centre. D’autres, plus petites, sont présentes dans les étages supérieurs. La Morphine doit cependant se trouver dans la plus grosse.

Un son clair retentit et les portes s’ouvrent en coulissant. Louis mène le groupe, moi pour le guider. Je m’étais déjà rendu une fois près de la réserve. Ma mère ne m’avait pourtant pas autorisé à rentrer. Si ma mémoire ne me trompe pas, nous sommes près du but.

– C’est tellement excitant, ricane alors Louis en m’adressant un clin d’œil.

– Il ne vous faut pas grand-chose pour cela. Vous ne vouliez pas commencer par plus simple ?

Sa main s’abat sur mon épaule et la secoue vigoureusement.

– Où serait toute l’aventure ?

Une odeur persiste dans l’établissement, me rendant plus livide chaque minute. J’ai toujours détesté le désinfectant. Cela me rappelle les visites, huit années plus tôt, à mon grand-père. Les règles étaient strictes, aucun droit d’entrer en possession de mains sales. Les doigts délicats de ma mère me frottaient alors les mains de gel, avec plus de vigueur qu’il n’en était nécessaire. Les larmes plein les yeux, elle ne faisait plus attention à ses gestes. La rage et la peur ne quittaient plus son cœur. Une rage qui avait fini par me contaminer, moi aussi.

Grand-père était mort quelques jours après cela, dans les bras de ma mère.

– Dépêchons-nous, je grogne pour chasser les désagréables souvenirs.

Nous dépassons un nouveau tournant puis une porte s’offre à nous. Pas besoin d’appuyer sur la poignée pour comprendre qu’elle est fermée. Quel idiot je suis.

– Pas de panique ! déclare Louis sur un ton théâtral. J’ai ce qu’il faut.

Et non sans paraître fier de son coup, il tire un trousseau de clefs de son blouson. Je le regarde, éberlué.

– Tu serais bon voleur, ma parole.

– Tiens donc ! En voilà une bonne idée.

Il se met à chantonner, accompagnant ses mouvements de gestes agiles. Il essaye plusieurs clefs jusqu’à trouver la bonne qui s’insère dans l’orifice. Des pas précipités et des gloussements sonores nous indiquent que les autres ne sont pas loin. Une troupe en furie s’amasse bientôt autour de la porte. Hugo se dandine alors jusqu’à moi et extirpe un objet de sa poche. Une magnifique montre en or. Je chasse l’objet qui s’agite sous mon nez.

– Où l’as-tu trouvé ?

– Dans une des chambres. Le vieux n’a dû rien comprendre. Il était si perplexe qu’il n’a même pas pensé à appeler au voleur.

Il continue de montrer fièrement son acte à l’entourage et mes poings se serrent imperceptiblement. Je m’avance machinalement et le saisit par le col de son vêtement. Il écarte aussitôt la montre hors de ma portée et son visage perd tout sentiment de folie.

– Qu’est-ce tu fous ? je lui grogne à l’oreille. On prend la drogue et on se tire. On n’emporte rien d’autre, tu m’entends ?

Une ombre nous masque soudainement la lueur froide des néons. Lentement, je sens des doigts robustes s’enfoncer avec fermeté dans mon épaule. Je lâche mon camarade non sans toujours trembler de rage. Je fais face au masque de loup, impassible.

– Un souci ?

La voix de Tomas est menaçante. Je sais que j’ai dépassé les bornes. Je me contente pourtant de ne lui jeter qu’un regard vide, insensible à ses paroles.

Sa bouche s’approche de mon oreille. Je ne bouge pas. Les rires de la bande sont à présent si loin dans mon esprit. Je ne vois même pas la porte basculer et les autres se ruer dans la réserve.

– C’est la dernière fois, Loïc.

Il s’éloigne enfin pour suivre son troupeau déchaîné, ces derniers mots adressés :

– Et bon sang, s’il te plaît, apprends à t’amuser.

Mais pour moi, tout cela n’a rien d’un jeu. Ou tout du moins, celui-ci a assez duré.

Sans ménage, je les bouscule. Le silence s’installe presque sur mon passage. J’attrape un des larges sacs et en défais le zip. À genoux devant une énorme boîte, je distingue malgré la faible luminosité les liquides qui dansent à l’intérieur des seringues. Dans un tiroir, un tas de sachets où une fine poudre blanche est conservée. La pièce est fraîche, presque froide. Il n’y a pas de radiateur et l’absence de fenêtres empêche les brûlants rayons du soleil de chauffer l’atmosphère. Louis se laisse aussitôt tomber à mes côtés, la mine aussi ahurie que celles de nos compères. Je ne quitte pas la drogue des yeux.

– On prend quoi ?

Louis prend un long moment avant de capter la question. Enfin, un frisson le secoue et il reprend ses esprits. Il m’indique les sachets de Morphine.

– Ceux-là feront l’affaire.

Et tandis que je m’attaque à la tâche, quelques-uns me rejoignent, remplissant peu à peu les précieux sacs. De quoi faire une bonne affaire. Je ne sais si la pensée devrait me dégoûter.

– Hé, là ! s’exclame tout à coup une voix derrière nous. J’ai trouvé quelque chose qui pourrait vous intéresser.

Un cri. Puis un corps malmené s’affaisse sur la petite foule qui se sépare. Des clameurs amusées résonnent dans la pièce exiguë, assourdissantes. Je cesse aussitôt mon travail à la vue de la silhouette qui se torsionne sur le sol, les mains plaquées sur son crâne. La puissance de la poussée avait fait heurter le sommet de la tête contre un des tiroirs ouverts et une large plaie avait commencé à saigner. Un gémissement s’échappe des lèvres.

Je recule, comme frappé par la foudre. Mon cœur, lui, ne manque pas de s’arrêter.

C’est alors que les yeux se tournent dans ma direction. Des émotions indescriptibles traversent le visage. Je regarde tour à tour mes mains toujours plongées dans l’un des sacs, puis l’intruse. Un seul mot est prononcé :

– Loïc ?

C’est le signal pour un rugissement général. Kristen se redresse aussitôt, tant bien que mal, et se tasse contre les armoires. Son regard affolé se balade sur chacun des voleurs.

– Louis ? Tomas ? Je…

– Et merde, crache Hugo. Elle nous a reconnus.

– Elle allait appeler les flics, ricane celui qui l’avait amenée. La mystérieuse fille que l’on pensait tous morte ! Et maintenant on connaît tous la vérité. Au lieu d’aller tranquillement en cours, elle préfère se pavaner dans un hôpital.

– Normal ! Elle est folle.

Kristen ne les entend même pas. La respiration courte, elle tente vainement de coincer ses yeux dans les miens. Je sais qu’elle cherche une explication à tout cela. Mais je n’en ai aucune à lui donner. Était-elle furieuse ? Dégoûtée ? Que pouvait-elle penser d’un con comme moi, à présent ? Moi, si faible que je ne pouvais la regarder en face.

– Et si on jouait un peu avec elle ? Regardez-la un peu, incapable de se défendre…

Le sac que je tenais en main jaillit à travers les airs pour s’abattre sur plusieurs visages. Certains s’écroulent sous le poids, d’autres se tendent, prêts à réagir. Kristen se protège de ses bras. Sans attendre, j’attrape deux autres sacs remplis et empoigne la jeune fille pour l’écarter du groupe. Dans le couloir, je la jette dans une direction que, j’espère, elle prendra pour courir. Mais elle reste paralysée. Le sang bat à mes tempes, troublant mes pensées. La bande s’est relevée et s’apprête à m’attaquer.

– Loïc ! hurle Tomas de rage.

Aussi effrayant qu’il puisse paraître, je ne le crains plus. Je ne ressens même plus rien.

Des sirènes retentissent au même moment. Des voitures de police se sont garées au bas du bâtiment et les fenêtres ouvertes laissent entendre le chaos du dehors.

Un poing m’atteint à la mâchoire. Un autre tire sur ma cagoule, si vivement que le tissu râpeux brûle mon visage.

Kristen s’acharne sur mon agresseur.

Mes sacs tombent et je me retourne d’un bond.

Une femme reste muette derrière son chariot. Son corps se raidit. Des convulsions agitent son visage. Elle me regarde avec douleur. Puis elle hurle. Elle avait vu toute la scène. Elle avait vu Tomas jaillir telle une bête assoiffée de sang et se jeter sur son fils. Elle m’a vu, moi.

Je m’enfuis. Mais c’est en vain, je le sais parfaitement. Avant que je ne puisse m’échapper d’une fenêtre, des bras me portent en arrière. Un métal froid enserre rapidement mes poignets sans que je daigne prononcer le moindre mot ni esquisser le moindre geste. Le vide en moi fait à nouveau ravages. J’ai besoin d’un secours mais je le crois perdu à jamais.

 

A suivre…

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