Poésie

 La pierre roulée (par François Volff)

Parfois, la nuit des hommes, nuit des cœurs,
Je tombe dans le noir, dans les rumeurs
Du mystère, et glacé, je sens le vide.
Je sens que tu n’es plus là dans la nuit.
Et moi, pareil au fleuve au rêve enfui,
Je roule, et je suis ma pente livide.
Vie et mort.

Mais bientôt qui frappe ? Est-il jour déjà ?
N’est-ce pas toi qui te tiens debout là ?
Dans le jardin, là, quel est donc cet homme ?
Celui qu’ils ont condamné et fouetté,
Calomnié, cloué vif et insulté,
Sous le talon de Rome et de Sodome.
Le Dieu fort.

Oui, par moments on est vraiment brisés,
Nos monuments meilleurs semblent rasés,
Le roc est mis et bouche notre tombe.
Mais tu es là, dans ce dur abandon,
Tu es le Christ, qui ouvres la prison.
Tu es le vent qui porte la colombe
Vers le port.

François Volff, Poèmes du Temple. Éditions Je Croix. 

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