Ados, Non classé, Roman

L’Oiseau en Cage – Chapitre IV

« Je pensais pouvoir te faire entièrement confiance. Encore une fois, tu me prouves mon erreur. »

Son père fit laisser tomber la cendre de sa pipe sur le carnet aux pages blanches et les maigres documents qu’il avait pu réunir lors de sa quête. Comme chaque fin de semaine, Jethan venait au rapport, le dos droit et les narines frémissantes d’émotions. Ce jour-là, il avait été saisi d’une grande frayeur. Car ses recherches n’avaient plus avancé depuis sa rencontre avec le libraire, il y avait six jours. Il avait passé son temps à faire des allers-retours à la capitale pour ne rendre visite qu’à son amie et lui partager son angoisse. Malgré tous ses efforts, il ne pouvait plus continuer son travail pour son père. La situation lui échappait totalement.

« Vous ne saisissez pas, père, de la difficulté du travail que vous me fournissez, tenta-t-il d’un ton pourtant défaillant.

– La difficulté ! »

L’énorme poing boudiné de son père ébranla la table et sa pipe lui échappa du bec pour rebondir contre son ventre proéminent. Il ne chercha pas à la ramasser tant les éclairs transperçaient son regard.

Derrière la porte du bureau, une ombre bougea précipitamment et Jethan eut une pensée de pitié pour sa mère dont il devait également faire le malheur. C’est presque s’il entendit ses sanglots étouffés à travers les murs épais de la demeure. Il ferma les yeux dignement et se prépara à la prochaine décharge d’injure…

Qui ne tarda pas :

« Tu n’es pas mon fils, tu m’entends ? Tu n’es qu’un imbécile, un incapable ! Tu n’as pas ta place dans notre famille, ni dans n’importe quelle famille d’Ogeront. Tu es un traître. Crois-tu que je sois si aveugle ? Crois-tu que je n’aie pas d’oreilles à la capitale ? Que fais-tu donc à te pavaner dans les rues pour réclamer tes justices ridicules ? Nous sommes des Ogeronts et nous avons la bonne justice. Pas ces sots de païens qui ne savent rien de la vraie vie. Et cette femme à qui tu rends visite régulièrement, qui est-elle ? Une prostituée ? Souhaites-tu tant détruire ta réputation avant ton mariage ? »

Jethan n’entendit pas le reste de ses propos. Il contempla le fond de la petite pièce où avait été nichée une petite fenêtre entre deux grosses bibliothèques. Une fenêtre. De la lumière. Un mot des enregistrements lui revint : liberté. Au même moment, une douleur lui vrilla le visage tandis qu’une grosse paluche recueillait son idée utopique.

Enfin, son père sembla se calmer. Dos à son fils humilié, il s’adossa contre le large bureau et balança les notes inutiles contre un mur. Sa respiration n’avait jamais été aussi forte et son cou avait tant gonflé qu’il rappelait celui d’un boeuf.

« Je ne veux plus te voir ici, Jethan. Je t’envoie chez mon frère. »

Après quoi, il quitta la pièce à pas lourds, sans un moindre regard au jeune homme. Ce dernier contempla le vide et se laissa couler contre le mur, incapable de se tenir. Il ramena ses genoux contre lui et inspira longuement, la tête dissimulée entre ses mains.

 

« Ton oncle est un des plus puissants Ogeront qui existent. Si moi je ne suis parvenu à m’occuper correctement de ton éducation, lui saura faire. Il a trois fils avec lesquels tu passeras le plus clair de ton temps. »

Les mots se répercutaient en écho dans son esprit, comme une sentence. Ses parents n’étaient pas venus le saluer une dernière fois avant son départ. Tant mieux, aurait-il pu penser. La masse d’un énorme bagage vint alourdir la voiture et le cœur de Jethan. Il tira les rideaux sombres de la voiture pour ne pas être vu de l’extérieur. Qui sait si sa mère ne l’épiait pas de la fenêtre de ses appartements ? Il ne lui laissera pas le plaisir de le voir une dernière fois.

Un claquement fit trembler l’air et les bêtes harnachées hennirent. La voiture ballotante traversa la vaste cour du manoir pour franchir les hauts portails. Après quoi, elle vira sur une route, opposée à celle que le jeune homme prenait d’ordinaire. Chaque mètre le séparait davantage de la capitale et de sa précieuse amie, sa dernière joie.

Il pensa qu’il pourrait lui envoyer une lettre pour l’excuser de sa soudaine absence avant de se reprendre : son père aurait tôt faire de le découvrir, et alors gare à lui ! Qui savait combien de tour il avait dans sa poche ?

Il tenta de fuir l’abattement et réhaussa les pans de son beau costume pour ne pas l’abîmer durant le voyage. L’orgueil était sûrement le vice de nombreux Ogeronts, mais voilà tout ce qui lui permettait de tenir. Les paroles prononcées par le vieux libraire n’en devenaient que plus vraies : l’humain est faible, et il le sera toujours tant qu’il ne l’admettra pas. Jethan ne se permettrait jamais de se l’affirmer.

Quelques fois, un rire grivois venait troubler le fil de ses pensées : le cocher se rappelait sûrement sa dernière nuit aux côtés d’une domestique de la maison. Combien en avait-il traîné à son lit ? Jethan écarta la pensée d’un geste. Ces affaires n’étaient pas les siennes.

Alors la peur s’approcha de lui à pas de loup. Elle le frôla de ses doigts crochus et pourtant d’une douceur féminine. Elle insista tant et si bien qu’il se laissa prendre à son appât. Il ne connaissait rien de son oncle, ni même de ses cousins. De quoi étaient-ils capables ? Que trouvera-t-il au bout de ce chemin ? Jusques à quand durera son renvoi ?

« Tu n’es qu’un être stupide », se réprima-t-il tout à coup. « Ton père a raison. Un sot. »

En d’autres mots, il ne crut pas nécessaire de s’attarder sur ses frayeurs. Plutôt sage décision.

Il était parti tôt le matin et n’arriva à destination qu’à la quatrième heure de l’après-midi. Les petits bois s’étaient enchaînés aux collines où les villes se faisaient rares. Jethan éprouva finalement un profond soulagement de pouvoir poser pied à terre, sur les propriétés de son oncle. Un domestique accourut aussitôt à lui pour se saisir de ses biens.

Le jeune homme resta alors muet devant la grandiose façade de la demeure familiale.

De trois fois l’ampleur du manoir de son enfance, ce qui avait la forte apparence d’un château avait été niché dans le vaste découpage d’un bosquet. De pierres finement taillées et d’une charpente sans égal, il proclamait à lui-même le luxe. Des hautes fenêtres avaient été percées sur les différentes ailes, chacune seulement espacées de deux mètres. Le porche était orné de petites colonnes soutenant la représentation d’une drôle de scène : des créatures imaginaires s’organisant autour d’un festin. Des femmes à moitié biches et des hommes à la carrure de lions se tenaient par la main. Sur d’autres fenêtres du rez-de-chaussée et quelques-unes du premier étage, pareils ornements de vénusté avaient été sculptés dans la pierre d’un blanc coruscant. Les plus hautes ouvertures ressemblaient davantage à des lucarnes, moins démonstratives : peut-être ne donnaient-elles que sur un simple grenier ?

Jethan était figé par la surprise. Certes, il avait entendu de nombreuses fois des louanges à son oncle : il n’était pas le plus grand Ogeront pour rien. Mais jamais n’aurait-il pensé à la grandeur et magnificence manifestes de ses biens. Tout ici lui rappelait le palais de la capitale, à peine plus gros.

La furieuse compétition entre la famille royale et les Ogeronts se confirmait pleinement en ces lieux.

« Eh, bien, cousin. Vous ne rentrez pas ? »

Les mots cinglèrent dans l’air avec la puissance d’une gifle. Jethan se retourna lestement pour faire face à la moue moqueuse d’un jeune homme, à peine plus âgé que lui. Le menton haut et les traits apathiques, l’intru s’arrêta sur la marche supérieure menant au porche, comme pour marquer la distance sociale qui les séparait. Une brise joua avec ses mèches charbonneuses portées court. Pour son plus grand mécontentement, Jethan se précipita sur les marches pour lui offrir sa poigne.

« Enchanté, Jethan.

– Emond. »

Le manque de vigueur avec laquelle son cousin lui serra la main ne le fit pas tiquer. Cela fait, il prit le pas en direction du hall, décidé à ne lui partager aucune sympathie. Jethan lui emboîta le pas d’un air maussade.

« Mes frères sont partis en chasse et ne seront de retour que pour le dîner » prévint Emond tout en lui tournant le dos. « Vous devez être prêt pour les sept heures piles. Père n’accepte aucun retard. »

Sur quoi, il fit signe aux domestiques de se charger de son fardeau évident. Il disparut à travers une porte au même moment où une voix s’exclamait du haut d’un grand escalier :

« Jethan ! Tu es arrivé ! »

L’interpellé se débarrassa de sa tenue de voyage auprès d’une servante avant de considérer l’enveloppe de tissus qui dévalait les marches quatre à quatre. Une jeune fille brune aux joues rosies se présenta à lui dans une profonde révérence, ménageant un espace pour son ample robe de grande facture et à la dentelle soyeuse. Après quoi, elle lui présenta la main comme il était coutume chez les Ogeronts. Jethan déposa ses lèvres sur son annulaire.

« Tu te souviens de moi, n’est-ce pas, cher cousin ?

– J’ai honte de vous l’avouer mademoiselle, mais je n’ai, au contraire, pas le moindre souvenir de vous… »

Jyna – ainsi qu’elle se présenta – eut une moue de déception avant de retrouver son franc sourire.

« Ce n’est pas bien grave. A vrai dire, nous n’étions alors que des enfants et l’éducation souhaitait que nous ne jouions pas ensemble. Cela ne m’empêchait toutefois pas d’apprécier votre présence.

– Vous m’en voyez ravi. »

La jeune Ogeront eut alors une idée soudaine et s’empara du bras de son cousin sans que celui-ci ne puisse l’esquiver. Elle pria aux domestiques de les attendre quelques minutes tandis qu’elle l’entraînait à nouveau vers la sortie. Ses petits pieds chaussés de talons claquèrent allègrement sur la pierre puis les gravillons qui entouraient la propriété.

« Oh, cousin, comme je suis si heureuse de voir quelqu’un de nouveau ! Si tu savais comme je m’ennuie dans cette grande maison… Mon père organise parfois des bals, mais ce n’est pas assez pour combler mon amusement. Il faut absolument que je te montre la nouvelle roseraie ! Elle est magnifique et pleine de variétés. Je ne me suis pas encore familiarisée avec tous les noms, mais je peux essayer de te les désigner si tu veux. Oh, et as-tu fait bon voyage ? »

Jethan répondit du mieux qu’il put aux questions et exigences de sa compagnie. Cette arrivée précipitée à la résidence de son oncle, puis la présentation de ses cousins, le déroutaient au plus haut point. Il prit pourtant garde à ne rien laisser paraître durant cette courte balade aux côtés de sa cousine. Il feint de rire à ses nombreuses anecdotes et poussa sa curiosité à ce qu’elle voulait lui partager. Il découvrit chez elle une jeune fille rendue naïve et prétentieuse par sa longue détention au château et ne put qu’éprouver une certaine sympathie à son égard. Elle avait cette soif d’apprendre et de connaître son prochain qu’il admirait. Il se promit de lui rester bénévolent. Après tout, la pauvre fille le lui avait parfaitement certifié : personne ici n’osait se préoccuper d’elle.

L’énorme pendule de la salle de séjour tonna les six heures tandis qu’ils se séparaient enfin, Jyna avec un éblouissant sourire. Des domestiques le conduisirent aux étages supérieurs jusqu’à une chambre rendue agréable par sa simplicité. Elle ne ressemblait en rien à celle qu’il avait laissée chez ses parents, mais il se convainquit sans peine du confort qu’il y éprouverait. On l’abandonna là avec ses bagages vides dans un coin et les armoires remplies de ses possessions. Il se laissa tomber à un fauteuil de fatigue et contempla le plafond haut jusqu’à ce que l’on toque à sa porte, dix minutes avant le grand repas.

La salle était déserte à son arrivée. Aussi somptueuse qu’elle était vaste, une table longue de seize pieds dressait des mets plus exotiques les uns que les autres. Des tableaux d’ancêtres lointains ornaient les murs de velours rouge, semblables aux lourds rideaux des nombreuses fenêtres. Derrière ces dernières, on remarquait l’aura orangée dont étaient nimbés les arbres de la cour. Pour préparer à l’obscurité, un domestique brandit des allumettes et alluma les cierges de différentes tailles que supportait la table en plus d’une variété de plats. Une dizaine de sièges attendaient leurs occupants. Jethan n’osa s’en saisir d’un et attendit patiemment debout.

Des échos se firent alors entendre derrière l’une des portes perpendiculaires. Après quoi, un puissant mouvement fit basculer les battants et trois hommes se ruèrent à l’intérieur, joueurs et grognards. Leur amusement se dissipa aussitôt qu’ils aperçurent le jeune homme resté interdit.

« Tu dois être notre cousin ? s’avança celui qui semblait être le plus âgé, les cheveux nattés dans son dos. Bienvenue ! »

Sans perdre une seconde de plus, le second, également la trentaine, asséna une claque joyeuse sur l’épaule de Jethan qui eut la bonne idée d’enraciner plus profondément ses pieds sur le plancher. Le troisième, de son âge, le salua plus respectueusement, tête baissée. Lorsqu’il leva enfin les yeux dans sa direction, le jeune homme dut avaler un hoquet de surprise, croyant reconnaître son cousin Emond. Cependant, il ne surprenait pas la même animosité dans son regard, celui-ci beaucoup plus placide.

On lui cita quelques noms qu’il s’empressa de déposer dans un coin de son esprit.

« Enchanté, se vit-t-il obligé de déglutir péniblement.

– As-tu fait bon voyage ?

– Quelle bêtise a bien pu te mener ici ? »

Un coup de réprimande saisit le second frère qui foudroya son aîné du regard, mais se rasséréna.

« Ignore-le. Tu verras, ton séjour sera des plus heureuses parmi nous.

– Je n’en ai pas le moindre doute. »

Et Jethan se demanda, en prononçant ces derniers mots, jusques à quand il devra feindre la bonne humeur et la politesse dans cet univers du mensonge qu’était la haute société.

Il fut convié à s’installer lorsqu’un des bon-à-faire frappa trois fois le sol de son pied et annonça l’arrivée de la Grande Dame et du Haut Ogeront. Aussitôt, les trois frères se positionnèrent en un salut des plus cordial et encouragèrent leur cousin à faire de même. Il voûta donc le bas de son dos et positionna ses pieds en équerre, comme il était d’usage. Il ne leva pas un seul instant les yeux de peur de ne croiser ceux de son oncle dont le souvenir lui était terrible. Quant à sa tante, il ne l’avait jamais rencontrée.

Des images vives défilèrent dans son esprit : l’expression hargneuse du frère de son père et les flammes terrifiantes qui brillaient dans ses prunelles. S’il sentait de la crainte chez le garçon qu’il avait autrefois été, le Haut Ogeront ne se serait pas déplu à accentuer ses frissons d’un rictus déplaisant.

C’est alors qu’une main se posa sur son épaule. Menton toujours pressé contre sa poitrine et yeux clos, Jethan réprima un sursaut. La pression des doigts était pourtant délicate et attisa sa curiosité. Lorsqu’il coula un regard anxieux en direction de son visiteur, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un élégant et ravissant visage, bien que pourvu de rides. Des boucles d’un brun prononcé encadraient un sourire tendre et jovial. Le jeune homme se racla la gorge, saisit soudainement par la gêne.

« Sois la bienvenue parmi nous, Jethan ».

Il observa la Grande Dame s’éloigner afin de prendre place autour de la grande table. Il eut un pincement au cœur en remarquant que sa place était bien loin de la sienne, auprès de ses cousins moqueurs. Il s’agrippa à son siège pour le tirer, dissimulant un trouble passager. Jyna accourut alors à ses côtés pour subtiliser la place d’Emond, à son plus grand soulagement. Le jeune homme ne protesta pas une seule seconde et se rendit aux côtés de sa mère, son air toujours aussi sombre contrastant considérablement avec la lumineuse Dame de la maison.

Un bon-à-faire sonna le début du repas en appuyant une cuillère d’argent sur un couvercle tout aussi d’argent. Une personne sembla pourtant manquer à l’appel, une assiette vide résidant sur un bout de table. Les hommes se jetèrent joyeusement sur la nourriture tandis que les femmes, plus réservées, se contentaient de quelques bouchées succulentes. Malgré le nœud dans son estomac, Jethan s’épata d’apprécier son assiettée.

« Comment va votre mère ? » intervint alors une voix froide et stérile.

Jethan déposa ses couverts pour se donner le temps de répondre au regard appuyé de son oncle.

« Bien, je suppose. Je ne l’ai plus beaucoup vue avec mes voyages pour la Capitale. »

Il ne répondit pas. Jethan reprit son repas avec moins d’entrain, refroidi par l’étrange échange. Le Haut Ogeront s’empara d’une miche de pain pour essuyer son assiette, après quoi il volatilisa sans demander son reste. Le reste de la famille sembla tout à fait ignorer ce fait. « Qu’aimes-tu faire, Jethan ? tenta alors de converser sa tante.

– J’aime lire, Madame.

– Vraiment ? Je suis heureuse de l’entendre. Si cela vous plairait, je vous montrerai moi-même ma petite collection. Je suis sûre que certains de ces ouvrages pourraient convenir à vos goûts.

– C’est beaucoup trop d’honneur, je ne sais pas si j’oserai… »

L’ouverture d’une des portes basses lui fit ravaler ses derniers mots. Une tête brune dépassa avant que le reste du corps ne suive à l’intérieur de la salle. D’une stupéfaction qu’il lui fut difficile à contenir, Jethan considéra le nouvel arrivant des pieds à la tête. Il avait rarement vu un homme à la peau si sombre vêtir de si somptueux vêtements.

« Oh, Eirnest, tu es enfin de retour !

– Et je vous revoie avec beaucoup de bonheur, chère Dame ! »

L’étonnant visiteur s’approchait pour embrasser la Dame des lieux lorsqu’Emond se trouva prit d’une farouche salve de toux et se retira à la suite de son père. Jyna jeta une expression courroucée sur son passage avant de saluer le nouvel arrivant d’un franc sourire.

« Mais qui est-ce ? Nous ne nous sommes pas encore présentés ! s’écria alors le dit Eirnest, considérant un Jethan interdit.

– Oh, mais bien sûr ! … Voici…

– Jethan » termina le jeune homme qui s’était ressaisi. Sur quoi, il tendit la poigne.

Son pair sembla hésiter à la vue de la paume nue puis la serra avec énergie. Une vive émotion transparaissait sur son visage lorsqu’il prit place à la table, face à l’assiette jusqu’alors laissée vide.

Il fut vingt et une heures passées lorsque tous déposèrent enfin leurs couverts à l’intention des bons-à-faire. Jethan eut l’esprit plus léger en regagnant ses appartements, plein des bourdonnements des précédentes conversations. C’est à peine s’il se souvint être retourné à ses appartements par lui-même.

Car la dernière chose qui effleura sa conscience fut le murmure discret d’une jeune fille sans visage.

A suivre…

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