Ados, Prose

L’Oiseau en Cage – Chapitre VII

Le vent sifflait entre ses mèches rendues folles par la précédente nuit. Comme toutes les précédentes, il n’avait que peu dormi. Le soleil de retour le salua chaleureusement à son balcon tandis qu’il inspirait de grandes goulées d’air. La bise secoua son corps peu couvert de claques glaciales. Les couleurs vives des temps chauds revêtaient l’habit sombre du deuil. Les feuilles se crispaient et se recroquevillaient, laissant tomber quelques fois les cendres de sa fibre. Le cœur du jeune homme aussi craquelait au souvenir de son dernier rêve.

Des étoffes d’un vert hypnotisant rehaussés de fils d’argents. La splendeur de plumes frémissantes. Des parles discrètes, larmes sincères. Une abondante chevelure prisonnière de filets. Simplement élégant et élégamment simple

Puis le masque. Derrière, l’abîme du mystère.

La grande héroïne avait captivé toute son attention, contrairement à la plupart des convives qui les entourait. Il avait perçu en elle ce qu’il n’avait trouvé que chez peu de personnes. Un peu de sa tante. Un peu de sa tendre amie. Et ce petit bout avait agi comme un petit point de lumière dans l’obscurité. Pour lui, impossible de lâcher ce guide.

Un premier appel avait rugi des profondeurs de son âme : retrouver la jeune fille.

Un soupir fit tressaillir sa poitrine comprimée. Le regard dans le vague, c’est à peine s’il remarqua un point sombre survenu à l’horizon, sur le chemin de terre qui serpentait sur la lande.

Il avait d’abord tenu l’étrange rencontre dans un parfait secret. Même Eirnest n’en avait pas ouï mot les quelques jours qui suivirent. Lorsque le poids fut tel qu’il poussa Jethan à la confidence, son ami avait paru presque blessé qu’il soit resté si longtemps sous silence. Puis il l’avait applaudi sans avertissement ni discrétion, clamant avec bonheur qu’il avait été le seul à être parvenu à dompter l’étonnante créature et l’inviter à la danse. Créature. Si ce mot convenait effectivement à la situation, il irrita le jeune homme qui ne voulut plus rien entendre. Ils avaient alors monté leurs fiers chevaux et filé vers les landes dans une poursuite presque enfantine.

Bien sûr, Jethan n’avait aucunement oublié l’appel irréfutable de son oncle à son bureau. Par il ne savait quelle chance, ce dernier fut néanmoins obligé de quitter urgemment la maisonnée avant même que l’aube ne se soit levée. Pour quelle raison ? Tous l’ignoraient. Quoi qu’il en soit, il permit au jeune homme de continuer à rêvasser, au plus grand déplaisir de tous. Particulièrement Jyna à qui l’intérêt de son cousin manquait terriblement. Hélas, celle-ci était loin de se douter de la transformation qui s’était déclenchée dans le cœur du jeune homme.

Il évita tout à fait ses cousins de peur de ne subir quelques réprimandes et gaillardises. Seule la présence de sa tante et de la nouvelle châtelaine le réconfortait quelque peu.

Lorsqu’il interrogea maigres fois, d’un air qu’il se voulait tout à fait altruiste, il ne parvint à trouver de réponse quant à l’identité de sa nouvelle préoccupation. Aux yeux de la haute classe, elle n’avait comme jamais existé.

La douce utopie de ses pensées s’interrompit avec la cacophonie qui éclata à ses pieds. Il pencha le nez en direction de la voiture qui filait droit jusqu’au porche avant d’y freiner brusquement. Il observa le Haut Ogeront s’en extirper et grimper les marches avec frénésie. Jethan referma aussitôt la fenêtre et les rideaux pour ne point être vu. Il s’habilla sans attendre avant que l’on ne vienne toquer à sa porte, comme il l’avait craint.

Le Haut Ogeront avait choisi ce retour pour ne pas manquer à son devoir et recevoir son neveu dans son bureau. Le jeune homme gravit difficilement les marches de la demeure jusqu’au troisième étage où les allées et venues des bons-à-faire se faisaient rares. Il posa un temps devant la porte derrière laquelle se cachait sûrement son prochain calvaire. Deux coups longs puis deux brefs. Son oncle autorisa son entrée.

Un simple regard de sa part avait suffi à nouer la gorge du pauvre jeune homme.

Qui se sentit piégé.

C’est en tout cas l’impression que donnait l’étrange bureau de son oncle. Dépourvue entièrement de fenêtre pour inviter à la plus grande des discrétions, le plafond haut et les murs resserrés donnaient une impression d’étouffement et de vide. Jethan n’avait jamais vu une collection de livres aussi impressionnante que celle du Haut Ogeront. Les étagères escaladaient et rongeaient les quatre murs jusqu’à la barrière que formait la voûte en croisée d’ogive. La plupart des trésors qu’elles regorgeaient auraient sûrement valu des milliards sur le marché. Quelques-uns, en moins bon état, semblaient prêts à s’effriter au moindre toucher.

Au centre, imposant derrière un bureau surélevé, le Haut Ogeront semblait l’étudier de près. Le jeune homme resta droit, menton incliné, et attendit patiemment le verdict.

« Je vous ai beaucoup observé, Jethan. Si à première vue je ne pouvais saisir tout à fait ce qui dérangeait votre père, je le comprends aujourd’hui. J’ai cru voir que vous préfériez passer plus de temps auprès de ma Dame et de ma fille que de mes propres fils. Craindriez-vous toute présence masculine ?

– Bien au contraire, mon Oncle. J’apprécie la présence de mes cousins autant que celles de femmes. Simplement, j’éprouve plus de divertissement auprès de ces dernières. »

Un grognement amusé fit trembler le silence pesant. Les yeux baissés sur la paperasse, le Haut Ogeront ne semblait prêter que peu d’attention à ses propos.

« Vous avez encore beaucoup à apprendre aussi vous pardonnerai-je pour cette fois. N’ayez crainte de grandir et de vous affirmer en tant qu’homme. La présence de vos cousins vous y aidera particulièrement si vous souhaitez mon conseil. »

Jethan étouffa un élan de colère et accueillit le conseil d’un opinement de la tête.

« Quant à celui à qui vous semblez éprouver quelques affections…

– Eirnest.

– C’est cela. Je vous aviserais également de freiner vos rencontres.

– Je… je ne comprends pas…

– J’ai eu votre âge, garçon. Je sais ce qui est bon pour vous. Et la présence de cet étranger ne l’est pas. Réjouissez-vous que je ne vous empêche pas de le revoir à jamais. »

Jethan faillit répliquer. Eirnest n’était pas un étranger, loin de là. Il avait trouvé sa place dans cette demeure depuis maintenant bien des années. La seule place qu’il n’avait su gagner était dans le cœur de cet exécrable Ogeront.

Jethan éprouva un puissant sentiment de haine envers son oncle qui ne se préoccupait désormais plus de son cas. Il claqua des pieds pour le saluer une dernière fois et prit congé sans même en avoir reçu l’autorisation.

Ses mains tremblaient toujours sur la rambarde de son balcon lorsqu’il s’y retrouva. L’air froid ne parvint même pas à éteindre les flammes dévastatrices qui le brûlaient de l’intérieur.

*

*          *

« Jethan ! »

La voix avait résonné à travers le hall. L’interpelé brisa sa nuque pour considérer une silhouette en haut des marches du grand escalier. Sommairement habillée et les cheveux raides tombant de ses tempes, Jyna s’était appuyée contre la rambarde pour le voir. Il lui indiqua qu’il lui prêtait toute son attention alors même qu’un domestique lui laçait ses gants de cuir.

« Tu ne… Non, rien… »

Et ses quelques mots voguant toujours dans un air froid, Jyna disparut aussitôt qu’elle était apparue. Un frisson grimpa l’échine de Jethan qui ne parvenait à s’expliquer l’étonnant comportement qu’il avait observé chez la jeune fille depuis le fameux bal.

« Il faut être aveugle pour ne pas comprendre » lui glissa le timide Ehond sans lui jeter le moindre regard.

De toute évidence, cette pique lui était adressée. Il ne le questionna pas davantage et tous deux prirent le pas en direction des écuries. Jethan chassa sa cousine de son esprit après la promesse de lui accorder davantage de son temps.

Le jeune Ogeront commençait à apprécier ses balades avec son cousin, sur le dos d’un parfait coursier qu’il avait appris à apprivoiser. Si Ehond parlait peu, ses silences étaient partagés et Jethan s’amusait à apprendre à le connaître autrement par ses habitudes et ses gestes. Il avait découvert en lui un jeune homme doux et attentif à son entourage. La nature et lui ne faisaient qu’un et c’est presque s’il ne s’agenouillait pas auprès des bons-à-faire pour s’occuper de plantes et de fleurs. Sa curiosité sur les petites choses était sans bornes. Un vrai don pour l’observation.

Lorsqu’ils atteignirent une butte, Ehond sembla soudainement s’agiter sur sa selle, le regard rivé sur l’horizon. D’un geste presque gaucher, il indiqua un grand rapace qui étalait ses ailes sur les vents porteurs.

« Regarde. Un faucon des landes. »

Jethan avait souvent remarqué chez lui ce vif intérêt pour les oiseaux. Pour plaisanter, Eirnest et lui avaient exprimé l’idée que si l’Ogeront devait choisir entre une femme à épouser et un rapace à observer, c’était bien ce second qu’il choisirait.

« Il m’est difficile de le voir de si loin, à vrai dire. Comment le reconnais-tu ?

– A force d’observations. S’il se laisse tomber comme une pierre tel qu’il vient de le faire, s’en est un. C’est une technique pour surprendre ses proies. »

C’est alors qu’il rougit violemment. Jethan eut peine à entendre ses prochains mots tant il les chuchota : « Voudrais-tu en voir un de plus près ? »

Réchauffé par cette soudaine proposition, Jethan accepta volontiers. Ils firent retourner leurs chevaux sur leurs pas et regagnèrent paisiblement la demeure familiale, bercés par les formidables explications qu’offrait Ehond sur sa passion. Car dans ce vaste château existait une salle toute particulière pour le réservé jeune homme. Jethan ne douta pas que c’était là où se cachait son cousin les jours de pluie.

Il y en avait par milliers. Peut-être plus. Et cela, sans compter les nombreux petits mammifères et rongeurs que détenait la salle. Un musée à part entière ou un vrai laboratoire de sciences pour qui s’y intéressait. Mais là n’est pas le plus important. Car, partout, des faces terminées en bec, des pattes aux serres acérées, des ailes à l’ouverture majestueuse.

« Il y a près de deux mille quatre cents espèces d’oiseaux retenues ici. Seulement un quart de tous ceux qui sillonnent les ciels de notre monde. »

A cette affirmation, Jethan poussa un long sifflement admiratif. Il tourna sur la pointe des pieds pour étudier chaque pièce de collection empaillée – du moins, essaya.

« Je suppose qu’une rapide visite serait donc dérisoire. »

Ehond eut un large sourire. Sincère.

Il le poussa toutefois jusqu’à des alcôves destinées, à ce qu’il semblait, aux rapaces. Puis, il lui pointa sans hésitation un oiseau plus petit que ses comparses. Son air auguste ne semait pourtant aucun doute quant à ses capacités démesurées. Enfin, de petites taches blanches sur ses ailes auburn en faisait le charme.

Sur d’autres murs, des trophées de chasse avaient été suspendus par des clous ou sur des panneaux de bois. Il s’agissait notamment de têtes de biche, de cerf et de sanglier. Jethan trouva même un mocassin nouveau-né dans un des grands bocaux de verre. La vue d’un cœur et de poumons dans un autre lui asséna un haut-le-cœur.

Les deux cousins restèrent une bonne heure dans un silence commun, s’émerveillant de cette belle nature qu’est la science.

*

*          *

« Tu devrais lui écrire.

– Tu es sûr de toi ? »

Eirnest, traits tirés par l’épreuve, mordait anxieusement sa lèvre supérieure. Il porta un coup à son adversaire qui l’esquiva agilement. A son tour, Jethan attaqua et sa lame d’escrime vint se nicher à deux doigts de la poitrine de son ami.

« Décidément, penser à cette femme ne t’aide pas vraiment mon ami, taquina le jeune Ogeront.

– Et comment ! Je n’en dors plus la nuit. J’ai besoin de tes conseils.

– Je peux t’assommer avant que tu ne grimpe au lit, si tu le souhaites.

– Tu as un mauvais goût par la plaisanterie. »

Si la remarque de l’homme ébène aurait pu surprendre qui le connaissait bien, Jethan respecta son désir du sérieux et rangea sa lame dans son fourreau ; l’heure n’était plus à l’effort, mais à la discussion. Ils s’installèrent côte à côte sur la fontaine d’un coin du jardin.

« J’ai… j’ai tellement peur Jethan. Peur qu’elle me rejette. Peur qu’elle ne s’intéresse pas à un étranger comme moi et que toute la scène du bal n’avait été que l’occasion de se moquer de moi.

– Qui ne tente rien n’a rien, Eirnest. Fais confiance. Si vraiment elle aussi ressent quelque chose, elle empressera une cohorte de messagers pour te faire parvenir sa réponse à bon port. »

La claque amicale sur son épaule sembla faire retrouver le sourire au pauvre amoureux. Qui aurait cru que le plus courageux perdrait tout défense en la simple pensée d’une femme ?

« Et toi alors ? »

La question tira brusquement Jethan de sa réflexion. Il considéra son ami, une affreuse grimace aux lèvres.

« Eh, bien. Me voilà pas plus avancé que les derniers jours. »

Eirnest opina tranquillement du menton, compatissant envers la douleur qui avait percé dans sa voix. A vrai dire, Jethan était presque sûr de ne jamais pouvoir retrouver les traces de la mystérieuse jeune fille. S’il n’avait pas été aussi sûr du témoignage d’Eirnest, il l’aurait même considérée comme le parfait fruit de son esprit.

Il ferma les yeux et goûta à la douceur des rayons du soleil. Les journées se raccourcissaient, aussi était-il content de profiter d’une dernière journée ensoleillée avant que les tempêtes automnales ne s’abattent sur les landes et les campagnes.

« Je vais suivre ton conseil et lui écrire » décida finalement Eirnest en bondissant sur ses pieds. Et je vais m’y mettre dès maintenant.

Jethan s’esclaffa de bon cœur, heureux de retrouver son bon vieil ami.

« S’il te plaît, n’y passe pas la nuit entière.

– Pfff… Ce que tu peux raconter des bêtises. »

Et il le laissa là, perdu au milieu des oiseaux mélodieux et des quelques vrombissements ensommeillés des insectes. Le soleil s’était déjà aventuré en direction des collines lorsqu’il se releva de son siège de pierre.

Il sut parfaitement où ses pas le mèneraient ; cela faisait bout de temps qu’il souhaitait rendre visite à sa tante.

Avant même que ses coups ne fassent vibrer la porte, la Grande Dame fut prévenue de sa présence. Un large sourire aux lèvres, Jethan repoussa le battant, obéissant à l’ordre murmuré. Il caressa la main de sa tante avec tendresse et salua l’épouse de son cousin dont le ventre semblait à présent près d’éclater.

« Nous parlions justement de toi, Jethan ! Rosa aimerait que tu sois le parrain de l’enfant. »

La jeune femme rougit tout en caressant pensivement son ventre. Ses gestes étaient emprunts d’un tel amour que Jethan ne pouvait en défaire le regard.

« C’est un grand honneur, Madame. Mais qu’en pense votre époux ?

– Il ne vous hait point, que je sache. C’est à moi de pourvoir à la sécurité de mon enfant et je sais que vous êtes un homme de confiance. »

Jethan discernait parfaitement la frayeur qui perçait dans la voix de Rose. Mais que pouvait tant craindre une mère ? De qui souhait-elle protéger son enfant ? Malgré le flot de questions qui embarrassaient son esprit, Jethan garda le silence et se contenta d’acquiescer.

Sa tante enchaîna aussitôt sur le sujet qui avait si bien scellé leur amitié depuis les deux mois de séjour de Jethan : la lecture. Les citations et anecdotes sur les différents auteurs se partageaient à n’en plus finir. Soudain, aux alentours des huit heures, deux coups brefs à la porte. La Grande Dame se tut aussi rapidement qu’elle s’était mise à déblatérer un discours sur sa dernière trouvaille tandis qu’un sourire radieux fleurissait sur ses traits. Elle jeta un clin d’œil à Jethan, interloqué.

« Deux coups. Cela signifie que Lyd nous rend visite. Entre donc vite, ma chère ! »

Une tête timide dépassa l’entrebâillement de la porte avant que tout son frêle corps ne suive. D’un air consterné, Jethan examina la bonne-à-faire de la tête au pied pour ne revoir en elle que la désastreuse rencontre du pourtant si beau jour de chasse. Maintenant que la jeune fille n’était plus couverte de boue, il dut consentir qu’elle était loin d’être laide. La longue natte qui retenait ses cheveux dorés lui donnait un air plus jeune encore et il l’aurait prise pour une enfant si la robe grise qu’elle portait ne dévoilait pas autant ses formes de jeune femme. Lyd traversa à pas légers la pièce, ne jetant qu’un rapide coup d’œil au jeune homme.

« Je viens récupérer le thé, comme promis. A moins que vous n’en souhaitiez à nouveau ? »

Soudain, tous les regards convergèrent vers Jethan qui, comme piqué par une bête invisible, bondit littéralement hors de son siège. D’un raclement de gorge embarrassé, ce dernier se traîna vers une des grandes fenêtres.

« Jethan ? Est-ce que tout va bien ? s’enquit alors la Dame. Oui, Lyd, nous avons terminé avec le thé. Mais avant, ne souhaites-tu pas rester un peu avec nous ? Je suis sûre que Jethan serait ravi de faire votre charmante connaissance.

– Je suis désolée, mais j’ai encore beaucoup de travail… »

Les mains du jeune Ogeront se mirent à trembler sur le rebord de la fenêtre. Feignant de contempler le paysage presque éteint, son oreille considérait chaque détail de la conversation avec attention. Il entendit le choc de la vaisselle qui s’amoncelle sur un plateau d’argent, le feutrement de tissus…

Lorsqu’il se retourna enfin, décidé, la bonne-à-faire disparaissait déjà. Il n’eut que le temps de croiser son regard. Des yeux d’un gris perçant. Une preuve à son imagination qui débordait.

Il sentit une main se saisir de son cœur pour l’arracher de sa poitrine.

Car il avait parfaitement reconnu la voix de la jeune fille.

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