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Lettre à mon ami

« A toi qui étais, le seul, mon meilleur ami,
A toi en qui ma confiance était immuable,
C’est à toi, Achitophel, qu’aujourd’hui j’écris
Car ma peine est à ce point incommensurable.

Te souviens-tu de ce qu’était notre relation ?
Je commençais une phrase et tu la finissais ;
Nous marchions à l’amble, en une seule respiration ;
Je te demandais conseil pour le moindre fait.

Tu mangeais à ma table, tel un hôte prestigieux,
Tu partageais mon pain, tu partageais ma vie.
Comme un seul homme nous allions au Temple de Dieu ;
N’est-ce pas ce que font ceux qui s’appellent amis ?

Et bien sûr je n’avais pour toi aucun secret,
Tu savais tout de moi, mon divin confident.
Nous vivions ensemble une douce intimité,
Mon âme était en paix, mon cœur était confiant.

Ton autorité était, pour moi, celle de Dieu,
Tout ce qui sortait de ta bouche était béni.
Je voyais où tu voyais, sans ouvrir les yeux,
J’écoutais et suivais chacun de tes avis.

Comment deviner que tu allais me trahir ?
Était-ce ton plan depuis longtemps imaginé ?
Était-ce de cette façon que tu voulais m’occire ?
Car de mes lamentations je suis le sujet. »

Il ne suffit pas d’être le grand roi David
Pour prétendre à des amitiés indéfectibles,
Car rien ici-bas n’a de liens vraiment solides,
Et le croire c’est s’attirer des moments pénibles.

On peut être choisi par Dieu, avoir un grand nom,
Mais avoir un entourage peu fiable pour autant.
On peut se croire couvert, la suite prouva que non,
Parce que toutes fautes passées se paient en leur temps.

Béatrice Thivrier

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