Classiques, Poèmes Classiques

Des pas sur le sable (auteur inconnu)

Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.
J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque scène de ma vie, il y avait deux paires de traces sur le sable : l’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.
Ainsi nous continuions à marcher, jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière. J’ai remarqué qu’en certains endroits, il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes, et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie, les jours de plus grande angoisse, de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.
Je l’ai donc interrogé : « Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie et j’ai accepté de vivre avec Toi. Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie, il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi.  »
Et le Seigneur répondit : « Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable, ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien : c’était moi qui te portais. »


Auteur inconnu… vraiment ?

Ce texte allégorique a fait le tour du monde des réseaux sociaux, des calendriers, des posters, des nappes et des cartes postales. Nous pouvons aussi l’entendre régulièrement dans de nombreuses cérémonies religieuses. Pourtant, nous ne savons pas vraiment qui en est l’auteur.
Au moins une douzaine de personnes prétendent l’avoir écrit en premier et certains sont même allés jusqu’aux tribunaux pour obtenir gain de cause (source : Wikipédia, Footprints (poem)). De nombreux sites Internet en France l’attribuent à un soi-disant poète brésilien Ademar De Barros (quelqu’un connait ? j’ai l’impression que ce poète n’a jamais existé…) Les premières traces de ce poème remontent à 1871 dans un hymne de Mary B. C. Slade intitulé Les pas de Jésus (Footsteps of Jesus). Le très célèbre C.H. Spurgeon lui-même serait impliqué dans cette histoire,  pour avoir dit dans l’introduction d’un sermon de 1880 :

N’avez-vous jamais marché sur une île déserte et solitaire sur laquelle vous étiez perdu et triste en vous disant : ‘Je suis seul, – seul, – seul, il n’y a jamais eu personne avant moi ? Puis vous vous êtes soudainement arrêté et vous avez remarqué, dans le sable, les empreintes d’un homme… Je me souviens très bien avoir vécu cette expérience ; et quand j’ai regardé, ce n’était pas simplement l’empreinte d’un homme que j’ai vue.  Je pensais savoir qui les avait laissées : c’étaient les marques de Celui qui a été crucifié, car il y avait l’empreinte des clous. Alors je me suis dit : ‘S’il est déjà venu ici, ce n’est plus une île déserte.’ (10 Juin 1880) in The Education of the Sons of God (PDF)

Vous remarquerez que, si l’idée des pas dans le sable est là, l’utilisation est bien différente. Le lien avec notre poème est probablement inexistant…
Qu’importe, cette petite histoire sur la propriété intellectuelle peut probablement nous apprendre quelque chose. La question du plagiat des humoristes français a fait grand bruit il y a peu et cela nous interroge : où commence le plagiat et où s’arrête l’emprunt d’idée ? Car un parallèle n’est pas un plagiat, la Bible elle-même nous le prouve en faisant référence, implicitement ou explicitement, à des éléments d’autres cultures.

L’idée de ce poème est assez simple et je ne crois pas vraiment à la mauvaise foi de tous les prétendus auteurs. Je crois que plusieurs l’ont réellement écrit, sans savoir que d’autres l’avaient fait avant eux. La création ne peut pas toujours se renouveler entièrement et pleinement.

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.  Ecclésiaste 1:9 (S21)


Un poème biblique ?

Une chose est sûre, la tournure de cette petite histoire parle à nos cœurs en nous rappelant que notre passage sur cette terre est éphémère comme des pas sur le sable, avec la chute finale qui vient comme un « ascenseur émotionnel » satisfaire notre âme. La première ligne, qui varie légèrement selon les versions, tente de s’adresser au plus grand nombre en commençant ainsi : « J’ai eu un songe » ou « Une nuit, un homme a fait un rêve »…
Cette histoire, pourtant ne devrait pas simplement être un rêve, mais un avertissement. En effet, même lorsque Dieu marche devant nous, nous murmurons dans nos tentes :

Vous avez murmuré dans vos tentes et vous avez dit :
– C’est parce que l’Eternel nous déteste qu’il nous a fait sortir d’Egypte. Il voulait nous livrer entre les mains des Amoréens et nous détruire. Où pourrions-nous monter ? Nos frères nous ont fait perdre courage en disant : ‘C’est un peuple plus grand et de plus haute taille que nous ; ce sont des villes grandes et fortifiées jusqu’au ciel ; nous y avons même vu des descendants d’Anak.’
Je vous ai dit : ‘Ne tremblez pas et n’ayez pas peur d’eux.  L’Eternel, votre Dieu qui marche devant vous, combattra lui-même pour vous, conformément à tout ce qu’il a fait pour vous sous vos yeux en Egypte, puis dans le désert. Tu as vu que l’Eternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, pendant tout le parcours que vous avez effectué jusqu’à votre arrivée ici.
Malgré cela, vous n’avez pas eu confiance en l’Eternel, votre Dieu qui marchait devant vous sur la route pour vous chercher un lieu de campement, la nuit dans un feu afin de vous montrer le chemin où vous deviez marcher, et le jour dans une nuée. Deutéronome 1. 27-33 (S21)

On apprend dans ce passage que la racine du mal est le manque de confiance envers l’Éternel. Lorsqu’on marche ainsi par la vue et non par la foi un bon nombre d’obstacles d’apparence insurmontables surgissent devant nous. Ce passage, comme le poème, devrait nous interroger : croyons-nous vraiment Dieu capable de nous porter ? L’auteur de la lettre aux Hébreux nous avertit, la bonne nouvelle sans la foi ne sert à rien…

En effet, cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux, mais la parole qu’ils ont entendue ne leur a servi à rien parce qu’ils n’étaient pas unis dans la foi à ceux qui ont écouté. Hébreux 4:2 (S21)

C’est parce que l’Éternel nous déteste, va jusqu’à dire le peuple, alors même que Dieu l’avait porté dans ses bras au temps de l’épreuve ! Cette ingratitude nous guette aussi : n’attendons pas qu’il soit trop tard pour nous retourner et voir dans le sable de notre vie une seule trace de pas. Dès aujourd’hui et par la foi, éloignons le doute : l’amour de Dieu, qui n’a pas épargné à la croix son propre Fils, nous porte vers la victoire finale.

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