Classiques, Recensions, Romans

Mon top 10 des romans classiques chrétiens

Le titre est accrocheur, n’est-ce pas ? L’idée d’un « top » me vient de Matthieu Giralt et Raphaël Charrier qui proposaient il y a peu aux auditeurs de leur podcast « Memento Mori » de partager leurs livres préférés. Cela nécessite cependant quelques précisions :

– qu’est-ce qu’un top ? Un top est en fait un choix subjectif présenté sous une certaine forme d’objectivité. Il ne peut que s’enrichir de vos propositions et de vos remarques que vous laisserez en commentaire. A noter que l’ordre de présentation n’est pas un ordre de préférence : pour connaître mon avis sur chaque livre il faut… lire l’article.

– qu’est-ce qu’un roman ? C’est une « œuvre fictionnelle en prose, habituellement assez longue, qui présente plusieurs événements importants et fait vivre dans un contexte des personnages donnés comme réels, fait connaître leur psychologie, leur destin et leurs aventures. » (définition du dictionnaire). Il faudra donc aiguiser votre esprit critique pour vérifier si mon Top 10 est bien constitué de romans.

– qu’est-ce qu’un roman classique ? Le terme classique ne désigne pas ici les œuvres qui s’appuient sur les valeurs du classicisme littéraire, mais les œuvres considérées comme des modèles dans leur genre. Je souhaite vous présenter des romans qui ont marqué plusieurs générations de lecteurs et qui de fait ont une certaine autorité culturelle. Vous verrez que quelques romans que je présente comme « classiques » ne le sont pas vraiment, du moins en francophonie…

– qu’est-ce qu’un roman chrétien ? C’est le point le plus épineux : il faudrait définir ce qu’est un roman chrétien. Nous avons déjà parlé de l’art chrétien sur nos pages pour faire un petit état des lieux de cette question difficile. En littérature, ce débat est magnifiquement illustré par le duo d’auteurs Tolkien/Lewis. Ces deux amis (qui font bien sûr partie de ce top 10) ont illustré de leur vivant le conflit qu’il existe entre l’allégorie chrétienne et le roman d’un auteur chrétien. Ils se sont livrés de véritables petites joutes dans leur correspondance sur ce sujet. Si l’œuvre de Lewis est clairement chrétienne (les allégories sont claires et assumées), Tolkien s’en est toujours défendu. Il est cependant évident que sa croyance a « influencé » son œuvre, sans qu’il y ait un projet clair et évident mettre le lecteur aux prises avec l’Evangile. Il figure dans dans ce Top 10 de romans chrétiens non pas à cause de son oeuvre elle-même, mais du fait de l’affirmation de sa foi. Tous les auteurs présentés ici sont chrétiens dans un sens très large incluant catholiques, anglicans, évangéliques…

Bonne découverte !


1/ La Case de l’Oncle Tom, d’Harriet Beecher-Stowe

Présentation de l’éditeur
C’est donc cette petite dame qui est responsable de cette grande guerre », aurait dit le Président Abraham Lincoln après avoir rencontré Harriet Beecher-Stowe, l’auteur de la Case de l’Oncle Tom. Si l’anecdote n’est peut-être pas authentique, elle témoigne néanmoins de l’impact considérable qu’eut ce livre à la veille de la guerre de Sécession. Son succès lui attira immédiatement plusieurs critiques négatives, de la part des littérateurs qui voulaient n’y voir qu’un roman sentimental écrit par une femme. Aujourd’hui le snobisme littéraire consistera plutôt à répéter que la Case de l’Oncle Tom est remplie de stéréotypes sur les noirs, et par là-même paradoxalement raciste. La réalité, c’est que tout le monde connaît le titre, mais que bien peu de personnes ont lu les pages. En le faisant, on découvre non seulement un livre assez épais, mais surtout un grand livre, par la richesse de son inspiration et de son style. Il apparaît rapidement que son auteur croit profondément à la souveraineté de Jésus-Christ, venu accorder la vie éternelle à toute âme humaine qui se confie en lui, indépendamment de contingences terrestres passagères, comme la couleur de peau. C’est là, à n’en pas douter, le caractère essentiellement religieux de la Case de l’Oncle Tom, qui s’il agace les critiques, fait la joie du lecteur chrétien. »

Editeur Français : ThéoTeX
Nombre de pages de l’édition imprimée : 651 pages
Date de parution : 1852
Se le procurer : Format Kindle (1,06€)    Format broché (10,92€)
Lire en ligne gratuitement     Format Epub (1,00€)

Mon avis
Ce livre par son influence est sans conteste un classique, que de nombreuses personnes ont lu, tant il a été une pierre fondatrice dans la lutte contre l’esclavage. Je ne peux que vous le recommander chaudement. Au fil des pages, on avance sur les chemins sinueux de la Foi et de la dignité. L’écriture est précise, agréable et accessible dès le plus jeune âge.


2/ Le Monde de Narnia, de Clive Staples Lewis

Présentation de l’éditeur
Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien. La série  comprend sept volumes :
1- Le Neveu du magicien
2- Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique,
3- Le Cheval et son écuyer,
4- Le Prince Caspian,
5- L’Odyssée du Passeur d’Aurore,
6- Le Fauteuil d’argent,
7- La Dernière Bataille.

Editeur : Gallimard
Date de parution : 1950–1956
Se le procurer (version papier intégrale) :  Maison de la Bible (24,90€)    Amazon 
Remarque : plus que la version intégrale, je vous conseille de vous les procurer un par un en commençant par exemple par le premier : Le Neveu du magicien (format eBook ou broché, 10€)

Mon avis
Les Chroniques de Narnia sont certainement les livres que je choisirais en premier s’il fallait proposer un classement. J’ai eu la chance de pouvoir les lire dans mon enfance et ils m’ont profondément marqué. Je vous invite d’ailleurs à les offrir à vos enfants et/ou aux enfants de votre entourage.
J’ai été surpris d’apprendre que des chrétiens rejettent en bloc cette œuvre, sous prétexte qu’elle contient de la magie, des sorcières, … Je doute que les gens qui disent cela ont lu les livres. La magie dont il est question dans les Chroniques de Narnia n’a absolument rien à voir avec de l’occultisme (rassurez-vous) ! Au contraire ce livre a préparé mon âme d’enfant en dissimulant la vérité de l’Évangile derrière une fiction palpitante. George Sayer, ami et biographe reconnu de CS Lewis nous fait ce commentaire : « Certaines personnes s’inquiètent de l’utilisation faite de ce qu’ils appellent l’occulte, c’est-à-dire la magie et les sorcières, dans les histoires de Narnia. Les personnes qui s’inquiètent de la sorte prennent les récits beaucoup trop littéralement. Celles-ci sont entièrement fictives.  Ainsi, le fait que Lewis ait inclus des sorcières ne signifiait certainement pas qu’il croyait en leur pouvoir dans la vie réelle. Le thème principal de ces histoires est le conflit entre le bien et le mal ; des personnages tels que la sorcière blanche représentent les forces du mal. Les histoires ne sont pas destinées à enseigner la doctrine chrétienne.  […] . Lewis espérait que quand, à un âge plus avancé, l’enfant entrerait en contact avec les véritables vérités du christianisme, il ou elle trouverait ces vérités plus faciles à accepter car ils lisaient avec plaisir et acceptaient des histoires abordant des thèmes similaires des années auparavant. » (in Jack: A Life of C. S. Lewis, p. 419-420).
Si la série est bien un chef-d’oeuvre d’allégorie chrétienne, il est vrai qu’elle n’emprunte pas que des thèmes chrétiens : on trouve aussi des personnages et des idées à la mythologie grecque, turque et romaine, ainsi que des références à des contes traditionnels britanniques et irlandais. Cela ne doit pas nous déranger ! Nous avons déjà suffisamment la réputation d’être fermés d’esprit. Ce n’était pas le cas de Paul qui, à Athènes, a commencé sa discussion avec un auditoire païen en trouvant un point de contact culturel avec eux (Actes 17).


3/ Le Seigneur des Anneaux (Trilogie), de John Ronald Reuel Tolkien


Présentation de l’éditeur
Une contrée paisible où vivent les Hobbits. Un anneau magique à la puissance infinie. Sauron, son créateur, prêt à dévaster le monde entier pour récupérer son bien. Frodon, jeune Hobbit, détenteur de l’Anneau malgré lui. Gandalf, le Magicien, venu avertir Frodon du danger. Et voilà déjà les Cavaliers Noirs qui approchent…

Nombres de pages (intégrale) : 1 600 pages
Editeur français : Pocket
Date de parution : 1972-1973
Se le procurer : Format poche (intégrale, 18,90€)
Note : comme pour les chroniques de Narnia, c’est mieux livre par livre et ça commence par La fraternité de l’anneau (7,90€ en poche).

Mon avis
Pour les amateurs de Fantasy, c’est un classique incontournable ! Cependant, comme nous l’avons dit en introduction, Tolkien se défendait fermement d’être allégorique. La plus grande prudence s’impose donc dans l’interprétation. Il est toutefois possible de repérer de nombreux éléments qui témoignent d’une vision chrétienne du monde (schéma Création-Chute-Rédemption-Glorification) (voir par exemple une analyse ici). Pour Tolkien, le Seigneur des Anneaux est « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; elle l’était inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision », comme il l’écrit à son curé, le Père Robert Murray.
Cette oeuvre est en tout cas un levier formidable pour des discussions passionnantes avec les nombreuses personnes non chrétiennes qui ont lu le livre. C’est aussi un chef-d’œuvre d’imagination. J. R. R. Tolkien a travaillé plus de quatorze ans à cette trilogie composée de : La Fraternité de l’Anneau (1954), Les Deux Tours (1954) et Le Retour du Roi (1955). C’est un monde tout entier qu’il a créé avec ses propres langues, ses créatures, ses paysages… Rien que cet exploit nous parle déjà de notre Créateur… Et si la présence de magie vous rebute (à ce propos, ne vous fiez pas aux films qui déforment la réalité du livre), je vous conseille cette article de Vincent M.T : Magie, magie

A noter que l’auteur a écrit d’autres très beaux livres : Le Silmarillion, Faërie,  Les Aventures de Tom Bombadil, Roverandom, Les Lettres du Père Noël, Monsieur Merveille


4/ Ben-Hur, de Lew Wallace


Présentation de l’éditeur
« En reposant la plume après avoir fini d’écrire ce livre, je répétais en moi-même, avec Balthasar : « Dieu seul est grand ». J’étais devenu chrétien. »
Si Lew Wallace est une figure historique aux États-Unis, il le doit moins à ses titres de général de l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession, de gouverneur du Nouveau Mexique, d’adversaire de ‘Billy the Kid’, qu’à celui d’auteur de Ben-Hur. Depuis sa première publication en 1880, cet ouvrage de 600 pages dépassa en tirage tous les autres (la Bible exceptée), jusqu’à la sortie de ‘Autant en emporte le vent’ en 1936. Dès 1900 il avait été réédité 36 fois en anglais et traduit en 20 langues.

Nombre de pages de l’édition imprimée : 403 pages
Editeur français : ThéoTeX
Date de parution : 1880
Se le procurer : Gratuitement en version audio           Lire en ligne gratuitement
Format Kindle (1,82€)             Format broché (20,72€)

Mon avis
Le film tiré du livre est probablement plus connu, à notre époque. Les célèbres courses de char font en tout cas partie de notre culture. Mais comme souvent, rien ne vaut la lecture du livre original, très facile à lire. La préface de l’éditeur, très accessible, vous permettra de situer le livre historiquement et dans une perspective chrétienne. Lire ce livre permet de mieux comprendre les personnages et leur évolution, leurs questionnements, leurs sentiments… qui sont encore les nôtres, 140 ans plus tard. La version audio est très agréable et peut être une alternative intéressante à la lecture


5/ Le nommé Jeudi : un cauchemar, de G.K Chesterton

Présentation
Le Nommé Jeudi : un cauchemar (The Man Who Was Thursday: A Nightmare) est un roman de G. K. Chesterton, publié en 1908. Il appartient au genre du thriller métaphysique et considéré comme une œuvre charnière du XXe siècle, entre les fantaisies absurdes de Lewis Carroll et les cauchemars fantastiques de Kafka et Jorge Luis Borges. En version originale, le livre s’ouvre sur un poème dédicacé à Edmund Clerihew Bentley.

Date de parution : 1908
Éditeur : Gallimard (03/09/2002)
Nombre de pages en Poche: 294 pages
Se le procurer : Format Kindle (prix : 0,99€)   Format poche (prix 9,50€)

Mon avis
On connaît souvent mieux Chesterton pour ses fameuses enquêtes du Père Brown.  Ce petit livre est pourtant très original et merveilleusement décalé (et même clairement surréaliste). Il nous raconte comment un détective anglais infiltre un groupe d’anarchistes qui ont chacun un nom de semaine (le principal protagoniste va devenir le « Jeudi » de ce groupe..)
C’est roman policier classique, mais c’est aussi une allégorie. Autant vous prévenir, c’est ne pas aussi évident que dans du C.S Lewis, c’est beaucoup plus déroutant. Il est probable que vous découvriez quelque chose de différent à chaque fois que vous allez le relire. Ou même que vous n’aimiez pas ça du tout et que vous compreniez mieux le sous-titre du livre : un cauchemar…


6/ Le Voyage du Pèlerin, de John Bunyan

Présentation de l’éditeur
Comment s’expliquer qu’un livre du dix-septième siècle, écrit dans un style presque enfantin, sur un sujet religieux, ait pu laisser une marque aussi profonde dans la littérature anglaise, au point qu’on ne compte plus le nombre de ses éditions et de ses réimpressions ? C’est qu’il ne faut jamais oublier que son auteur, John Bunyan, n’a pas tiré cette allégorie de son imagination seule : Le rêveur fatigué qui se retrouve dans une ‘caverne’, et qui va raconter son voyage onirique, c’est lui-même. Bunyan a écrit son livre en prison, où il est resté plus de douze ans, sans autre crime que d’avoir voulu prêcher publiquement l’Evangile ! Il est vrai que simple étameur de fer blanc, sans autre formation que sa lecture assidue de la Bible, Bunyan ne possédait aucun des titres ecclésiastiques exigés à l’époque pour pouvoir adresser un auditoire sur la religion. Cependant il est impossible d’arrêter une initiative prise par Dieu ; semblable aux apôtres du livre des Actes, aux instruments de réveil de toutes les époques, Bunyan a clairement été une telle initiative de Dieu.

Nombre de pages de l’édition imprimée : 278 pages
Editeur français : ThéoTeX
Date de publication originale : 1678
Se le procurer : Format broché (11,08€)    Format Kindle (2,71€)
Lire en ligne gratuitement      Format epub (3,00€)

Mon avis : Vous connaissez certainement ce grand classique, magnifique allégorie du pèlerinage chrétien, qui décrit comme nul autre les luttes spirituelles que nous pouvons rencontrer sur notre chemin. Il a été publié pour la première fois en 1678 par John Bunyan (1628-1688) mais son message est toujours actuel. Si vous avez des difficultés avec les classiques, pas d’inquiétude, vous pouvez aussi le découvrir en version manga, grâce aux éditions BLF.

Voir aussi du même auteur : Le voyage de Christiana (suite du Voyage du Pèlerin), La Guerre Sainte


7/ Les frères Karamazov, de Dostoïevski

Présentation
L’odieux Féodor Karamazov est assassiné. De ses trois fils – Dimitri le débauché, Ivan le savant et l’ange Aliocha –, tous ont pu le tuer, tous ont au moins désiré sa mort.
Drame familial, drame de la conscience humaine, interrogations sur la raison d’être de l’homme, tableau de la misère, de l’orgueil, de l’innocence, de la Russie au lendemain des réformes de 1860, orgies, miracles, la richesse de ce roman de Dostoïevski, son dernier, et considéré comme son chef-d’œuvre, ne sera jamais épuisée.
Le génie de Dostoïevski est à ce point divers que Nabokov a même osé écrire : « N’oublions jamais que Dostoïevski est avant tout un auteur de romans policiers… un maître du suspens. »

Poche: 915 pages
Editeur : Le Livre de Poche (1 juillet 1994)
Se le procurer : Format Kindle gratuit            Format poche (8,70€)

Mon avis
C’est long, c’est lent, c’est dense, mais c’est savoureux ! Lire ce classique en vaut la peine, car il aborde la question fondamentale de l’existence humaine et nous parle  par exemple du pardon ou de la sainteté dans un monde déchu (représentée par le personnage Aliocha). Ce n’est pas une lecture légère, c’est une dense réflexion philosophique camouflée dans un sombre mystère de meurtre.

Ecrit à une époque où on lisait pour faire passer l’hiver, les 800 pages des Frères Karamozov devaient plutôt être vues comme un atout. Mais je suis français et un enfant de ma génération. Lire de tels pavés, c’est intimidant ! 
Voir la recension de Stéphane Kaptianiuk sur TPSG

Du même auteur, plus facile à lire et tout aussi savoureux : Crime et châtiment


8/ La princesse légère, de George MacDonald

Présentation de l’éditeur
– Jean ! Apporte les marches grâce auxquelles je monte sur mon trône.
Car c’était un petit roi doté d’un grand trône, comme beaucoup d’autres rois.
Les marches du trône furent apportées, puis juchées sur la table de la salle à manger, et Jean monta tout en haut. Mais il ne put atteindre la petite princesse, qui flottait en l’air comme nuage où fusaient continuellement des rires de bébé.
– Tiens, Jean, prends les pincettes, dit Sa Majesté en montant sur la table pour les lui tendre.
Jean put alors atteindre la robe de l’enfant et la petite princesse fut tirée en bas à l’aide des pincettes.

Date de publication : 1864
Editeur français : Raphaël, 2011
Nombre de pages :  115 pages
Se le procurer : Format Kindle (0,99€)    Format poche(6,70€)
Note : je n’ai trouvé que La princesse légère disponible en français sur la totalité de l’oeuvre de McDonald. Ce livre n’est pas vraiment un classique et peut-être même pas un roman (cela s’apparente plutôt à un conte). Si vous vous voulez vous mettre à George MacDonald, il faudra le lire en anglais !

Mon commentaire
Je ne l’ai pas encore lu, mais Wikipédia nous apprend ceci sur Georges Mac Donald : « son œuvre littéraire, aujourd’hui peu connue en France, a suscité l’admiration, entre autres de W. H. AudenG. K. Chesterton et J. R. R. TolkienC. S. Lewis le considérait comme son maître. » Je laisse la place à l’auteure blogueuse The Little Laura pour un avis plus détaillé.
L’avis de Little Laura
La princesse légère est un petit conte assez déroutant, que je ne suis pas totalement sûre d’avoir saisi, mais qui transmet pourtant quelque chose de fort sur le sacrifice de Christ pour une église écervelée. J’ai préféré La princesse et le goblin (tome 1) et La princesse et Curdie (tome 2) qui se lisent très bien sans mystère et qui sont très frais. On reconnecte avec ce qui est de l’enfant en nous (dans le bon sens). Ce conte en deux parties (chaque partie peut se lire indépendamment) illustre très bien les mécanismes de la foi. A lire par les adultes comme par les enfants à partir de 10 ans ! Le genre dans lequel écrit Mac Donald est le merveilleux dans ces exemples, mais il écrit aussi des histoires réalistes et fantastiques-merveilleux pour adulte. CS Lewis dit que son imagination a été baptisée à la lecture de Phantastes, une romance onirique et poétique de McDonald (moi, je n’ai pas aimé – parce que je n’ai rien compris).

                                     

Du même auteur : Lilith – récit merveilleux, Contes du jour et de la nuit, le Cœur du Géant, la Clef d’Or…


9/ La Trilogie Cosmique, de Clive Staples Lewis

Présentation de l’éditeur
Conjuguant, dans une vaste allégorie, les mythes et l’imaginaire de la littérature éternelle avec les aventures de la science moderne, la Trilogie cosmique est une odyssée à nulle autre pareille, qui instaure, pour ainsi dire, un genre nouveau, dont elle est en même temps le premier chef-d’œuvre.

Éditeur : L’âge d’homme (30/04/1997) ou Folio
Date de parution : 1943–1945
Se le procurerFormat broché (intégrale 35,0€)      Tome 2 : Perelandra(9,00€)

Mon avis
Il était normal que C.S Lewis soit le seul auteur à apparaître 2 fois dans ce classement, tant il est le maître du genre et mon auteur préféré. Chaque livre de cette trilogie se différencie et peut être lu indépendamment sans trop de mal. Chacun est un petit chef-d’oeuvre de science fiction.
Le premier nous amène jusqu’à une drôle de planète silencieuse où la communication avec d’autres mondes est difficile. Dans Perelandra, le deuxième livre, Lewis nous refait le récit de la Création de la Chute à travers un voyage cosmique où il faut sauver la planète Vénus. Le troisième livre est une excellente fin, avec une porté eschatologique plus marquée qui donne du sens à la trilogie.

 

10/ La guerre du Graal, de Charles Williams

La guerre du Graal par Williams

Résumé de l’éditeur
Ce « thriller métaphysique », digne de Chesterton, est aussi la relation d’une quête symbolique du pouvoir spirituel, figuré par la Coupe sacrée, censée avoir recueilli le sang du Christ. Le Graal, que certains occultistes affirment avoir été taillé à partir d’une émeraude géante tombée du front de Lucifer, est l’enjeu d’une lutte terrible opposant les initiés blancs à la contre-initiation des mages noirs.
Charles Walter Stansby Williams qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme, auteur entre autres de Fantasia chez les ploucs, est né à Londres en 1886 dans une famille originaire du Pays de Galles. T.S. Eliot qui fut son ami écrivit qu’il était « un homme capable à tout instant de vivre à la fois dans le monde matériel et dans un univers spirituel, un homme pour lequel ces deux mondes étaient également réels dans la mesure où ils n’en faisaient qu’un seul. »

Editeur français Terrain Vague
Nombre de pages : 267
Note : le livre ne semble plus disponible, mais on trouve encore de nombreux exemplaires d’occasion. Voir sur Babelio

Mon avis
Ce livre n’est certainement pas un classique… pour les francophones. War in Heaven dans sa version originale a quand même connu une certaine notoriété. Charles Williams, écrivain britannique, était un grand ami de J.R.R Tolkien et de C. S. Lewis. Il faisait partie de leur célèbre groupe, les Oxford Inklings. Mais n’allez pas trop vite le recommander à quiconque. C’est un livre sombre, même si la fin est acceptable. Le style rappelle le troisième tome de la « trilogie cosmique » de C.S Lewis, Cette hideuse puissance (1945)(tout simplement parce que Lewis s’en est inspiré). Ce roman est tout aussi original que du Lewis ou du Tolkien, mais si vous n’avez pas aimé ses 2 amis, n’essayez même pas celui-ci. C’est surprenant.


Vos suggestions

11/ Quo Vadis ?, par Henryk Sienkiewicz 

Présentation
Quo vadis ? est un roman historique de l’écrivain polonais Henryk Sienkiewicz, publié d’abord sous la forme de feuilleton dans la revue Gazeta Polska à partir de mars 1895, puis sous la forme de roman en 1896. En France, il est traduit pour la première fois en 1900 sous le titre : Quo vadis : roman des temps néroniens. Très grand succès de librairie, Quo vadis a été traduit dans plus de cinquante langues et a été plusieurs fois adapté au cinéma.

L’avis de Chancelvie Lueyela
Un roman magnifique sur la persécution des chrétiens au temps de l’empereur Néron. Où l’on suit le parcours d’un jeune patricien romain transformé par l’Évangile et l’amour.

Se le procurer : Format Kindle (gratuit)          Poche (8,10€)

12 / Un visage pour l’éternité, par C.S Lewis

Présentation
Le roi de Glome a trois filles. L’aînée, Orual, est fort laide, et porte une affection démesurée à Istra, la benjamine, la plus belle et la plus douce créature de ce royaume barbare. Mais, victime de l’obscurantisme religieux, cette dernière est sacrifiée au dieu de la Montagne grise. Des années plus tard, Orual est devenue reine, une souveraine crainte et respectée. Meurtrie par les regrets et la solitude, elle se souvient de l’enseignement d’un vieil esclave grec ramené par son père lors d’une campagne, et entreprend le récit de son combat contre les dieux. Une fantasy âpre, qui rend hommage à la mythologie grecque. Par l’auteur des célèbres Chroniques de Narnia.

L’avis de The Little Laura
C’est une oeuvre moins connue de CS Lewis, peut-être parce qu’elle fait appel à plus de connaissances littéraires (c’est une réécriture du mythe de Psyché et Amour), mais moi j’aime beaucoup ! C’est le parcours d’une femme blessée et en recherche qui est en colère contre les dieux, contre tout ce qui l’entoure, et qui en racontant sa souffrance et en accusant les dieux, finit par comprendre ce qui lui est réellement arrivé…

Se le procurer (occasion) : Amazon


Et s’il fallait n’en choisir qu’un ?

    • Si vous aimez la Fantasy classique : dirigez-vous vers le Seigneur des anneaux
    • Si vous êtes plutôt drame et profondeur des sentiments : Les frères Karamasov vont vous captiver
    • Si vous aimez la Fantasy et l’allégorie : dévorez les Chroniques de Narnia
    • Si vous n’aimez que la pure allégorie : le Voyage du Pèlerin est incontournable.
    • Si vous êtes plutôt Science Fiction : lisez la fabuleuse Trilogie Cosmique
    • Si vous êtes plutôt thriller et policier : ouvrez prudemment La guerre du Graal
    • Si vous êtes plutôt histoireLa case de l’oncle Tom,  Ben Hur et Quo Vadis sont sûrement déjà dans votre bibliothèque (ou sont gratuits en Ebook…).
    • Si vous lisez l’anglaisMacDonald est pour vous.
    • Si vous êtes surréaliste : embarquez dans Le nommé Jeudi, un cauchemar…
    • Si vous n’aimez pas lire : vous ne serez pas là, à la toute fin de l’article ! Je suis moi-même un très mauvais lecteur. Commencez tranquillement. Usez et abusez des droits imprescriptibles du lecteur tels que les a définis Daniel Pennac, par exemple le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de lire n’importe où, de grappiller, de lire à haute voix, …

Bonnes lectures ! N’hésitez pas à laisser vos impressions, désaccords, ajouts… dans les commentaires ci-dessous.

11 réflexions au sujet de “Mon top 10 des romans classiques chrétiens”

  1. Merci David pour cette belle liste qui nous donne des nouvelles idées de lectures pour cet été. Je suis assez tenté par les frères Karamazov de Dostovieski je l’ai acheté récemment et il me tarde de le lire. Dans le top 10 des romans chrétiens , je verrais bien aussi  » Quo Vadis  » de Henryk Sienkiewickz : un roman magnifique sur la persécution des chrétiens au temps de l’empereur Néron. Où l’on suit le parcours d’un jeune patricien romain transformé par l’Évangile et l’amour.

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  2. Bonjour David, merci pour ce bel article dans lequel je vais piocher.. Un « proche » pratiquant, j’essaie d’allier ma passion pour la lecture à sa foi, histoire de partager encore d’autres choses avec lui. Je penche surtout pour « La case de l’oncle Tom » et « Le voyage du pèlerin ».. Belle journée

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    1. Merci pour votre commentaire qui m’encourage ! « La case de l’Oncle Tom » et « Le voyage du pèlerin » sont vraiment d’excellents choix qui peuvent amener des discussions passionnantes ! Bonnes lectures 🙂

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  3. Merci pour cet article des plus intéressants ! 😉 Je découvre certains des ouvrages que je lirai sûrement (lorsque ma pile de livre à lire sera moins haute, malheureusement…)
    Je suis moi-même une grande lectrice de C.S Lewis, étant mon auteur préféré. Sa vision de l’écriture et de la foi sont souvent ce qui me motivent quotidiennement ! Je vise en tout cas à faire perdurer cette vision à travers ma propre plume. As-tu seulement lu ses œuvres en français ? Je trouve que les traductions ne sont pas très proches de son véritable style, très marqué dans la langue anglaise… Je ne peux personnellement qu’apprécier de les lire en anglais !
    Dans l’attente d’autres pareils articles 🙂

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    1. Merci beaucoup Gwen. pour ton commentaire ! J’ai l’intégrale des Chroniques de Narnia en anglais… dans ma bibliothèque. Je ne l’ai pas encore lue mais ce serait vraiment une bonne façon de me mettre à l’anglais : pour l’heure je cultive l’art de la procrastination 🙂

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  4. Merci pour cette sélection ! Personnellement j’ai beaucoup aimé les chroniques de Narnia de Lewis, Le nommé Jeudi de Chesterton et La princesse et le Goblin/La princesse et Curdie de Mac Donald… Ce sont trois auteurs qui m’inspirent beaucoup. Bien que je ne partage pas totalement leur théologie, leur expression de la foi et de la réflexion par la fiction est extraordinaire. Il faut juste accepter à chaque fois d’entrer dans leur univers, sans exiger qu’ils se plient au notre. Lewis est très rationnel et logique, même dans ses moments les plus merveilleux et magiques. Chesterton est burlesque, absurde et comique, complètement délurée et fantasmagorique même dans ses moments les plus sérieux, mais on apprend beaucoup si on ose écouter ce qu’il a à dire sans se laisser offusquer par ses manières brusques et loufoques. Quant à McDonald, il nous plonge dans la profondeur symbolique du conte avec beaucoup de poésie, de simplicité et de nature. De l’humour aussi. Parfois c’est tellement symbolique qu’il nous perd, mais ce mystère est parfois ce qui est attirant chez lui. Rien ne s’explique vraiment, c’est un peu une expérience spirituelle à vivre. La princesse légère est un petit conte assez déroutant, que je ne suis pas totalement sûre d’avoir saisie, mais qui transmet pourtant quelque chose de fort sur le sacrifice de Christ pour une église écervelée. J’ai préféré La princesse et le goblin (tome 1) et La princesse et Curdie (tome 2) qui se lisent très bien sans mystère et qui sont très frais. On reconnecte avec ce qui est de l’enfant en nous (dans le bon sens). Ce conte en deux parties (chaque partie peut se lire indépendamment) illustre très bien les mécanismes de la foi. A lire par les adultes comme par les enfants à partir de 10 ans ! Le genre dans lequel écrit Mac Donald est le merveilleux dans ces exemples, mais il écrit aussi des histoires réalistes et fantastiques-merveilleux pour adulte. CS Lewis dit que son imagination a été baptisée à la lecture de Phantastes, une romance onirique et poétique de McDonald (moi, je n’ai pas aimé – parce que je n’ai rien compris).

    De CS Lewis, je suggère aussi Till We Have Faces, qui est une réécriture du mythe de Psyché et Amour. Je crois que la vision de Lewis sur les différentes mythologies est qu’elles témoignent d’un lieu spirituel. Ensuite, il réutilise ces éléments de légende à sa guise pour en faire un message conforme à la vision biblique du monde. Mais je ne vois pas non plus pourquoi il faudrait s’offusquer de la mention de dieux étrangers ou d’êtres magiques dans un livre. Il y en a plein dans la Bible. Ce qui devrait nous déranger, c’est ce qui en est dit.

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    1. En français, Till We Have Faces a été traduit par Un visage pour l’éternité. C’est une oeuvre moins connue de CS Lewis, peut-être parce qu’elle fait appel à plus de connaissances littéraires, mais moi j’aime beaucoup ! C’est le parcours d’une femme blessée et en recherche qui est en colère contre les dieux, contre tout ce qui l’entoure, et qui en racontant sa souffrance et en accusant les dieux, finit par comprendre ce qui lui est réellement arrivé…

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      1. Merci beaucoup Laura pour ton commentaire passionnant qui complète à merveille l’article. Je n’ai pas encore lu Till We Have Faces, c’est clairement un manquement ! Merci aussi pour ton avis sur Georges MacDonald qui m’a donné envie de me lancer. Ce sera peut-être aussi une occasion de lire dans la langue de Shakespeare 🙂

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