David et Jonathan, Ruth et Naomi, Jésus et ses disciples… J’ai vu le défi de David sur « Plumes chrétiennes » et je me suis dit qu’il était temps de m’atteler à un de ces sujets de ma to do list de poèmes… Et puis on a appris son hospitalisation. Alors j’ai voulu écrire sur lui et maman, sur vous…
À Amandine et Guillaume,
Lorsque j’étais enfant
J’admirais et enviais
Le lien que vous aviez ;
Espérais vivre autant
Cette fraternité
Avec ma propre sœur…
C’est une autre amitié
Qu’aujourd’hui j’ai à cœur :
Celle qui unissait
Ma mère à vos parents,
Qui n’a jamais cessé
Même après cinquante ans :
Un lien fidèle et sûr
Malgré les désaccords,
Un lien solide et mûr
Qui durerait encore…
On s’écrivait toujou’s
Pour nos anniversaires
Mais lui était surtout
Le cousin de ma mère :
L’ami de son enfance
– Fils de Tata Élise –
Et son adolescence
Aux saveurs de bêtises…
Et puis l’amoureux fou
N’osant se déclarer
À la fille à Binou
Et qu’il fallait aider.
Survit-on à l’amour
Que l’on nous prend soudain ?
Quelle odeur ont les jours
Qu’on mouille de chagrin ?
*
L’ami aime en tout temps
Mais quand vient le malheur
Il sait être présent
Comme un frère, un veilleur…
Dans ce deuil partagé,
Ils s’épaulaient l’un l’autre ;
Les mots les soulageaient
Votre chagrin, le nôtre…
Parlaient-ils de musique,
De chorale, de chants ?
Des souvenirs qui piquent ?
Bien souvent, des enfants :
De vous, de nous et d’elle ;
D’avant et d’aujourd’hui,
Des fêtes pour Noël,
Du printemps qui fleurit.
Il randonnait beaucoup
Et plantait des fraisiers
Sans en aimer le goût ;
Des puzzles par milliers
Egrenaient les secondes,
Sans pouvoir arrêter
Les pensées vagabondes…
Revint la légèreté.
*
Et maman était là.
Les deux cousins bourrus
Me révélaient cela :
L’amitié est un cru
Que sublime le temps.
Ils n’étaient pas câlins,
(Pas ma mère du moins)
Mais ils étaient constants.
S’aimer n’est pas toujours
Une vive effusion,
C’est parfois un discours,
Un mot d’acceptation,
Un silence opportun,
Un pardon accordé…
Chérir un bien commun,
Le faire perdurer.
Ce bien c’était eux deux :
Les souvenirs passés,
Les blagues aux aïeux,
Les instants partagés.
Et la confiance aussi
Qui s’offre à chaque choix,
Le son de l’empathie
Dans le ton de la voix.
*
Ils ont pleuré ensemble
La douleur du veuvage.
J’ai vu maman qui tremble ;
Lui devenir sauvage…
Puis rapprendre à aimer,
Retrouver la saveur
De l’amour, d’un baiser ;
Un retour du bonheur.
Je le savais bon homme
Bien avant qu’il ne parte
– Il coupait fin les pommes :
De l’attention en tarte –
Mais sous des airs bougons
Et assez maladroit
Faisant sortir parfois
Les autres de leurs gonds.
Quand c’était difficile,
Ma mère accompagnait,
Et pour les choix « débiles »,
Elle le corrigeait,
Guidait sa réflexion
Avec une affection
Pour lui et puis pour vous,
Que j’ignorais, j’avoue.
*
Votre père m’apprit
Quelle amie est ma mère :
Je n’avais pas compris
Sa façon, sa manière
De veiller sur quelqu’un
Et la sous-estimait…
L’ami montre à chacun
Le meilleur de l’aimé.
Merci à vos parents
D’avoir fait naître ainsi
Chez vous deux, leurs enfants,
Mais aussi leurs amis
Un tel prendre soin.
Qui suscite l’amour
Ne saurait aimer moins.
Soyez-en fiers, toujours.
Et merci à vous quatre
De ce lien si précieux.
Qu’il soit toujours un âtre,
Un foyer merveilleux
Où réchauffer son cœur
Quand la vie vous fait mal
Ou jouir du bonheur
De flammes matinales.
Poetyc
