Aujourd’hui, le ciel est gris
Aller marcher, je n’en ai pas envie
Mais mon manteau trépigne d’impatience
Il aime flâner au p’tit bonheur la chance
Mon manteau est un sage
Il faut dire qu’il a de l’âge
Il connaît la caresse de l’air sur sa peau
Il est bien fourré et me tient chaud
D’aucuns n’ont pas de manteau
À se mettre sur le dos
Certains vivent dans la disette
Cela ne devrait pas être
Nous détournons nos regards
De leurs visages hagards
Nous, les privilégiés, les nantis
Nous ne savons que faire de celui qui mendie
Il est râpé son manteau
Il a essuyé maintes eaux
Détrempé par les pluies
Décoloré par les ennuis
Une petite pièce glissée dans la sébile
Aux pieds de l’homme, sur le trottoir, immobile
Les vêtements usés, les chaussures trouées
Les yeux fatigués, le manteau tout rapiécé
Il paraît que nous sommes civilisés… ?
