Réécritures·Récits, dialogues

Récit biblique – Une femme, un jour…


Chaque jour en plein midi, elle se dirige vers le puits, sa cruche à la hanche. Sur le puits elle se penche et va puiser de l’eau, en courbant le dos. Parfois la poussière et les larmes ont laissé des traces sur son visage. Mais à cette heure du jour aucun regard curieux, aucune question indiscrète à redouter. Les habitants de la ville fuient l’ardeur du soleil de midi.

Mais ce jour-là, à l’approche du puits, elle distingue à l’ombre du figuier, une silhouette assise sur la margelle. Encore quelques pas…. C’est un homme !
Léa ne peut empêcher son corps de marquer un recul. Mais l’homme lui dit :
Donne-moi à boire !
Léa regarde l’homme, ses pieds salis de poussière, son visage marqué par la fatigue, il a dû voyager longtemps. Et elle voit bien à son vêtement et son allure, qu’il n’est pas de Samarie.
Comment, toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi, qui suis une femme samaritaine ?
L’homme lui répond :
Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit « donne-moi à boire », toi tu lui aurais demandé de l’eau vive !

D’étonnement Léa pose sa cruche !
Maitre, tu n’as rien pour puiser, comment pourrais-tu me donner de l’eau vive ? Serais-tu plus grand que notre ancêtre Jacob qui a creusé ce puits ?
L’homme répond en lui montrant le puits :
Celui qui boit de cette eau, aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif, et cette eau deviendra en lui une source d’eau qui jaillira, jusque dans la vie éternelle !
Donne-moi de cette eau-là ! s’écrie Léa, si je n’ai plus soif, je n’aurai plus besoin de venir au puits !
Va chercher ton mari, lui dit l’homme, et puis reviens ici.

Léa lui dit qu’elle n’a pas de mari. Mais voilà que cet homme, qu’elle ne connait pas, qu’elle n’a jamais vu, lui dit qu’il sait qu’elle a eu cinq maris, et que l’homme avec lequel elle vit maintenant n’est pas son mari. Les yeux de Léa s’agrandissent et fixent l’homme ! C’est sûr, cet homme est un prophète !

Alors elle pointe le doigt vers le mont Garizim qui surplombe la ville et lui dit :
Sur cette montagne, nos ancêtres samaritains ont adoré l’Éternel, mais vous les juifs, vous dites que c’est à Jérusalem qu’il faut adorer !
La réponse de l’homme, Léa ne la comprend pas vraiment. Alors elle lui dit :
Je sais que le Messie doit venir, celui que l’on appelle Christ. Quand il viendra, il nous expliquera tout !

Et voilà que dans les yeux de l’homme sur elle, Léa voit comme un nuage de douceur, et puis juste après une sorte de dignité et il dit :
Je le suis, moi qui te parle

À ce moment-là, d’autres hommes arrivent au puits. Léa, confuse, prend dans ses mains les deux pans de sa tunique et presque en courant retourne vers la ville en chantonnant » : J’ai pour toi une eau plus fraiche, une eau plus belle, une eau qui donne la vie éternelle.
À l’entrée de la ville, quelques habitants se tiennent sur une petite place à l’ombre des amandiers.

L’un deux l’aperçoit de loin et s’écrie :
Regardez qui arrive !
Les autres ajoutent :
Mais pourquoi court-elle ainsi ?
Elle n’a même pas sa cruche !
On dirait qu’elle vient vers nous !
Venez voir au puits ! leur crie Léa, j’ai vu un homme que je ne connaissais pas, que je n’avais jamais vu, et lui m’a dit tout ce que j’ai fait, il savait tout de ma vie. Je crois que cet homme, c’est le Messie que nous attendons !

Intrigués les habitants de Samarie vont vers le puits. Ils voient l’homme, Jésus. Ils parlent avec lui, ils l’invitent à rester dans la ville. Ils écoutent ses paroles. Et beaucoup d’habitants de la ville reconnaissent en lui le Christ, le Sauveur du monde.

Désormais, Léa ne va plus vers le puits aux heures chaudes de midi. Dans la fraicheur de sa maison, un sourire sur les lèvres, elle chantonne doucement :
« J’ai pour toi une eau plus fraiche, une eau plus belle, une eau qui donne la vie éternelle. »
Et Léa boit de cette eau-là.
Et lorsque la chaleur du jour se fait plus douce… avec les femmes de Samarie, elle va puiser l’eau au puits. Et chaque jour, c’est comme si Jésus était là, et lui parlait de l’eau et de la vie éternelle…



On retrouve ce récit dans l’Évangile de Jean au chapitre 4. J’ai donné un prénom à cette femme Samaritaine pour faciliter l’écoute et la lecture. Je remercie Cathy pour son illustration 🙂


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