Je te bénis, Seigneur, en ouvrant la paupière:
Fais-moi, dès le matin, ressentir ta Bonté,
Fléchis par ton Esprit ma dure volonté,
Et verse dans mon cœur ta divine Lumière,
Qu’au milieu des dangers de ma triste carrière,
Soutenu par ta main, je marche en sûreté,
Et qu’enfin, par ta Grâce et par ta Vérité,
J’arrive en ton Repos à mon Heure dernière.
Je suis, à ta Justice, un objet odieux;
Mais, mon Dieu, lave-moi dans le Sang précieux
Que pour moi ton saint Fils versa sur le Calvaire.
Que sans craindre la Mort ni son noir appareil,
J’entre, au sortir du Jour qui luit sur l’hémisphère,
Dans le jour où les Saints n’ont que Toi pour Soleil.
Par Laurent Drelincourt
Laurent Drelincourt (1625-1680), est un poète et pasteur français du XVIIe siècle.Prédicateur connu et reconnu, il aime utiliser toutes les ressources du verbe pour convaincre ses auditeurs. Rien d’étonnant à ce qu’il prolonge ses réussites oratoires dans la poésie, qu’il cultive sous la forme unique du sonnet.
Ses 160 Sonnets chrétiens (Niort, 1677), sont organisés selon une architecture à la fois théologique et autobiographique. L’auteur y partage sa fascination pour la création et pour les histoires bibliques, mais nous parle aussi de l’homme, fragile par sa nature, mais solide par sa foi. Loin du style baroque de l’époque, les sonnets de Laurent Drelincourt portent un regard plein d’espérance sur la condition humaine ; et nous édifient encore aujourd’hui.
