L’oiseau au cœur mélodieux
Regarde les flocons tomber sous les cieux ;
Assis sur une branche près de l’homme qu’on enterre,
Il accompagne les yeux qui pleuraient sur l’hiver.
Il leur joue aussi un beau chant.
Cet homme, jamais plus nous le rencontrerons comme aux jours d’antan,
Où peut-être aux assises de Dieu.
Loin de moi, il est parti, emportant ses râles, ses joies, les rires éteints de ses yeux merveilleux.
Allumés un jour au plus profond de moi-même, je n’en profiterai jamais plus,
Sinon dans l’univers où Dieu lui-même s’installe,
Là où toi, tu attends patiemment ma venue.
À chaque repas que je sers dans les soirs qui s’affalent,
Ce n’est, à ma table, que ton assiette qui est vide,
Qui fait tomber mes larmes livides,
Sur ma solitude loin de toi.
Celle-là, je l’avais façonnée de mes doigts.
Dans cet amour qui traduisait les complicités qui furent nôtres,
Lors des années d’amitié que Dieu nous donna l’un pour l’autre ;
Dans ces années-là, mon cœur battait pour ta joie,
Disant merci au Dieu Saint de notre union sous son toit.
Aujourd’hui, je n’ai plus grand-chose que je vante,
Pour me rappeler nos détroits et nos indomptables épopées,
Sinon cette photo où je fête mes années,
Sous le regard de tes yeux que j’enchante.
Regarde-moi encore ici-bas,
Si Dieu t’en donne le mandat ;
Si moi je ne te vois pas dans tes sphères éloignées,
Tu demeures mon témoin dans les hautes nuées,
Par le regard de tes droits ;
Et si mon souvenir lui, s’en va,
Il évide avec lui les douleurs,
De ton absence prolongée sur mes vives humeurs.
Hier, je suis encore parti pour te retrouver,
Près du lieu où je t’ai vu t’en aller
Pour la toute première fois,
Loin de moi…
L’oiseau sur la branche chantonne encore ici-bas,
L’hymne des neiges n’est plus celui du trépas ;
Et puis l’écho s’éloigne, et puis l’écho revient,
Maintenant, je pars, je pars, avec cette mélodie pour demain…
SylaZ

C’est vraiment très très beau !
J’aimeAimé par 1 personne