Prose·Récits, dialogues

Personne ne lui a ôté la vie…

Ephèse ne veut plus de moi car j’annonce que Jésus est le Fils de Dieu… En effet l’empereur est de plus en plus opposé aux chrétiens car il veut qu’on lui rende un culte à lui seul !
Alors on m’a envoyé sur cette petite île aux côtes déchiquetées et entourée d’une mer d’un bleu si intense. Par temps clair je peux voir les côtes de l’Asie Mineure où s’est ancré mon ministère.
Mais l’exil a aussi du bon !
Ici, à Patmos, je suis coupé de toutes les activités, toutes les responsabilités qui comblaient mes journées et parfois mes nuits. Je peux me consacrer davantage à la réflexion, l’écriture et à la prière sans être dans l’urgence d’un problème à régler…
Si Dieu permet ce temps de solitude et de séparation d’avec l’Eglise d’Ephèse et de ses membres c’est qu’il doit avoir de nouveaux projets pour moi. Si je ne peux pas m’adresser à eux de vive voix je peux toujours leur écrire. Car ils ont sans cesse besoin d’encouragements pour rester fidèles, d’enseignements solides pour ne pas se laisser séduire par ceux qui, de manière de plus en plus pressante, répandent des hérésies, par ceux qui nient que Jésus est le Messie Fils de Dieu. J’ai déjà eu l’occasion de leur écrire à ce sujet plusieurs fois mais cela reste un combat constant et de longue haleine.
Je sais que je ne suis pas là par hasard… peut-être Dieu m’a-t-il isolé ici pour me faire une révélation spéciale ! Je ne sais pas, mais je mets ma confiance en lui pour les temps à venir.

Je sais aussi que j’arrive à la fin de ma vie… je suis maintenant bien vieux ! Pas loin de 90 ans !
Dans mes moments de réflexion, quand je regarde en arrière et que je fais le bilan de ce que j’ai vécu, je vois combien mon Dieu m’a béni, combien Jésus, le Messie et Sauveur, a transformé ma vie et celle de très nombreuses personnes durant ces soixante dernières années.
Toute ma vie je me suis appliqué à annoncer et à écrire que Jésus est le Fils de Dieu… Biologiquement Jésus était mon cousin… Sa mère, Marie, était la sœur de la mienne, Salomé, épouse de Zébédée. J’ai vécu durant trois ans à ses côtés mais je n’ai vraiment compris qui il était qu’après les événements de cette tragique, mais aussi glorieuse semaine de la Pâque qui a bouleversé nos vies et nos compréhensions…

Difficile de voir en lui le Fils de Dieu à Golgotha…
Je me revois devant ces trois croix qui trouaient le ciel bleu comme une énorme blessure ! Sur celle du milieu était pendu celui en qui nous avions mis tous nos espoirs pour l’avènement d’un monde meilleur…

Jésus…
… Jésus qui m’avait personnellement appelé à le suivre dans cette aventure de trois années hors du temps ! « Viens, suis-moi » m’avait-il dit ! Et je l’ai suivi sans réfléchir, abandonnant mes parents, notre entreprise de pêche, mon avenir tout tracé.

Jésus…
… que j’avais, avec ses autres disciples, accompagné dans tous ses déplacements. Nous avons marché sur les mêmes chemins poussiéreux que lui, traversé le lac en furie avec lui. Nous l’avons vu calmer la tempête, donner à manger à des milliers de personnes en n’ayant que cinq pains et deux poissons.

Jésus…
… qui avait guéri des malades, chassé des démons, rendu la vue aux aveugles et donné aux sourds la possibilité d’entendre. Pourtant je le voyais là, attaché à ce bois, souffrant des multiples plaies que les soldats lui avaient faites. Les épines de la couronne dont on l’avait affublé lui avaient labouré le cuir chevelu et le sang coulait en longs sillons rouges sur son visage et jusque sur ses épaules.

Jésus…
… plus fort que la mort, qui avait ressuscité bien des personnes… le fils d’une veuve lors de son passage dans le village de Naïn… la fille de Jaïrus à Capernaüm… Nous avions vu Lazare à Béthanie sortir de sa tombe alors qu’il était mort depuis quatre jours. … Pourquoi n’utilisait-t-il pas maintenant cette puissance pour lui-même, pour se sortir de cette situation atroce ? Pourquoi restait-il attaché à cette croix sans faire le miracle qui le sauverait d’une mort certaine ?

Jésus…
…celui dont Pierre, mon frère Jacques et moi-même avions pu admirer la gloire sur la montagne en compagnie de Moïse et d’Elie. Pourquoi n’invoquait-il pas Dieu pour le revêtir à nouveau de cette lumière et cette majestueuse beauté céleste ? Tous les gens présents ne pourraient que s’incliner devant tant de grandeur au lieu de ricaner et lancer des insultes.

Jésus…
… qui prêchait comme nul autre ne savait le faire ! Qui avait du répondant quand les pharisiens, les spécialistes de la loi et les prêtres lui posaient des questions pour le piéger. Pourquoi ne s’était-il pas défendu la nuit précédente dans le palais du grand-prêtre face au Grand-Conseil et aux accusations et faux témoignages des chefs religieux ? Il aurait pu tous les écraser de son autorité que lui conférait sa connaissance des Ecritures. Mais il a choisi de se taire…tout comme il l’a fait devant Pilate.

Jésus… 
… avec qui nous avions vécu la veille au soir des moments très spéciaux : un lavement des pieds surprenant, un partage du repas de la Pâque durant lequel il nous a dit que le pain c’était son corps brisé et le vin son sang versé ; des moments auxquels nous n’avions rien compris. Bien sûr toutes ces choses nous sont devenues évidentes par la suite, une fois que l’Esprit Saint avait éclairé nos intelligences. Mais, obnubilé par mes questionnements pour savoir quelle place j’occuperais auprès de Jésus quand il régnerait, je n’ai rien vu venir !

Jésus…
…dont nous avons vraiment fait peu de cas à Gethsémané où nous avons tous été en-dessous de tout ! Nous n’avons pas su veiller avec lui alors qu’il était rongé d’angoisse et suait des grumeaux de sang. Et quand ils sont venus avec des bâtons et des gourdins en compagnie de Judas pour l’arrêter, nous nous sommes tous enfuis. Pierre a bien essayé de faire un coup d’éclat en brandissant une épée et en coupant l’oreille à un serviteur du grand-prêtre ; oreille que Jésus a guérie.

Jésus…
… qui nous avait pourtant dit à peine quelques heures auparavant que nous serions ébranlés dans notre foi, que nous le lâcherions tous, que nous serions comme un troupeau sans son berger. Pierre a fanfaronné comme d’habitude !
Même si tous les autres étaient ébranlés, moi, pas !
Ce à quoi Jésus a répondu :
Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui, oui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, tu m’auras renié trois fois.
Pierre n’a pas manqué de protester avec véhémence :
Même s’il me fallait mourir avec toi, je ne te renierai pas.
Et nous avons tous affirmé la même chose !
Pourtant au moment de son arrestation nous nous sommes tous dispersés comme de grands lâches. Seul Pierre a suivi de plus près la troupe de soldats et de gens armés qui emmenaient Jésus. Mais il n’a pas tenu le coup non plus sous les questions des uns et des autres qui l’associaient à Jésus. Malgré ses affirmations tonitruantes il a dit par trois fois ne pas connaître Jésus.

Et Jésus était là, seul sur cette croix, abandonné de tous ceux qui avaient pourtant partagé avec lui tant des choses, qui avaient clamé haut et fort qu’ils étaient prêts à mourir pour lui et qui avaient mis toutes leurs espérances en lui.

Jésus…
… que la foule avait acclamé à son entrée dans Jérusalem à peine quelques jours auparavant en étendant sur le chemin leurs manteaux et des branches vertes coupées dans les champs en chantant :
Hosanna !
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le royaume qui vient,
le royaume de David, notre père !
Hosanna à Dieu au plus haut des cieux !
Devant le palais de Pilate, préférant la libération de ce vaurien de Barabbas à celle de Jésus, cette même foule avait hurlé :
Crucifie-le, crucifie-le ! 
Et là, devant la croix, elle se moquait de lui et l’insultait :
Hé, toi qui démolis le temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix !

Jésus…
… que les chefs religieux, les spécialistes de la loi, les prêtres et les responsables du peuple détestaient ouvertement et qui joignaient leurs cris à ceux de la foule :
Dire qu’il a sauvé les autres, et qu’il est incapable de se sauver lui-même ! C’est ça le roi d’Israël ? Qu’il descende donc de la croix ; alors nous croirons en lui !Ila mis sa confiance en Dieu. Eh bien, si Dieu trouve son plaisir en lui, qu’il le délivre ! N’a-t-il pas dit : « Je suis le Fils de Dieu » ?
Ils jubilaient ! Enfin ils étaient sur le point de se débarrasser de lui pour de bon ! Des années durant, Jésus les avaient dérangés, enseignant un royaume de Dieu dont ils ne voulaient pas, guérissant des malades les jours de sabbat, condamnant leurs pratiques et dénonçant leurs hypocrisies.  

Jésus…
… que je regardais, debout au pied de cette croix, impuissant, soutenant comme je pouvais sa mère Marie. Elle était effondrée à la vue de son fils qui visiblement souffrait terriblement. Elle m’a dit dans un murmure :
Je comprends seulement aujourd’hui ce que le vieux Siméon m’avait annoncé dans le temple il y a plus de trente ans : « Sache-le : cet enfant est destiné à être, pour beaucoup en Israël, une occasion de chute ou de relèvement. Il sera un signe qui suscitera la contradiction : ainsi seront dévoilées les pensées cachées de bien des gens. Quant à toi, tu auras le cœur comme transpercé par une épée. »
Effectivement, aujourd’hui, une épée de douleur transperce mon cœur ! J’ai le cœur brisé devant mon fils en train de mourir ! Comment pourra-t-il, s’il meurt, encore être le sauveur du monde que l’ange Gabriel m’avait annoncé ? Je ne comprends plus rien ! Oh pourquoi Dieu permet-il cela ? 
Pauvre Marie ! Quelle douleur dans son corps, dans ses yeux, dans sa voix !

Jésus…
… qui avait du mal à parler car la position sur la croix, bras écartés, écrasait peu à peu la cage thoracique et étouffait lentement le malheureux supplicié. En nous voyant sa mère et moi il a regardé Marie et lui a dit : Voici ton fils.
… puis il m’a regardé : Voici ta mère.
J’ai compris que Jésus me confiait la responsabilité de prendre soin de sa mère, de prendre cette place de fils aîné qu’il ne pourrait plus assumer pour être son soutien. Et à partir de ce jour-là j’ai assumé cette mission !

Jésus…
… qui, malgré sa faiblesse, a eu de merveilleuses paroles pour ses bourreaux :
Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.
Il a même pris la peine de parler avec les deux brigands, ses compagnons de malheur.
L’un se moquait de lui, mais l’autre a reconnu que Jésus ne méritait pas ce qui lui arrivait, alors que lui était coupable. Il lui a dit :
Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner.
Jésus lui a répondu :
Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis.

A partir de midi les ténèbres ont submergé tout le pays ! Cela dura jusqu’à trois heures. Plus de soleil, mais un froid qui glaçait les corps jusqu’aux os. Les cris et les insultes se sont transformés en murmures et puis en silence. Ainsi tout le monde a pu entendre les dernières paroles de Jésus :
Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?
Quelle souffrance dans ces mots !
Puis dans un grand cri Jésus s’est exclamé :
Père, je remets mon esprit entre tes mains.

Et il mourut.

Au même moment la terre trembla, des rochers se fendirent et, on nous l’a rapporté plus tard, le voile du temple se déchira de haut en bas sans aucune intervention humaine.
Seul l’officier romain qui avait pourtant assisté à maintes crucifixions a rendu gloire à Dieu en disant :
Aucun doute, cet homme était juste.
Les curieux et les moqueurs, tout le peuple venu en foule pour assister aux exécutions, tous sont repartis en se frappant la poitrine.
Je ramenai Marie dans la maison que Jésus et ses disciples occupaient quand ils étaient à Jérusalem. Quelques disciples qui avaient observé tous ces événements de loin vinrent peu à peu nous rejoindre. Personne n’avait le cœur à parler. Seules Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, nous annoncèrent qu’elles avaient vu qu’un certain Joseph d’Arimathée, ainsi que Nicodème, deux membres éminents du Grand-Conseil, avaient fait le nécessaire pour récupérer le corps de Jésus, l’envelopper dans un drap de lin et le déposer dans le propre tombeau de Joseph, fermé par une grosse pierre et surveillé par des soldats. Elles ajoutèrent qu’après le sabbat, tôt le dimanche matin, elles retourneraient au tombeau avec des huiles aromatiques et des parfums pour embaumer dignement le corps de Jésus.

Nous avons tous observé le sabbat comme la loi le prescrit.
Nous ne comprenions rien aux événements de ces derniers jours.
Nous étions effectivement comme un troupeau sans berger.
Jésus nous avait pourtant annoncé sa mort, mais nous n’avions pas voulu l’entendre car nous attendions un sauveur qui nous libérerait des Romains.
Nous n’avions pas su discerner dans le crescendo de l’opposition des chefs religieux le signe que le temps de mourir était venu pour Jésus.
C’est sûr que par la suite, une fois le Saint-Esprit répandu sur nous, nous avons pu comprendre, à la lumière des écritures, que Jésus devait mourir pour le salut de l’humanité. Des paroles qu’ils avaient prononcées se sont alors illuminées.
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne meure pas, mais qu’il ait la vie éternelle.
Durant ce jour de sabbat nous ruminions nos désillusions, tristes et désabusés, chacun dans son coin, sans oser en parler… car, en fait, il n’y avait rien à dire, sinon que celui en qui nous avions placé tant d’espoir reposait dans le froid glacial d’un tombeau.
Pourtant Jésus nous avait tout fait connaître à l’avance, mais nous n’avons pas su comprendre et sa mort nous a tous surpris.

Même sa résurrection qu’il nous avait pourtant annoncée plusieurs fois nous a surpris.
Donc, le dimanche matin personne parmi nous ne s’est posé de questions à propos de ce troisième jour dont Jésus avait pourtant parlé ! Si bien que quand Marie de Magdala, Jeanne, Marie, la mère de Jacques, Salomé, ma mère, et quelques autres femmes ont débarqué, tremblantes et bouleversées, essoufflées d’avoir couru depuis le tombeau, pour nous annoncer que Jésus était ressuscité, nous, les Onze et quelques autres disciples, les avons traitées de folles en leur disant d’arrêter leurs propos absurdes.
Elles nous ont pourtant donné tous les détails : leur arrivée au tombeau avec les huiles aromatiques et les parfums ; leur surprise en trouvant la pierre roulée et le tombeau ouvert ; l’absence du corps de Jésus ; leur effroi en voyant deux anges vêtus d’habits étincelants qui leur avaient demandé pourquoi elles cherchaient parmi les morts celui qui était vivant et qui leur avaient annoncé que Jésus n’était plus là car il était ressuscité ; leur rencontre avec Jésus sur le chemin du retour ; leur décision, sur son ordre, de venir nous raconter toutes ces choses. Nous ne leur avons offert que notre mépris.
Mais pris, malgré tout, d’un doute, ou peut-être d’une envie de croire le récit de ces femmes, Pierre et moi sommes sortis de la maison et avons couru jusqu’au tombeau. Je fus plus rapide que lui et, arrivé le premier au tombeau, je me suis penché à l’intérieur du tombeau et j’ai vu le linge funéraire sur le sol. Pierre, lui, est entré dans le tombeau et a constaté la même chose que moi : les linges par terre… Entré à mon tour j’ai constaté que les linges avaient gardé la forme du corps, comme si Jésus les avait traversés sans les défaire. Et là, j’ai cru que Jésus était bien ressuscité !

Nous n’étions pas encore au bout de nos surprises ce jour-là !
Beaucoup de doutes persistaient encore.
La peur des responsables juifs nous tenaillait aussi et nous avions verrouillé toutes les portes. Soudain des coups frappés à la porte du bas… Personne n’osait aller voir ce qui se passait et qui frappait de manière aussi insistante.
– Qui est là ?
– Cléopas d’Emmaüs ! Ouvrez-nous !
Nous nous sommes empressés de les faire entrer.
– Racontez-nous pourquoi vous êtes encore à Jérusalem alors que nous vous avons vu partir pour Emmaüs.
– Oh nous y étions ! Nous discutions tranquillement sur le chemin du retour de tous les événements de ces derniers jours quand un homme s’est joint à nous. Il n’avait pas l’air de savoir ce qui était arrivé à Jésus. Nous lui avons expliqué et rapporté aussi que les femmes n’avaient pas trouvé son corps qu’elles voulaient embaumer et qu’elles ont vu des anges qui leur ont assuré qu’il était vivant.
Il nous a traités d’hommes sans intelligence et bien lents à croire ce que les prophètes ont annoncé. Et il nous a fait un cours de théologie sur le Messie. Arrivés chez nous, comme la nuit tombait, nous l’avons invité à rester. Il s’est mis à table avec nous, a pris le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il l’a partagé et nous l’a donné. 
Alors nous l’avons reconnu… mais il avait déjà disparu. Nous avions bien senti comme un feu dans notre cœur pendant qu’il nous parlait en chemin. Nous sommes revenus pour vous raconter tout ça !
Ils parlaient encore quand Jésus fut subitement là, au milieu de nous et nous a dit :
Que la paix soit avec vous !
Au lieu de nous réjouir, sa présence nous a remplis de crainte et d’effroi ! Comment était-il entré ? Nous avions pourtant bien verrouillé à nouveau les portes derrière nos compagnons d’Emmaüs. Etait-ce une hallucination collective ? Un fantôme avait-il traversé les murs ?
Pourquoi êtes-vous troublés ? nous dit-il. Pourquoi les doutes envahissent-ils votre cœur ? Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez-moi et regardez ! Car un esprit n’a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j’en ai.
Puis il nous montra ses mains et ses pieds. Nous étions si heureux que nous ne parvenions pas à croire et nous restions dans un grand étonnement.
Alors il nous demanda :
Avez-vous quelque chose à manger ?
Nous avions un morceau de poisson grillé qu’il mangea sous nos yeux.
Il nous dit :
Vous voyez, les Ecritures enseignent que le Messie doit souffrir, qu’il ressuscitera le troisième jour, et qu’on annoncera de sa part à tous les peuples, en commençant par Jérusalem, qu’ils doivent changer pour obtenir le pardon des péchés. Vous êtes les témoins de ces événements. Quant à moi, j’enverrai bientôt sur vous ce que mon Père vous a promis. Vous donc, restez ici dans cette ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut.
Et il disparut !

Même si beaucoup de questions persistaient nous croyions enfin sans restriction que Jésus était réellement ressuscité ! Nos doutes et nos craintes disparurent et cette journée se termina dans la plus grande des joies !
Nous avons revu Jésus encore à plusieurs autres reprises, puis il fut enlevé au ciel quarante jours plus tard.
Le jour de la fête de la Pentecôte Dieu envoya cette puissance d’en haut qu’il avait promise : le Saint-Esprit descendit sur nous d’une manière fracassante et ce jour-là commença notre ministère d’annonce de l’Evangile ! Nous n’avons eu de cesse de prêcher Jésus-Christ crucifié et ressuscité à nos frères juifs, mais aussi aux nations dans l’ignorance du vrai Dieu.

Soixante ans plus tard, isolé sur mon île, ces souvenirs me réconfortent et me confortent dans ma volonté de continuer à annoncer que Jésus est le Fils de Dieu venu sur terre pour nous apporter le pardon de nos péchés et le salut en mourant sur la croix !
Je n’ose imaginer un seul instant ce qui serait advenu si Jésus avait réagi aux railleries et aux insultes… A travers elles Satan l’a tenté, lors de sa crucifixion, pour le détourner de sa mission de salut, comme il l’avait fait dans le désert au début de son ministère, en lui suggérant, à travers les cris de la foule, de reprendre le pouvoir et la puissance qui étaient siennes et de se sauver lui-même ! Mais il ne l’a pas fait ! C’est son amour pour l’humanité perdue qui a triomphé.
Personne ne lui a ôté la vie… il l’a offerte en sacrifice pour ceux qui croiraient en lui.
Puis, pour manifester sa victoire sur Satan, la mort et nos péchés, Dieu l’a ressuscité pour que nous ayons la vie en lui ! La vie éternelle ! 
Oui Jésus est ressuscité !
Il est réellement ressuscité !

Un commentaire sur “Personne ne lui a ôté la vie…

  1. Magnifique texte. Enrichissant pour ce merveilleux week-end de Pâques . Merci Seigneur pour tout ce que tu as subi à ma place et pour tout ce que tu prépares pour nous tes enfants. On ne se lasse pas de ces différents textes qui nous parlent de notre glorieux Sauveur.

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