Enfants

Sauvetage en montgolfière (fin)

6 Etoile en piste

Le vent ne soufflait plus dans la bonne direction. Ils atterrirent et poursuivirent à pied. Il y avait de moins en moins d’herbe et de plus en plus de cailloux. On s’approchait des montagnes. La trace avait disparu.
« Claire ! » appela son papa avec angoisse.
« Claire ! » cria Rose d’une voix suraigüe.
Ils se turent pour écouter, mais seul le silence leur répondit.
« Dispersons-nous, proposa Grand-papa, mais pas trop loin les uns des autres. »
Rose et Mattéo, impressionnés par la situation, n’osèrent pas se quitter. Chercher une petite fille disparue… C’était vraiment quelque chose de très spécial…
« Pourvu qu’on la retrouve, soupira Mattéo.
– Seigneur, s’il te plaît, conduis-nous jusqu’à Claire ! » murmura Rose.
Ils avançaient un peu au hasard, suivant inconsciemment le renard qui s’arrêtait tous les quelques pas pour renifler une touffe d’herbe ou un caillou. Soudain, Mattéo s’immobilisa, les yeux fixés sur le renardeau.
« Rose ? Etoile, c’est un chasseur, non ? Il doit avoir un bon flair… »
Sa sœur s’arrêta.
« Euh… oui, je pense. 
– Il faudrait lui demander de retrouver Claire.
– Tu crois qu’il saurait ? demanda-t-elle dubitative.
– J’en suis sûr ! »
Mattéo s’approcha de l’animal et lui parla très sérieusement :
« Etoile, nous sommes en train de chercher une petite fille. Elle s’appelle Claire. Tu dois nous aider. »
Etoile le regarda de ses grands yeux pétillants.
« Cherche Claire, répéta Mattéo. Cherche. »
Le renard se remit en route, le nez au sol, exactement comme il le faisait avant, humant toutes les odeurs qui se présentaient à lui. Mattéo le suivait comme son ombre. Soudain, Etoile sembla avoir trouvé une piste.
Il parcourut quelques mètres le nez au sol, stoppa puis bondit. Au même instant, un lapin déboula devant leurs pieds. A moitié fou, Etoile se mit à le poursuivre. Rose rit aux éclats.
« Etoile ! Non ! Pas le lapin ! » hurla Mattéo. 
Il se mit à lui courir après.
« Laisse-le tranquille ! Etoile ! Reviens ! »
Essoufflé, Mattéo se laissa tomber à genoux. Rose le rejoignit.
« Il s’est enfui… se lamenta le garçon.
– J’espère qu’il va revenir, compatit Rose. Mais tu sais, c’est un renard sauvage, après tout.
– On l’avait apprivoisé !
– Mais il est libre d’aller où il veut » lui rappela-t-elle.
Mattéo sentit les larmes lui piquer les yeux quand une forme rousse bondit sur lui.
« Etoile ! jubila-t-il. Tu es revenu ! »
Le renard geignait et léchait ses joues salées.
« Allez, intervint Rose, on continue. Tu viens, Etoile ? Et cette fois, tu nous aides à trouver Claire ? »
Ils se remirent une fois encore en chemin. Soudain, Rose posa la main sur l’épaule de son frère.
« Tu as vu les oreilles d’Etoile ? On dirait qu’il a entendu quelque chose par là-bas. »
Ils obliquèrent sur la gauche.
« Claire ! crièrent les enfants. Claire ! Tu es là ? »
Ils tendirent l’oreille, mais n’entendirent rien. Ils avancèrent encore, réitérant leurs cris. Tout à coup, ils remarquèrent Etoile arrêté au bord d’un rocher, regardant fixement vers le bas. Rose et Mattéo s’approchèrent. Une étroite crevasse s’ouvrait devant eux.

7 La corde coincée

Les enfants se penchèrent pour découvrir ce que le renard regardait si fixement. Une petite fille se tenait debout tout au fond. Mais il faisait si sombre dans ce trou qu’on ne distinguait que son visage livide.
« Au secours ! 
– Claire ?! C’est toi ? »
La petite fille hocha vigoureusement la tête.
« Ton papa n’est pas loin, on va te sauver ! »
Des larmes de soulagement mouillèrent rapidement ses joues sales. Mattéo se hissa sur un rocher, fit de grands signes et hurla d’une voix suraigüe :
« Elle est lààààà ! Venez viiiiiiiite ! »
En peu de temps, les deux hommes les eurent rejoints. Thierry se jeta au sol pour tendre les mains vers sa fille.
« Claire ! cria-t-il la voix altérée par l’émotion.
– Papa ! sauve-moi ! »
Thierry regarda avec un pincement au cœur l’ouverture de la crevasse. Elle était très longue, mais aussi très étroite. Trop étroite pour laisser passer son large torse. Grand-papa n’était pas plus fin. Que faire ?
« J’ai pris une cordelette avec moi, dit Grand-papa en la déroulant.
– On va te lancer une corde ! » cria Thierry à l’adresse de sa fille.
Elle hocha silencieusement la tête. Elle avait terriblement mal au cou. D’une part elle avait appelé trop longtemps à l’aide et d’autre part, elle mourait de soif. Grand-papa lança une extrémité de la cordelette dans la crevasse.
« Ça y est ? demanda anxieusement Thierry. Tu l’as ?
– Non ! 
– Elle est sûrement restée coincée quelque part » grogna Grand-papa. 
Il refit un nouvel essai. Encore raté ! Il essaya encore et encore. Raté et encore raté ! Rose se pencha à son tour, vit le visage angoissé de Claire et repensa à la veille, aux histoires qu’elle avait entendues.
« Grand-papa, laisse-moi descendre dans la crevasse. Je verrai ce qui empêche la corde de tomber jusqu’au fond.
– C’est dangereux, remarqua Grand-papa.
– Je suis assez petite pour passer dans l’ouverture, expliqua-t-elle avec passion. On ne peut pas laisser Claire ici plus longtemps.
– Tu n’as pas peur ? demanda Thierry impressionné par sa volonté.
– Si, avoua-t-elle, mais je veux être courageuse comme Esther et David !  Et je sais que Dieu veille sur moi. »
Grand-papa réfléchit un moment. Il n’aimait pas cette idée, mais n’en avait pas de meilleure.
« Ok, dit-il enfin, je t’attache, tu descends lentement et tu regardes ce qu’il en est. »
Grand-papa enroula l’autre bout de la cordelette autour du buste de Rose. La petite fille sentit son estomac se nouer quand elle se laissa glisser dans l’étroite ouverture. Elle était solidement attachée et Grand-papa tenait fermement la cordelette. La paroi du gouffre était raide et Rose descendait lentement, se cramponnant à la corde et utilisant ses deux pieds pour ne pas heurter les rochers. Soudain, elle rencontra un replat. Elle se pencha vers le fond. Il n’était plus loin.
« Claire ! »
Elle pouvait presque toucher la main que la fillette lui tendait.
« Ça va ? »
La voix de Grand-papa lui parvint déformée.
« Oui, je suis sur un replat ! C’est là que la corde restait coincée ! »
Elle dégagea la cordelette et en lança le bout à Claire, par-dessus le bord du replat.
« Voilà la corde. Tu la passes sous les bras, tu l’attaches bien fort et tu te cramponnes de toutes tes forces » expliqua Rose.
Claire fit de son mieux pour obéir aux instructions.
Un peu plus tard, elle émergeait de la crevasse.
« Claire !
– Papa ! »

8 Le retour

« Rose, comment tu as osé descendre dans la crevasse pour venir me sauver ? demanda Claire impressionnée. A ta place, j’aurais eu beaucoup trop peur !
– Je sais que Dieu veille toujours sur moi et je voulais être courageuse comme Esther ou David.
– Esther ? David ? C’est qui ? s’étonna Claire. Des copains à toi ?
– Mais non ! Ils ont vécu il y a très longtemps.
– Alors comment tu les connais ?
– Leurs histoires sont dans la Bible.
– La Bible ? C’est quoi ?
– Mais c’est le livre de Dieu ! Tu ne le sais pas ? Alors il faut que tu viennes chez nos grands-parents. Grand-maman raconte trop bien les histoires. Je suis sûre que tu vas beaucoup aimer ! Mais les histoires les plus importantes, ce sont celles de Jésus !
– C’est une bonne idée intervint Grand-papa. Venez-donc chez nous. Claire ne devra plus rester seule…
– Oh oui Papa ! supplia Claire. Je n’ose pas rentrer chez nous. J’ai vu… elle baissa la voix, j’ai vu un monstre !
– Nous l’avons vu aussi, la rassura Thierry. C’est un aye-aye, un singe de nuit qui a dû s’échapper du zoo. Il est laid, mais pas dangereux.
– Je préviendrai le zoo, enchaîna Grand-papa. Son soigneur viendra le chercher.
– Et je me réjouis d’entendre les histoires de la Bible, poursuivit Claire.
– Tu pourras apprendre à connaître Dieu, se réjouit Mattéo.
– Et à l’aimer ! » ajouta Rose.
Thierry se tourna vers Grand-papa :
« D’accord. J’accepte avec plaisir. Et vous me parlerez de ce Dieu qui répond aux prières. Je suis trop content d’avoir retrouvé Claire saine et sauve. »

Comment cette histoire a commencé

J’ai voulu écrire une histoire pour mes filles et leur ai demandé les événements qui devaient y figurer. Il fallait donc sauver une petite fille tombée au fond d’un trou, opérer un sauvetage en montgolfière et rencontrer un aye-aye. Les enfants devaient aimer les histoires de la Bible et avoir un renard comme animal de compagnie.
Vous ne connaissez pas le aye-aye ? C’est un lémurien très rare, nocturne, qui vit dans les forêts de Madagascar. Il a la taille d’un chat, des yeux de hibou, des incisives de rongeur, des oreilles de chauve-souris, une queue touffue d’écureuil et surtout de très longs doigts. Ceux-ci lui permettent de dénicher les larves d’insectes cachées sous l’écorce ou accéder à la pulpe des fruits. Sous son apparence bizarre voire effrayante, il est parfaitement inoffensif. Son plus grand défaut est de s’attaquer aux plantations de noix de coco dont il est friand.

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