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Bateau fou !

J’ai levé l’ancre, en un jour de printemps,
J’ai mis le cap sur une île lointaine.
Je voulais fuir un continent de haine,
Soustraire ma coque aux dégâts du temps.

Je voulais être libre sur les flots,
Braver les lois, qu’impose la nature.
Je croyais maîtriser ma vie future,
Laissant la discipline pour les sots.

Je croyais pouvoir résister aux vents,
Pour tracer ma route, selon ma guise.
Comme un tranchant de lame qu’on aiguise,
Fendant l’eau, ma proue allait de l’avant.

De jour en jour, je m’éloignais du port,
Les yeux rivés sur ma vieille boussole.
L’esprit rempli des pensées les plus folles,
Face au destin, je me sentais très fort.

Voile déployée, je bravais les cieux,
De mon orgueil, je traçais mon sillage.
Confiant en la force de mes cordages,
Face aux tempêtes, j’étais audacieux.

De hautes vagues envahissaient le pont,
Tandis que d’autres soulevaient ma proue.
Mais je ne craignais pas qu’ils me secouent,
Des mauvais sorts, je déjouais les harpons.

Bateau ivre au milieu de l’océan,
Mes ambitions étaient mon équipage,
De mon pays, s’éloignait le rivage,
En dérive, j’allais vers le néant.

La nuit m’enveloppait de son manteau,
D’épais nuages cachaient les étoiles.
Les vents avaient déchiré toutes voiles,
Je n’entendais plus que le bruit des eaux.

Je me sentais submergé par l’effroi,
Craignant que, soudain, ma coque s’échoue.
Je me disais : ici ma vie se joue !
Sur moi, s’abattait un coup de grand froid.

Alors, comme un mât, j’élevai ma voix,
Je criai ma détresse au Capitaine,
J’invoquai sa clémence souveraine,
Repentant d’avoir bravé ses lois.

Je reconnus n’être qu’un faible esquif,
Je réclamai son divin sauvetage,
Son escorte vers le plus sûr rivage.
Il prêta l’oreille à mon cri tardif !

Il vint à moi, au coeur de mes tourments,
Il tança les flots qui firent silence.
Rassuré par cette heureuse clémence,
De rentrer au port, je fis le serment.

Pressée par l’amour, ma coque frémit,
Sans plus attendre, je fis volte-face.
À jamais, je voguerai sur ses traces,
Au Capitaine, je serai soumis.

En ses mains, je confie mon gouvernail,
Car il m’a sauvé d’un fatal naufrage.
De bateau fou, je suis devenu sage,
Je mets le cap sur l’éternel portail.

Michel Doyen

Ce texte a été écrit pour répondre au défi d’écriture #10 : fais parler un objet !

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