Poésie, Réflexions, Prose

Le grand mystère de l’incarnation

Lorsque je trempe ma plume dans l’encrier biblique  
Lecture parallèle : Jean 1.1-5.

Ils sont profonds ces silences que j’écoute en mon âme. Mon cœur descend paisiblement dans le tréfonds de l’existence, c’est là que j’y puise l’eau vive. Cette existence a précédé le tout, même le néant, à qui, elle a donné naissance. Cette existence est la présence pure de celui qui était, qui est et qui sera, l’Éternel. Celui que les hommes nomment aujourd’hui : « Dieu », celui que je nomme l’Incréé-Créateur-agissant pour éviter toute confusion humaine derrière ce nom et préciser ma fidélité au Dieu de la Bible, au Dieu d’Israël, au Dieu du commencement.

Le mystère est grand, trop grand pour l’homme que je suis, qui ne peut se saisir de la plénitude de cet être, de l’Être. Sa grâce pallie mon incapacité naturelle à voir toute sa sainteté, à comprendre sa pleine volonté, à entendre la pureté de sa voix. Elle a enjambé le fossé, que dis-je, la vallée qui séparait les êtres de la terre de l’être « existent-ciel ». 

Le ciel, que je contemple ici, n’est pas cette nappe soyeuse d’un bleu azur suspendue au-dessus de nos têtes, elle n’est pas cette étendue infiniment spacieuse chargée d’air qui se donne aux êtres ailés planant plus haut que la terre. Non, je ne vous parle pas de cette voûte visible qui offre à nos temps d’arrêts la vue paisible d’un horizon lointain qui comble d’extase nos yeux. Je vous parle du ciel dont seul l’esprit peut en percevoir son existence et sa beauté. Si tout esprit humain en a l’opportunité, tout esprit ne pose pas son regard en direction du voile déchiré. Ce dévoilement s’opère chez la femme nouvelle et chez l’homme nouveau qui s’éveillent après avoir goûtés, après s’être abreuvés de cette eau vive du puits des silences qui parlent depuis l’éternité.

Comme un écho qui a traversé le temps des origines, sa voix s’est fait entendre, elle a pris forme humaine. Transcendée et transcendante, cette voix forme et transforme par sa parole. Avant que rien n’existe, avant que le néant ne soit, avant que toute chose apparaisse, au commencement, Dieu s’est exprimé, Dieu a parlé. La Parole de Dieu, le Logos, le Verbe était là. Dieu est un Dieu de parole, d’une parole agissante qui est allée jusqu’à s’incarner en l’homme, en celui que l’on appelle le Christ, le Fils de Dieu qui a revêtu notre humanité. De lui-même, il est venu révéler le Père alors qu’il vivait en vis-à-vis dans l’amour pur et pleinement partagé. Il fallait bien que ce Dieu un et unique, ne soit pas seul en soi, mais au moins deux pour aimer d’un amour qui se donne et qui se tourne vers autrui. Il était donc là, auparavant, dans l’unicité du Créateur-Incréé. Ensemble, ils ne forment qu’un seul Dieu. De toute éternité, sous une forme autre, le Christ, le fils, était là, présent avec le Père et l’Esprit. 

Ô combien, combien est grand, trop grand ce mystère pour en sonder toute sa compréhension. Je sais que Dieu n’est pas une science, l’Éternel ne peut être étudié, sa présence doit être éprouvée et révélée en soi. C’est un peu comme le vent, on ne peut s’en saisir, on ne peut le voir avec les yeux, on ne peut qu’en apercevoir un souffle, une manifestation, une expression. Regardez comme le vent fait voler les feuilles, danser les arbres, pliez les brindilles. Tantôt chaud et léger, il nous régale sur le sable blanc d’une plage déserte. Tantôt froid et puissant, il nous glace le corps qui ne demande qu’une chose, retrouver la chaleur d’un foyer doux et pacifique. Tantôt paisible, tantôt menaçant, personne n’a jamais vu son corps et pourtant qui douterait de l’existence du vent. Alors pourquoi douter de Dieu sous prétexte de croire uniquement à ce que l’on voit ? 

Certains ont vu son image et entendu audiblement sa voix, car cela était possible au travers du Christ. Incarné, personnifié, il est venu au milieu des siens, de son peuple, parmi les humains, mais ils n’ont pas reconnu celui qu’ils attendaient. À force d’attendre, en pensant savoir ce qu’il faut attendre, alors que nous ne savons pas vraiment, bien souvent nous passons à côté de ce que nous avons attendu toute une vie. L’amour, la joie, le bonheur, le sens de la vie est là, devant nous, en nous, et nous continuons de chercher, de scruter l’horizon. Nous cherchons la perfection imaginée dans nos idées au lieu de perfectionner la recherche de ce qu’il faut savoir laisser se révéler. Comme la lumière dans l’obscurité donne à nos yeux la capacité d’apercevoir la chaussée où se posent nos pas, le Verbe, la Parole, le Christ, donne à nos pensées l’accès à la voie de la Vérité. 

Quel beau et grand mystère est l’incarnation de la Parole divine, sa Vérité n’est pas une idée, elle n’est pas un concept, ni une philosophie, encore moins une pensée produite par la raison humaine. Elle est cette Parole incarnée portant en elle la Vie et la Lumière pour l’humanité. Je ne veux, ni ne peux l’étudier, je peux et je veux juste la laisser se révéler à moi et en moi.

Tonino
15 janvier 2023

1 réflexion au sujet de “Le grand mystère de l’incarnation”

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