Par Daniel EKWEL, en réponse au défi d’écriture de l’été
J’ai décidé de profiter de ce trajet contemplatif. C’est ce qu’Era venait de trancher en son cœur devant le spectacle qui se jouait devant elle.
Il était bientôt 6 heures du matin quand, à peine sortie de son lit, Era se dirigea vers le balcon de l’appartement de ses parents. Les yeux embrumés, un peu décoiffée, elle ressentait le besoin d’un bol d’air frais. Pour son plus grand bonheur, un courant d’air matinal l’attendait sur le petit balcon. En levant les yeux vers le ciel, l’aube jouait sa partition. Ce n’était pas la première fois qu’Era assistait à la transition jour-nuit, mais cette fois-ci, il y avait comme quelque chose de particulier.
Les couleurs qu’arborait le ciel lui semblaient nouvelles. Si au début, la voûte céleste était noire, instant après instant, elle changeait d’aspect. Era était surprise, car elle parvenait à distinguer les transitions colorées que prenait le dôme de nuages. Elle décida donc de se laisser porter dans cette balade inhabituelle que lui offrait le ciel.
Après avoir tiré une chaise un peu plus loin, elle prit place devant le tableau qui prenait forme devant elle. Tout autour, tout était silence. La maison, comme les appartements aux environs, étaient encore endormis. Le calme ambiant était parfait pour profiter de la séquence. Même les oiseaux n’étaient pas encore réveillés. Le ciel, quant à lui, continuait de jouer sa partie. Très distinctement, il s’éclaircissait. Du noir au bleu foncé, il laissait aussi apparaître des teintes rougeâtres. Era estima à quelques secondes la transition du rouge à l’orangé.
L’ensemble de ces couleurs, bientôt mêlé au blanc et à un fin violet, était comme une mise en scène digne des plus grands réalisateurs hollywoodiens.
Ajouté à cette séquence, Era nota que les nuages semblaient bouger. En effet, les nuages nocturnes se transformaient face aux éclats puissants du soleil. Mais pas seulement, ils reculaient ou avançaient. Afin d’y voir plus clair, la jeune demoiselle laissa sa chaise et se pencha fortement sur les bords du balcon, le regard fixé vers le ciel. En effet, les nuages bougeaient. Bientôt, celui qu’elle avait devant elle disparaissait. En réfléchissant ainsi au sens possible que prenaient les masses nuageuses, Era pensa qu’il était merveilleux le chef d’orchestre à l’origine de ce spectacle. Magnifique était bien peu pour décrire la scène qu’il lui offrait. Era se demanda en elle-même combien de personnes sur terre avaient pu voir cela. « Certainement au moins une. Nous ne courons pas tous de bon matin pour vaquer à nos occupations quotidiennes sans apprécier la création d’une nouvelle journée », se dit-elle en réponse. En pensant que quelque part sur terre, quelqu’un d’autre appréciait la même scène, elle voulait dire merci au chef d’orchestre qui rapprochait curieusement les humains, même éloignés, en leur proposant au même moment le même spectacle. Un profond sentiment de gratitude envahit Era à l’instant. Gratitude pour ce don divin. Gratitude pour une telle beauté. En plus de la gratitude, il y avait l’apaisement.
Le chant des oiseaux commençait à se faire entendre : ce que nota la jeune demoiselle. Tout autour, les bruits résonnaient déjà dans les autres appartements. Era sortit de sa promenade intérieure. En quittant son petit balcon, l’esprit rempli de reconnaissance envers ce chef d’orchestre suprême, Era se dit qu’elle avait bien fait de profiter de ce trajet contemplatif.
Daniel Ekwel

Belle plume ! Il est difficile de décrire un lever ou un coucher de soleil, et vous l’avez réalisé en maitre. J’espère que nous aurons encore le plaisir de vous lire sur « Plumes chrétiennes ».
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