Vous connaissez la grande histoire : Moïse, Pharaon, les plaies, la fuite hors d’Égypte, la mer qui s’ouvre. Dieu libère son peuple de l’esclavage.
L’Exode se déploie en trois chemins.
La sortie
Dieu arrache Israël à l’oppression. Mais la libération commence par ce qui ressemble à une impasse : la mer Rouge, muraille d’eau qui entrave la route. Cependant, dans l’Écriture, Dieu transforme ce péril en passage.
Le désert
Après les eaux, le désert : un lieu aride, instable, dangereux. Dieu y conduit son peuple, pourvoit à ses besoins, mais l’appelle à apprendre la confiance, la dépendance, le pain quotidien. Le désert n’est pas un détour inutile : il fait partie du chemin.
L’entrée
Vient enfin la terre promise, espace de liberté et de bénédiction. Mais l’histoire montre que ce chemin se rejoue sans cesse. De nouveaux esclavages surgissent, parfois au cœur même du peuple. L’exil semble tout anéantir.
Un meilleur chemin
Et pourtant, les prophètes annoncent un nouvel Exode : un chemin ouvert dans le désert, une libération plus profonde, destinée au monde entier.
Cette attente trouve son accomplissement en Jésus. Beaucoup espèrent qu’il libérera Israël de Rome, mais Jésus révèle un esclavage plus obscur encore, enraciné dans le cœur humain et conduisant à la mort. En entrant lui-même dans les flots du chaos et de la mort, il ouvre un chemin nouveau. C’est pourquoi Jésus dit de lui-même qu’il est le chemin.
Nous vivons encore le chemin du désert : un monde fragile, incertain, parfois dangereux. Mais l’horizon demeure celui de l’entrée : une création renouvelée, la réunion du ciel et de la terre.
L’Exode n’est donc pas seulement l’histoire d’hier. C’est aussi notre histoire.
L’Exode dans la littérature
La grande littérature n’a cessé de décliner ce motif de l’Exode. Je suis en train de lire Les Raisins de la colère, de John Steinbeck. Il reprend la grande dynamique de l’Exode biblique et la déploie aussi en trois chemins.
Il y a d’abord le chemin de sortie : un peuple pauvre et humilié est arraché à sa terre. Comme les Hébreux quittant l’Égypte, les familles d’Oklahoma sont chassées de chez elles par une puissance sans visage (banques, propriétaires) qui broie les vies au nom du profit. Quitter n’est pas un choix, mais une nécessité pour survivre.
Vient ensuite le chemin du désert. La route vers l’Ouest devient une longue traversée éprouvante, une marche harassante à travers les étendues brûlantes de l’Arizona et les paysages arides du Sud-Ouest. La chaleur écrase les corps, les véhicules tombent en panne, les anciens meurent, les liens se tendent. Comme dans le désert biblique, c’est un lieu de dépouillement et de révélation : la souffrance isole, mais elle fait aussi naître une solidarité nouvelle, une réflexion collective forgée par la route et la faim.
Enfin s’ouvre le chemin d’entrée, ou plutôt son illusion. La Californie, annoncée comme une terre promise de justice et d’abondance, ne tient pas ses promesses. Elle n’est pas un lieu de libération, mais un nouvel espace d’exploitation. Là où la Bible affirme une entrée portée par la fidélité de Dieu, Les Raisins de la colère montre une promesse trahie. On aimerait alors assister à une prise de conscience (sur l’existence d’un paradis perdu par exemple), mais Steinbeck met toute son espérance dans la solidarité humaine qui unit les pauvres. On ne peut qu’admirer ces éclats héroïques de bonté, mais aussi beaux soient-ils, ils sont bien faibles face à la mort.
✍️Défi d’écriture #32 : Écris un poème ou une nouvelle sur les chemins de l’Exode.
Vos personnages peuvent être un peuple en marche, un migrant, un fugitif, un enfant déraciné, un croyant qui quitte son « Égypte », …
📅 Modalités
- Date de fin : 05 mars 2026
- Deux textes maximum par personne
- Longueur : 3 pages A4 maximum, Arial 12
- Tag à ajouter : #Exode
📤 Publication
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🗳️ Nouveauté : prix des lecteurs
À la clôture du défi, un sondage sera envoyé à tous les participants du défi et aux administrateurs du site. Vous aurez alors une semaine pour lire les textes et voter pour celui qui vous a le plus touché (en justifiant votre vote). Le système est simple : vous choisissez votre coup de cœur (hors votre propre texte) pour encourager la créativité des auteurs. Les résultats seront ensuite rendus publics.
Le gagnant gagnera 2 livres de qualité au format papier. Le choix des titres se fera en accord avec le gagnant, parmi un vaste choix : 1 livre de la boutique romans de BLF et 1 livre Plumes Chrétiennes. Par ailleurs, sa publication sera mise en valeur sur la page d’accueil de notre site et les réseaux sociaux.
Bonne écriture, et bonne traversée.


3 commentaires sur “Défi d’écriture #32 : écris sur les chemins de l’Exode”