Il n’est pas parti, il voyait le chemin,
Pourtant, la route s’est retirée.
Ce qu’il appelait hier
Certitudes, mission, fidélité,
Se sont évaporés, comme un paysage
Dans une lumière trop vive et nue.
Il croyait avoir trouvé Dieu
Mais, Dieu le questionnait…
La voix ne résonne plus,
Elle creuse et dérobe les faux appuis,
Dépouille, jusqu’au nom !
Il n’y a plus de Saul, plus de Judas,
Ni apôtre, ni persécuteur,
Un Homme tombant d’un univers maternel…
Un exode intérieur
Dans un désert invisible
Un adieu à ce qui sécurisait :
Raison et regrets,
Jusqu’à la soif du pardon.
Plus de fuite, une abnégation !
Un renversement,
Une lumière trop brutale, à une nuit sans soir.
Ne plus se comprendre,
Perdre jusqu’à l’image de Dieu
Qu’il adorait sans le savoir
Quand vient la nuit
De vide, non obscure,
Sans voix ni signes,
Sans promesses sensibles
C’est là que le baptême tient sa source.
Renaître sur les ruines de l’égo,
Sans témoins ni héroïsme.
S’écarteler de l’inconnu
Où le silence répond
S’abreuver des sécheresses de sa vie
Comme une terre labourée
L’immolation de sa propre histoire.
Pourtant, pour temps,
Dans cette dépossession extrême,
Une autre vie s’embryonne
Sans bruit.
Un exode transparent,
Déserté de Terre promise.
Qui aveugle et pend comme une évidence.
Ni écrits, ni argent,
Là où l’Homme n’est plus obstacle,
Là où l’Homme devient faille
Laissant enfin passer
La lumière Divine…
S. P.
J’ai cherché un « exode intérieur » réunissant 2 hommes qui me questionnent beaucoup, Saul et Judas.
Je suis parti du fait qu’ils ont vécu un véritable exode intérieur, à partir de la route de Damas pour Saul de Tarse et a son départ de la Pâques pour sa trahison concernant Judas.
J’ai voulu réunir les 2 pour les mettre, en quelque sorte, en parallèle ne faisant plus « qu’un », d’où le néologisme dans mon titre.
