Nous allions en Judée, en direction du berceau du soleil,
Au carrefour des étoiles éclairant dans la nuit,
Sous la carte céleste, sur les chemins faits de pluies,
Nous mêlions en cadences, nos pas neufs à ceux de la veille.
Nous jetions nos yeux éperdument vers le ciel,
Encore tiède des humeurs des brumes tendres de minuit,
Suivant le traçage irradiant d’une étoile neuve et belle,
Apparue, pour la gloire du Messie.
L’ardoise des nuées,
Quadrillée des mille feux des planètes nébuleuses,
Dévoilait le Salut, professait les clartés,
De Sa naissance bienheureuse.
Face au miroir espacé des mystères qui arborent,
Les recoins encore vils des galaxies inconnues,
Nous voguions en silence, des soirs aux aurores,
Vers l’étoile aux vertus.
Le paradoxe de l’homme est de croire aider Dieu,
Le voulant son idole, il lui tronque les idées,
Déversons dans son auge le calice des péchés,
Le travail de Jésus est d’effacer tous nos bleus.
Pourras-tu toi ô mage, assister Dieu par ton or ?
Quand l’argent ton idole, privera Rachel de son sort,
Par ta joie immonde elle perdit ses enfants,
L’amour lâche de ton vice, t’aura nourri de leur sang.
Penses-tu donc que l’amour veut du feu et du sang ?
Ou la rage d’un tétrarque qui contrôle par l’argent ?
Tu rencontras en Judée la folie de ta joie,
En serrant de la main, celui qui chérirait tous tes pas.
Son idolâtrie, ta jumelle, chérit l’or elle aussi,
Tu ne fus qu’appât pour la haine, en narguant un ennemi,
Tes biens n’étaient point un hommage, pauvre chantre endeuillé,
Tu étais tout comme Pierre, à Thabor, endiablé.
Tu fis fuir en Égypte, l’amour même incarné,
Qui fut pris pour le faible, dépouillé de ses droits.
Ton ignorance fut bien folle, ta volonté si déviée,
Tu trouvas donc le gîte, de celui qui comme toi,
Voulait séduire le Dieu saint, venu mourir à la croix.
Hérode fut amer, il ôta plusieurs vies,
Est-ce bien sage de mettre l’or, devant Mamon l’ennemi ?
Ou de prétendre à l’amour, en ignorant ses détroits ?
Tous les anges ont chanté, en hommage à l’homme Saint,
L’amour n’estime guère, les joyaux des hommes vains,
Dieu séjourne dans nos cœurs, et non pas dans nos vices,
La coupe la plus belle, est celle qui porte la justice.
Nous couronnant de sa gloire, restés dans l’abîme du péché,
Les enfers qui furent nôtres, sont humiliés de ses plaies.
Il nous regarde sur la terre à la droite du Dieu Saint,
Dans le reflet de sa gloire, nous demeurerons Ses témoins.
Sylas
