Prose·Récits, dialogues

La folle semaine de Bartimée

Assis au bord du chemin à la sortie de Jéricho je mendiais… c’est tout ce qu’un aveugle pouvait faire ! Jour après jour les gens passaient à côté de moi, la plupart sans me voir, eux qui pourtant avaient des yeux pour voir ! Pour eux je faisais partie du paysage…
D’autres me lançaient quelques pièces. Par générosité ? par pitié ? ou pour se donner bonne conscience ?
Le soleil tapait souvent très fort ! Vous savez, Jéricho se trouve dans la vallée du Jourdain, pas très loin de la Mer Morte. Alors côté chaleur nous sommes servis !
Ce matin-là mes amis m’avaient emmené à mon emplacement habituel, au bord du chemin, aux portes de Jéricho. Ah ! mes chers compagnons avaient un rôle de toute première importance. Ils étaient mes yeux !!!
C’est par eux que je savais ce qui se passait autour de moi. Leur regard était vital pour moi. Ils prenaient soin de moi en m’amenant tous les jours à l’endroit où j’avais l’habitude de mendier. Avec l’argent que je récoltais dans mon escarcelle ils m’aidaient à acheter de la nourriture, les produits de première nécessité. Depuis toujours, j’avais appris à me débrouiller seul avec mon handicap, mais leur aide m’était précieuse, je me sentais moins seul et leur présence mettait un peu de chaleur dans ma triste vie de mendiant aveugle.

Ce matin-là, j’étais tout particulièrement rempli d’espoir. En effet, à cette période de l’année les affaires étaient plutôt bonnes ! En tout cas bien meilleures qu’habituellement.
On était à quelques jours du début des fêtes de la Pâque et les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem faisaient, pour la plupart, escale à Jéricho ou dans ses environs. L’approche des fêtes rendaient les gens plus généreux… ainsi plusieurs fois par an je pouvais compter sur des rentrées d’argent plus conséquentes.
J’entendis soudain un brouhaha inhabituel, un bruissement différent du passage des pèlerins. Comme un grand murmure qui prenait de l’ampleur au fur et à mesure ! Comme une grande foule en marche qui acclamerait un héros !
Mes amis n’étaient pas encore repartis et je leur ai demandé la raison de cette subite effervescence.
Tout excités ils m’ont dit :
« C’est Jésus de Nazareth qui arrive ! Avec ses disciples et une foule de suiveurs ! Il est en route vers Jérusalem ! »
Jésus de Nazareth ! Ce n’était pas possible !
J’avais tellement entendu parler de lui !
Un aveugle n’est pas sourd…personne ne fait attention à lui et ne se rend compte qu’il entend bien mieux que tous les autres. Combien de gens ont discuté à côté de moi à son sujet sans faire attention à moi ? Depuis des mois, peut-être même des années, tout le monde avait son nom à la bouche ! Il ne se passait pas un jour sans que j’entende parler de lui, des miracles qu’il accomplissait, de l’enseignement qu’il donnait…
Ainsi j’avais appris quantité de choses à son sujet !
Qu’il avait guéri un homme paralysé et ressuscité la petite fille du chef de la synagogue à Capernaüm.
Qu’il avait calmé une tempête sur le lac de Galilée et qu’il avait marché sur l’eau tumultueuse !
Qu’avec cinq pains et deux poissons il avait nourri des milliers de personnes ! 
Qu’il ne réservait pas ses miracles aux seuls Juifs, mais qu’il avait délivré, de l’autre côté du lac, au pays des Gadaréniens, un homme qui était tourmenté par un grand nombre de démons et qu’il était même allé dans le pays de Tyr et de Sidon où il avait guéri la fille d’une cananéenne.
Oh, je ne me souviens pas de tout ce que j’ai pu entendre… Certains disaient qu’il racontait des histoires bizarres qu’il appelait paraboles. Des histoires de grains de blé, de graines de moutarde, de perles perdues, de fils qui se révoltaient contre leur père…
Pour les uns, ces histoires n’avaient l’air de rien, mais elles remuaient les tripes des autres ! Ah ! combien de fois n’avais-je pas souhaité rencontrer ce Jésus ? Surtout depuis que j’avais appris qu’à Bethsaïda il avait guéri un aveugle !
Ce qui se passait avec lui me rappelait des paroles du prophète Esaïe entendues depuis la porte de la synagogue :
« L’Esprit du Seigneur repose sur moi… Il m’a envoyé pour annoncer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur »
Et maintenant, avec Jésus, les malades étaient guéris, les démoniaques étaient délivrés et les aveugles voyaient !
Assis au bord du chemin j’avais eu du temps pour réfléchir à tout cela et j’en étais arrivé à la conviction que ce Jésus dont on parlait était le Messie que mon peuple attendait depuis si longtemps !
Je me disais qu’il ne pouvait être que l’envoyé promis par Dieu, le Fils de David…

L’annonce de l’arrivée de Jésus avait suscité en moi une folle espérance qui m’a poussé en avant, qui m’a fait oser espérer. Il s’était montré si proche de beaucoup, si compatissant jusqu’à guérir de très nombreux malades. J’étais convaincu qu’il serait capable de s’intéresser à moi, de prendre pitié de ma situation et de faire quelque chose pour moi ! 
Oui, pourquoi pas moi ?
Je ne voulais pas laisser passer l’occasion, peut-être unique, de rencontrer Jésus qui était là, pas loin de moi.
Où exactement ?
Je ne savais pas. Je ne pouvais pas voir tous ceux qui passaient ! Mais je les entendais et ils semblaient bien nombreux et ils se rapprochaient de plus en plus…
Fort de ma conviction que Jésus était le Messie je me suis mis à crier de toutes mes forces :
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
Je devais absolument attirer son attention !
Je DEVAIS le rencontrer !
Jésus passait tout près de moi, là sur la route ! Je ne voulais pas rester au bord du chemin alors qu’il pouvait changer ma vie !
Connaître toutes les anecdotes et récits le concernant ne me suffisait plus !
Je DEVAIS le rencontrer, lui !
Encore et encore je criais ces mêmes paroles, me disant qu’il finirait bien par m’entendre :
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
Je mettais dans mon appel toute ma détresse, toute la douleur de mon passé, mais aussi tout mon espoir, toute mon attente d’un avenir transformé !
Je me suis tu un moment pour écouter…
Rien…
Aucune réaction…
Aucune parole de Jésus qui pourrait s’adresser à moi…
Et j’ai repris de plus belle mon appel :
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
Et subitement, moi qui étais invisible jusqu’à présent, je suis devenu l’objet d’une attention soutenue ! Des personnes du cortège me sont tombé dessus à bras raccourcis ! Tous voulaient que je me taise ! Même mes amis, qui pourtant savaient combien ma vie était misérable à cause de mon handicap, se sont précipités vers moi pour me fermer la bouche !
« Mais tais-toi, Bartimée, arrête de crier si fort ! Sois plus discret ! Tu n’es pas seul ici ! Tu ne comprends pas que tu te ridiculises en te faisant remarquer ainsi ! De toute façon, cela ne sert à rien : Jésus ne t’entendra jamais ! Il ne peut pas s’arrêter pour chaque personne qui l’interpelle ! Tu ne te rends pas compte du monde qu’il y a ici, et certains avec des besoins plus importants que les tiens. »

Mais je ne me suis pas laissé arrêter par leurs terribles paroles qui me rabaissaient, qui me disaient que je n’étais pas assez important pour Jésus. Leurs reproches et leurs menaces n’ont pas cassé mon élan, ni brisé mon espoir et ne m’ont pas découragé.
Au contraire !
Plus les uns et les autres me demandaient de me taire, plus je criais fort :
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »
« Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »

Alors Jésus s’est arrêté. Il a eu pour moi un autre regard que ceux qui me repoussaient. Malgré la foule, malgré son programme chargé, malgré ses préoccupations quant à ce qui lui arriverait à Jérusalem, il s’est arrêté pour moi !
POUR MOI !
Il était prêt à prendre en compte mon besoin. Il n’a pas crié « Tais-toi » comme tous les autres, mais il a dit :
« Appelez-le et amenez-le moi ! »
Ceux qui voulaient me faire taire, ceux-là même me disaient maintenant :
« Prends courage, lève-toi, Jésus t’appelle ! »
Jésus n’est pas venu lui-même vers moi ! Mais il a demandé à ceux qui essayaient de m’empêcher de le rencontrer, ceux qui voulaient éteindre ma voix, ceux qui faisaient obstacle, de me chercher et de m’aider à m’approcher de lui.
Soudain ils étaient devenus porteurs de paroles de vie.
« Prends courage, lève-toi, Jésus t’appelle ! »
A ces mots je me suis levé d’un bond, j’ai jeté mon manteau et ils m’ont conduit auprès de Jésus.
La foule s’était tue, dans l’attente de ce que Jésus ferait. Ainsi tout le monde a pu entendre parfaitement les paroles que Jésus m’adressa :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Je lui ai répondu du tac au tac :
« Seigneur, que je puisse voir ! »
« Tu peux voir, m’a dit Jésus. Parce que tu as cru en moi, tu es guéri. »
Et effectivement j’ai vu !
J’ai vu Jésus debout devant moi, son regard rempli de bonté, j’ai vu tous ceux qui l’entouraient, j’ai vu mes compagnons qui dansaient de joie, j’ai vu Jéricho, j’ai vu vers l’est la plaine du Jourdain et vers l’ouest les collines de Judée. Tout me semblait si merveilleux.
Mon cœur explosa de joie et j’ai adressé des cris de louange à Dieu. Comme moi toute la foule chantait la gloire de Dieu !

A ce moment-là j’ai décidé de suivre Jésus, comme le faisaient ses disciples et tous ceux qui l’accompagnaient depuis la Galilée.
Jésus est entré dans Jéricho. Il disait qu’il y avait dans la ville quelqu’un qu’il devait absolument rencontrer. Tout le monde se demandait qui cela pouvait bien être ! Probablement un notable ou le chef de la synagogue.
Sur la place de la ville une multitude de personnes l’attendait car le bruit avait couru que Jésus passerait par là. Je voyais des gens partout, amassés les uns contre les autres ; beaucoup se tenaient aussi sur les terrasses des maisons. La place était ombragée par de grands sycomores. Jésus s’est arrêté sous l’un d’eux et a levé les yeux vers le feuillage. Il appela : 
« Zachée, dépêche-toi de descendre, car c’est chez toi que je dois aller loger aujourd’hui. »
Zachée ?
Non pas lui !
Ce n’est tout de même pas lui que Jésus devait rencontrer !
Pourtant il avait l’air de le connaître ! Il l’avait appelé par son nom ! Mais savait-il qui était vraiment Zachée ?
Celui-ci avait la réputation d’être le plus grand des voleurs de Jéricho. Chef des collecteurs d’impôts, on racontait qu’il avait truandé pratiquement tous les habitants de la ville et des environs. J’avais entendu tellement de passants se plaindre de lui et critiquer ses pratiques malhonnêtes. Une bonne partie de leurs impôts partait dans sa poche ! Cela avait fait de lui un homme très riche !
Mais que faisait-il dans ce sycomore ? Drôle d’endroit pour accueillir Jésus ! Je me suis souvenu que les gens se moquaient de sa petite taille. 
« Petit homme, grand voleur ! » disaient-ils.
Probablement qu’il cherchait à voir Jésus. A cause de sa taille il aurait eu bien du mal à l’apercevoir, perdu dans cette foule, le nez à hauteur du dos des gens. Alors, en petit malin qu’il est, il a dû très certainement devancer tout le monde et grimper dans le sycomore pour mieux voir.
Aux paroles de Jésus, Zachée s’est dépêché de descendre de son arbre et a emmené Jésus pour le recevoir dans sa maison.
Je n’étais pas le seul à m’étonner ! Un grondement, un murmure d’indignation, s’est levé de la foule ! Chacun exprimait sa frustration, sa colère, son questionnement, son incompréhension face au comportement de Jésus.
« Il va loger chez ce pécheur ! »
Zachée a dit à Jésus:
« Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres et, si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je lui rends quatre fois plus. »
Nous n’étions pas encore au bout de nos surprises en cette journée si exceptionnelle !
Personne n’en croyait ses oreilles ! Ceux qui étaient près de Jésus et Zachée avaient pu entendre ces paroles ; ils ont fait circuler le message qui s’est répandu parmi toute la foule présente !
Pas possible ! Ce n’est pas Zachée qui pouvait parler ainsi !
Donner la moitié de ses biens aux pauvres ! Rembourser au quadruple toutes les personnes qu’il avait lésées !
Ce n’était pas du Zachée ! Il devait y avoir erreur sur la personne !
Mais non ! Les paroles de Jésus ont levé le doute ! Il lui a dit :
« Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que cet homme est, lui aussi, un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Zachée le voleur appelé fils d’Abraham ! On aura tout vu !
Il faut croire qu’avec Jésus on n’avait jamais tout vu !
Il pouvait transformer par sa présence le pire des voleurs en fils d’Abraham, c’est-à-dire en un homme croyant en la grâce et la justice de Dieu. Il pouvait transformer un truand en un homme généreux qui répare ses fautes.
Il ne guérissait pas seulement les maladies, les infirmités, les handicaps comme le mien… il guérissait aussi les cœurs. C’est sûrement ce qu’il a voulu dire par sa phrase : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

J’avais déjà compris que Jésus était le Messie, mais là je comprenais le vrai sens de sa venue. Moi aussi j’étais perdu et j’avais besoin d’être sauvé ! Ce n’est pas seulement par ma cécité que j’étais handicapé, par mais mon cœur de pécheur, comme celui de tous les humains.
Je comprenais maintenant ces paroles prophétiques d’Ezéchiel :
« Je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. »
Je venais de voir en direct leur réalisation dans ma vie et celle de Zachée.
Ce jour-là ma vie a changé, non seulement parce que Jésus m’avait rendu la vue, mais aussi parce qu’il m’avait rendu à la vraie vie !

Après cette journée mémorable les choses se sont précipitées pour Jésus. J’avais pris la décision de le suivre après ma guérison, comme je vous l’ai déjà dit. J’ai donc été aux premières loges pour les événements qui ont suivi.
Nous avons quitté Jéricho pour aller à Jérusalem, en traversant Bethphagé et Béthanie, près de la colline appelée « mont des Oliviers ». Là il envoya deux de ses disciples chercher un ânon attaché que personne n’avait encore monté.
Ils ont posé leurs manteaux sur le dos de l’animal, ils y firent monter Jésus et toute la troupe est repartie en direction de Jérusalem.
Sur le passage de cet étrange cortège les gens étendaient leurs manteaux et des palmes sur le chemin. Comme ils approchaient de Jérusalem, en descendant du mont des Oliviers, toute la multitude des disciples, dans un élan de joie, se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus : 
« Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur. Paix dans le ciel, et gloire à Dieu au plus haut des cieux !
Après cette entrée glorieuse de Jésus dans Jérusalem, acclamé comme un roi j’ai vite compris que Jésus n’avait pas que des amis.
A partir de ce moment Jésus a enseigné tous les jours dans la cour du Temple. Les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi, ainsi que les chefs du peuple, cherchaient à le faire mourir. Mais ils ne savaient comment s’y prendre, car tout le peuple l’écoutait attentivement. Il raconta encore de nombreuses paraboles. Je ne peux pas vous les détailler, mais les spécialistes de la loi et les chefs des prêtres avaient bien compris que c’était eux que Jésus visait par certaines d’entre elles. Ils auraient volontiers immédiatement mis la main sur lui, mais ils avaient peur des réactions du peuple. Mais ils le surveillèrent de très près et envoyèrent auprès de lui des agents qui feraient semblant d’être des hommes pieux. Ils devaient absolument le prendre en défaut dans ses paroles. Ainsi ils pourraient le livrer au pouvoir et à l’autorité du gouverneur romain.

Ils l’abordaient en le flattant ou lui posaient des questions pièges, mais Jésus connaissait leur fourberie et leur répondait souvent avec des questions qui les piégeaient, eux ! Il n’était pas tendre avec les spécialistes de la loi et mettait ses disciples en garde contre leurs pratiques et attitudes.
Jésus a abordé de nombreux sujets durant cette dernière semaine de son ministère. Il a parlé de la destruction de Jérusalem à la venue du Fils de l’homme, rendant ses auditeurs attentifs aux signes de la fin des temps, aux persécutions à venir.

Au milieu de la semaine les événements se sont précipités. On était à quelques jours de la fête « des Pains sans levain », appelée la Pâque. Les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi cherchaient toujours un moyen de supprimer Jésus, mais comme d’habitude ils avaient peur de la réaction du peuple.
Jésus a célébré la Pâque avec ses douze disciples les plus proches le jour de la fête des pains sans levain, le jour où l’on tuait l’agneau de la Pâque. Après cela il se sont tous rendus, comme d’habitude, vers le mont des Oliviers.
En début de nuit une troupe a surgi avec, à sa tête, Judas, l’un des Douze. Il se laissa emmener par les chefs des prêtres, les chefs des gardes du Temple et les responsables du peuple qui le conduisirent dans le palais du grand-prêtre.
Les hommes qui gardaient Jésus dans la cour se moquaient de lui et le frappaient.
Dès le point du jour, les responsables du peuple, les chefs des prêtres et les spécialistes de la loi se réunirent et firent amener Jésus devant leur Grand-Conseil où il fut interrogé puis reconnu coupable de blasphème et condamné à mort.
Ah, mais pour cela il fallait l’autorisation des Romains, donc du gouverneur Pilate. Ils amenèrent donc Jésus auprès de Pilate. Celui-ci hésita beaucoup à condamner Jésus malgré les violentes accusations prononcées contre lui. Il a bien tenté de le libérer, l’a amené à Hérode, a encore essayé de raisonner ses accusateurs car il n’a trouvé Jésus coupable d’aucun des crimes dont ils l’accusaient. Mais la foule, cette même foule qui quelques jours auparavant louait Dieu car Jésus m’avait rendu la vue, celle qui criait « Hosanna » à son entrée à Jérusalem, hurlait maintenant :
« A mort ! Crucifie-le ! A mort ! Relâche Barabbas ! Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Finalement, leurs cris l’emportèrent.
Pilate décida alors de satisfaire leur demande. Il relâcha donc celui qu’ils réclamaient, celui qui avait été emprisonné pour une émeute et pour un meurtre et leur livra Jésus pour qu’ils fassent de lui ce qu’ils voulaient.
Jésus fut emmené à un lieu appelé « le Crâne » Une foule de gens du peuple le suivait. Il y avait aussi beaucoup de femmes en larmes.  Avec lui, on emmena aussi deux autres hommes, des bandits qui devaient être exécutés en même temps que lui.
On le cloua sur la croix, ainsi que les deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
Il était environ midi, quand le pays tout entier fut plongé dans l’obscurité, et cela dura jusqu’à trois heures de l’après-midi. Le soleil resta entièrement caché.
Jésus poussa un grand cri et il mourut.
Comme les amis de Jésus, ainsi que les femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée, je me tenais à distance pour voir ce qui se passait. Tous mes espoirs s’effondraient. Le Messie, le Fils de David ne pouvait pas mourir ! Bien sûr Jésus nous avait prévenu qu’il devait mourir, mais nous n’avons pas voulu le croire ! Comment peut-il nous sauver de nos péchés en étant mort ? J’espérais, comme beaucoup d’autres, que le Messie nous délivrerait des Romains.
J’étais désespéré ! C’est le cœur bien lourd que je suis retourné à Jéricho. Je n’ai pas voulu rester pour les fêtes de la Pâque.
 A quoi bon ?
Tout était fichu.
Je ne comprenais plus rien.
Ma tête explosait avec tous les pourquoi que je lui infligeais.
Je me suis terré dans ma cabane. Il ne me restait plus qu’à retourner mendier…mais les gens se moqueraient de moi, moi qui avais proclamé haut et fort que Jésus était le Messie et le sauveur !
Un Messie et un sauveur mort !

J’ai laissé passer un peu de temps.
Les pèlerins sont revenus de Jérusalem et j’espérais me faire un peu d’argent à cette occasion !
Mais là, retournement de situation ! Ils étaient porteurs d’une grande et incroyable nouvelle ! Jésus était ressuscité !
Le dimanche matin des femmes et ses disciples avaient trouvé le tombeau vide et des anges ont eu ces paroles extraordinaires :
« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est plus ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous disait :« Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. »
Ce n’est que bien après que j’ai eu davantage de détails sur la crucifixion, les paroles prononcées par Jésus, le rideau déchiré du temple, la mise au tombeau, la résurrection, les apparitions à ses disciples et à bien d’autres à qui il a montré ses mains et ses pieds percés, son ascension et l’envoi du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, et plus tard la dispersion du message de la bonne nouvelle.
La résurrection de Jésus a donné un réel sens à ma vie. J’ai compris qu’il fallait qu’il passe par la mort pour porter mes péchés et me libérer de son esclavage pour que moi je puisse vivre d’une vie nouvelle et d’une vie éternelle !

Photo: Avec l’aimable autorisation de Lumo Project Films – http://www.lumoproject.com

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