Réflexions·Recensions

La fêlure de Charlotte Casiraghi

La fêlure de Charlotte Casiraghi est un  voyage mené avec finesse entre la littérature et la philosophie.  Mais il ne se veut ni un traité, ni un ouvrage de développement personnel. À travers les portraits d’écrivains et de leurs œuvres, l’autrice entame une longue traversée pour explorer un seul thème : la fêlure.

Parmi les écrivains convoqués, nous retrouvons : Francis Scott Fitzgerald, Colette, Balzac, Marguerite Duras…et bien d’autres.

Avec une dimension introspective, l’autrice dialogue avec la littérature et la philosophie, afin de proposer une manière de réfléchir sur nos craquements et moments de crise.

La littérature peut-elle réparer nos fêlures ? Le livre ne propose pas de réponses toutes faites à ce sujet. Il laisse cette question en suspens, offrant à chacun une sorte d’ouverture.

L’art explore justement les cassures car c’est en les rendant sensibles qu’on fabrique une dramaturgie. Les vies brisées alimentent la trame d’une histoire bien plus que les destins tout tracés.

La fêlure, Charlotte Casiraghi, Julliard, p.12.

Ce constat tragique de l’épuisement de nos propres ressources, l’écrivain Francis Scott Fitzgerald l’a merveilleusement bien décrit dans The Crack-up. Il est écrit trois courts textes en 1936, quelques années après le krach boursier de 1929, et fait un parallèle évident à ses yeux entre son état psychologique et la réalité économique de la Grande Dépression.

La fêlure, Charlotte Casiraghi, Julliard, p.25.

En refermant le livre, une question me vient à l’esprit. Que dit la Bible de nos blessures et fragilités à la fois intimes mais aussi collectives ? 

À l’image de l’ouvrage de Charlotte Casiraghi, la parole de Dieu rend également compte de parcours de vies accidentés, voire brisés…

Parmi les personnages bibliques ayant connu des blessures et moments de crise dans leurs existences… Je pense à Léa qui connaîtra la douleur de ne jamais être aimée de Jacob ou bien Joseph qui fut vendu par ses frères et emprisonné en Égypte.

Dans les Écritures, un passage en particulier nous offre un certain regard sur nos fragilités.Dans 2 Corinthiens 4 : 7,  il est question de « trésors dans de vases de terre ». Le trésor représente le message de l’Évangile, la gloire de Dieu en Jésus-Christ et le vase de terre la fragilité humaine. Malgré nos faiblesses, Dieu nous utilise pour sa gloire. Il manifeste sa grandeur et sa puissance dans nos faiblesses. Ce verset donne une perspective à contre-courant sur la fragilité humaine. Dans une société où la révélation de nos craquelures peut s’apparenter à une forme de faux pas ou d’échec.

En outre, il y a également ces fêlures collectives, dépassant l’intime… Ces fêlures que Jésus a portées à la croix  et dont chacun d’entre nous en mesure plus ou  moins la portée.

Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous.              

2 Corinthiens 4:7

Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Ésaie 53 : 5

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