Episode 12: Où Hermas apprend sa prochaine destination qui ne lui plaît pas du tout

« Ma Dame, puis je avoir un mot d’explication ? »

Nous avions parcouru déjà plusieurs heures à cheval, et nous n’avions toujours pas discuté sur ce qu’il s’était passé. Nous avions tout juste sauvé nos vêtements, nous étions au milieu de nulle part, mais ma Dame ne semblait pas s’en faire, sûre d’elle et rayonnante.

« D’explication sur quoi ? Achamoth était une traîtresse, lorsque je l’ai démasqué, elle m’a fait arrêter, a invoqué un sortilège d’illusion et a essayé de faire en sorte que tu me tues. Tu connais la suite. J’ai fait ce que je devais faire, voilà tout. »

« Comment ça : voilà tout ? Je viens d’assister à un déchaînement de puissance tel que le monde n’en a jamais vu, et vous dites : c’est tout ? Ma Dame, qu’est ce que c’était que ces glyphes lumineuses ? »

« Des signes de pouvoir pour lier la force d’Achamoth. Je ne peux pas t’en expliquer beaucoup plus, c’est tout juste si j’ai compris comment les faire. »

«  Vous les avez appris avec Achamoth ? »

« Cela faisait partie de sa bibliothèque, au milieu de bien des bêtises. Cette femme était dangereuse : elle t’enseignait des demi-vérités qui au final t’éloignait bien plus de ta mission que de bons mensonges. J’ai utilisé une partie de son savoir contre elle. »

« Mais elle était une maîtresse dans cet art, comment l’avez-vous surpassé ? »

« Qui t’a dit que c’était moi ? »

Je réfléchis un instant. Puis je compris.  Notre ami commun. La Dame mit ses chevaux au galop et je tâchai de la suivre.

« Ma Dame, nous ne tiendrons pas longtemps à ce rythme. »

« Juste assez de temps pour atteindre le refuge qui m’a été montré. Ensuite nous nous dirigerons vers le fleuve, qui nous amènera à notre prochaine véritable destination. »

« Qui est ? »

« Ierosalam. »

Surpris, je faillis tomber de ma selle. Mon cœur battait si fort que j’avais envie de vomir.

« La Capitale de l’usurpateur ?! Vous voulez lui faire une déclaration de guerre bien en face ? »

« Oui. »

« Et vous avez une armée qui vient avec vous ? »

« J’ai toi. »

« C’est peu ! »

« C’est suffisant »

« C’est une folie ! »

« Notre quête entière est une folie. »

« Nous allons mourir ! »

« Mon époux aussi est mort. »

« Je ne veux pas y aller ! »

« Mais tu me suivras. »

« Pourquoi ? »

« Parce que j’ai besoin de toi. »

Qui était donc cette Dame nouvelle ? Avant d’entrer à la setch de Gnosis, elle était peu sûre d’elle-même, encore spontanée, et ressemblait davantage à une servante qu’à une reine. A présent c’était l’inverse. Elle commandait et prenait en main son destin. Je me sentais mal à l’aise.

« Ma Dame, comment avez-vous pu acquérir ainsi tant d’assurance ? »

« La Dame Achamoth m’a forcé à réfléchir à moi-même, ma mission et ce que je suis. Ce n’était pas volontaire pour elle, mais j’ai pris conscience grâce à cette sorcière que j’étais bien plus que ce que je croyais. Je vivais jusqu’à présent comme une fugitive. Je comprends à présent que je suis l’épouse de l’Empereur, héritière légitime du monde, impératrice du continent. Et j’ai l’intention que ce même monde l’apprenne et le sache. »

« Et moi alors, qui suis-je ? »

Elle me regarda, et vit la sincérité de ma question. J’étais en plein malaise, plus sûr de rien, et je cherchais un point de repère dans cette histoire qui tournait à la quête volontairement sabotée.

« Hermas, cesse de te considérer comme un esclave de mine qui aurait volé son armure. Tu es le défenseur de la Dame, le Protecteur de la Reine. Tu n’es plus esclave. Tu es chevalier de mon époux, et j’entends que tu te comportes comme tel. Là où je vais, je ne pourrai pas forcément me protéger contre les lames et les flèches. Ton rôle sera essentiel là-bas, et ton bras va me donner la sécurité nécessaire pour réussir. »

« Ce n’est donc pas en vain que j’ai appris de Dùnatos… »

« Dùnatos était une brute rebelle, mais ce qu’il t’a appris m’est très précieux. Défenseur de mon nom, accepteras-tu de me servir par ton bras et ton épée, jusqu’à ce que l’Usurpateur soit renversé ? »

« C’est acquis depuis Hevel, ma Dame. »

« Et c’est exactement pour cela que nous vaincrons. »

« J’aimerais avoir votre assurance. »

« Je te demande seulement ton obéissance. »

Et c’est ainsi que nous nous sommes dirigés vers Ierosalam, la capitale de l’Usurpateur, la Grande Ville qui rassemblait tous les vices et toutes les gloires de ce continent. Et j’avais peur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s