Il était une fois, dans un pays pas lointain du tout…

Il était une fois dans un pays pas lointain du tout, une jeune fille qui n’avait absolument rien d’une princesse et qui cherchait désespérément un prince charmant. Malheureusement, dans le pays où elle habitait, qui, je le souligne au passage, n’était pas magique le moins du monde, ça n’existe pas, les beaux princes charmants parfaits et tout et tout ! Alors, comment faire ?

Elle eut soudain une idée. Elle savait qu’il existait quelqu’un qui avait fabriqué et mis au point le monde entier dans lequel elle vivait. Lui saurait sûrement lui expliquer comment faire pour trouver le prince de ses rêves ! Mais voilà : comment allait-t-elle réussir à trouver ce fabriquant ? C’est alors qu’a débuté pour elle une grande quête…

Elle commença par interroger les personnes de son entourage, surtout les personnes de confiance, pour savoir ce qu’elles en pensaient. Mais les  réponses qu’elle obtint la plongèrent dans le plus grand désarroi. En effet, beaucoup lui répondirent que ce grand concepteur n’existait pas, d’autres pensaient que, de toute façon, son problème ne l’intéresserait pas, d’autres encore étaient convaincus que pour le voir, il fallait l’avoir mérité. Notre jeune fille n’était pas beaucoup plus avancée qu’au début… Elle décida quand même de suivre les recommandations de sa meilleure amie, qui lui avait conseillé de se rapprocher le plus possible du ciel, parce qu’un homme qui avait fait de si grandes choses (créer un monde, quand même, ce n’est pas rien !) devait lui-même être très grand, et c’est bien dans le ciel qu’il y a le plus de place.

Elle prépara donc un sac de voyage, dans lequel elle emmena tout ce qui lui semblait être le plus utile (dont la trousse à pharmacie la plus complète possible) et se mit en route, en se demandant bien où ce périple allait la mener. Elle comptait atteindre le sommet de ces monts bleutés qu’elle voyait se profiler sur le ciel brumeux depuis sa chambre. Mais, elle s’en rendait bien compte, ces montagnes étaient très éloignées de chez elle, et le voyage serait bien long. Mais elle désirait tellement savoir comment rencontrer le prince de sa vie qu’elle pensait que ça valait le coup d’essayer.

Elle se mit donc en route. Elle marchait d’un bon pas, du moins au début. Au fur et à mesure des kilomètres, du chemin, de la poussière, des cailloux, elle se sentait de plus en plus lasse et fatiguée. Normal, me direz-vous ! Une randonnée en montagne, c’est toujours crevant. Elle s’assit un moment pour se reposer, sortit sa gourde pour boire un coup. Elle commençait à se sentir envahie d’un terrible sentiment de déprime et de découragement. Elle avait à peine marché pendant une heure, elle n’en pouvait déjà plus, et les sommets bleutés semblaient toujours aussi loin… C’est alors qu’elle vit un autre randonneur gravir la pente et s’arrêter à son niveau. C’était un monsieur pas trop vieux encore, qui avait l’air de ces gens qui, dès qu’on les voit, nous semblent tout de suite sympathiques. Il salua notre amie, et demanda s’il pouvait s’asseoir à côté d’elle. Elle hocha la tête en signe de consentement.

« Ah ! Nous avons vraiment un monde magnifique, n’est-ce pas ? », s’exclama-t-il, en regardant la nature autour de lui. C’était étrange ; cet homme avait prononcé cette phrase comme un artiste le dirait de son œuvre.

« -Oui, c’est vrai, concéda notre héroïne. Mais je crois qu’il y manque aussi beaucoup de choses et qu’il est loin d’être parfait.

-Peut-être était-il parfait au départ, » répondit l’homme pensivement, presque plus pour lui-même.

Plus la jeune fille l’observait, plus ce monsieur lui semblait bizarre. Il était habillé tout en blanc, casquette, jogging, chaussures de randonnée, même son sac était blanc. Avec le soleil, il brillait presque. En tout cas, on pouvait le repérer de loin. Il avait des yeux marron presque jaunes, qui brillaient presque tout autant que ses vêtements. Et sa voix… Une voix profonde, grave, mais douce, et amicale.

« -Mais dites-moi, qu’est-ce qui vous amène par ici ?, reprit l’homme. Vous n’avez pas vraiment l’air d’être là seulement pour profiter de la nature, mais vous semblez chercher quelque chose. »

Il avait tout deviné. La jeune fille en était toute surprise.

« – Oui, en effet… Mais c’est une assez longue histoire… Enfin… »

Soudain, notre amie fit quelque chose que jamais elle n’aurait pensé faire : elle raconta tout à ce monsieur qu’elle ne connaissait absolument pas et demanda conseil à cet étranger. C’est vrai qu’il inspirait confiance, cet homme, et il semblait avoir beaucoup de connaissances et de sagesse. Lui l’écouta avec attention, et semblait touché qu’elle lui ait exposé son problème. Une fois qu’elle eût fini son histoire, il réfléchit un moment, puis dit :

« -C’est effectivement une très bonne initiative que de questionner le Grand Concepteur à ce sujet. Il est le seul à savoir comment se débrouiller parfaitement dans ce monde et être heureux. Malheureusement, peu de personnes ne l’écoutent et ne font cas de ce qu’il peut leur expliquer. »

« Peut-être que s’il était plus facile à rencontrer, ça ne se passerait pas comme ça », se dit la jeune fille.

« Mais il est très facile à trouver !, s’exclama le monsieur, comme s’il connaissait exactement les pensées de notre amie. Il suffit de vouloir le rencontrer et lui faire confiance, et alors il se présente à nous ! En tout cas, pour le problème qui te concerne, je peux te donner quelques conseils. Tout d’abord, il te faut beaucoup de patience. Ensuite, il faut te faire à l’idée que l’homme  « parfait » n’existe pas, donc ton prince aura quelques défauts qu’il te faudra supporter… Enfin, tous les deux vous devrez avoir une même vision et les mêmes projets. »

Aïe aïe aïe… Ça n’avait vraiment pas l’air simple… Rien à voir avec les belles princesses qui trouvent leur âme sœur en un claquement de doigt et qui vivent heureuses pour le restant de leurs jours ! La jeune fille savait bien que dans son monde pas féérique du tout, les choses ne se passaient pas comme ça. Mais elle aurait bien voulu quand même…

« De toutes façons, reprit l’homme, si tu as un quelconque doute, parles-en au Grand Concepteur. Il t’écoutera très attentivement et te montrera la réponse si tu te laisses guider par lui ! »

Notre héroïne soupira, haussa les épaules, et allait poser une question mais le monsieur était déjà parti. Bon, au moins, elle savait qu’elle n’avait pas besoin de continuer son voyage plus longtemps, mais elle ne se sentait pas vraiment plus avancée. Enfin, le monsieur avait parlé de confiance et de patience. Sans doute avait-il raison.

Elle reprit donc sa route, mais dans l’autre sens cette fois, en se disant qu’il faudrait vraiment qu’elle rachète des chaussures de randonnée parce que celles-là commençaient à lui faire mal aux pieds. Elle passa à côté d’un petit ruisseau où elle s’arrêta un moment pour tremper ses pieds tout rouges et plein d’ampoules dans l’eau fraîche. Elle ne s’aperçut qu’après un moment qu’un jeune homme faisait exactement la même chose en face d’elle. Lui aussi l’aperçut et lui fit un sourire. Il hésita, puis traversa le petit cours d’eau en sautillant sur des pierres.

« Bonjour ! », lui lança-t-il, timidement.

La jeune fille lui rendit son sourire. Ce jeune homme devait avoir à peu près son âge, mais il n’avait rien de tellement étrange ni bizarre comparé au monsieur qu’elle avait croisé juste avant. Juste un gars ordinaire.

« Vous faites une randonnée pour admirer tous ces beaux paysages ?, demanda-t-elle.

-Oui, enfin non, pas vraiment… Tout du moins, ce n’est pas, ou plutôt ce n’était pas mon but principal. Enfin, c’est une longue histoire… En fait, ça va sûrement vous paraître bête et ridicule, mais j’aimerais beaucoup trouver la belle princesse qui m’est destinée, mais de nos temps ce n’est pas très facile… Alors j’ai pensé demander conseil à celui qui a fabriqué notre monde (je ne sais pas si vous en avez entendu parler), parce qu’étant donné que c’est lui qui a tout conçu, il doit bien savoir ce qu’il faut faire dans ce cas-là… Mais comme je ne savais pas du tout où il habite, un ami m’a conseillé de me rapprocher le plus possible du ciel, parce qu’un homme qui avait fait de si grandes choses (créer un monde, quand même, ce n’est pas rien !) devait lui-même être très grand, et c’est bien dans le ciel qu’il y a le plus de place. J’ai donc entrepris d’atteindre les monts bleutés qu’on aperçoit au loin, là-bas, mais c’est un voyage très long et difficile… A un moment donné, j’étais tellement fatigué et découragé que je me suis arrêté pour me reposer, et j’ai alors croisé un monsieur un peu bizarre mais très gentil qui m’a donné des conseils pour trouver celle que je cherchais. Il avait l’air de vraiment bien connaître le Fabricant de notre monde. J’ai donc décidé de rentrer chez moi, et là je faisais une petite pause au bord du ruisseau pour rafraîchir un peu mes pieds. –Entre nous, il faut vraiment que je rachète des chaussures, parce que celles-là commencent à… »

La jeune fille l’interrompit et s’exclama :

« Ça alors ! C’est exactement comme moi ! Sauf que moi, je recherche mon prince charmant, bien sûr. Mais, j’ai une idée ! On pourrait chercher ensemble ! »

L’idée plut au jeune homme. Ainsi, ils pourraient s’encourager, se rappeler l’un à l’autre les conseils du monsieur, et pourquoi pas interroger le Grand Concepteur ensemble.

Ils se mirent donc en route tous les deux. Ils discutèrent ensemble, apprirent où ils vivaient, se rendirent compte qu’ils étaient de deux villages voisins. Ils échangèrent sur leurs goûts, elle préférait le fushia, lui le bleu marine ; elle aimait la confiture d’ananas, lui mangeait volontiers de la confiture de fraises ; par contre, ils aimaient tous les deux monter à cheval. La jeune fille se rendit compte que le jeune homme aimait qu’on l’écoute alors que lui n’écoutait pas toujours, mais il avait l’air très attentionné et prêt à aider. Le jeune homme s’aperçut que la jeune fille se montrait parfois un peu trop autoritaire et ne supportait pas qu’on ne fasse pas ce qu’elle avait décidé de faire, mais elle avait l’air très courageux et persévérant.

Quand ils eurent atteint le village, ils avaient déjà appris beaucoup de choses l’un sur l’autre et étaient tristes de devoir déjà se quitter. Mais ils se revirent très souvent dans les jours suivants, et avaient tant de plaisir à rester ensemble et discuter de choses et d’autres qu’ils en oublièrent leur quête de l’âme sœur. Jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où la jeune fille se demanda si le jeune homme n’était pas son prince charmant, et où le jeune homme se demanda si la jeune fille n’était pas sa belle princesse. Chacun de leur côté, dans leur cœur, ils posèrent donc la question au Fabricant du monde. Le lendemain, ils apprirent qu’ils avaient tous les deux le même projet pour leur vie : rester dans leur village pour enseigner les enfants à ne pas oublier de demander conseil et de se laisser guider par le Grand Concepteur. Ils échangèrent alors un regard qu’ils comprirent l’un et l’autre, et décidèrent de se marier…

Voilà donc l’histoire ordinaire d’une rencontre unique entre un prince ordinaire et une princesse ordinaire… Mais quand on fait confiance au Grand Concepteur, tout devient extraordinaire et on n’est jamais déçu !

Par Anne-Sophie : http://ecrirepourlui.blogspot.fr/

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