Classiques, Poésie

Ballade des Clairons (par Francine Descartes)

 

Dieu fait des vents ses messagers.
Froids aquilons, bourrasques vives,
Il les envoie sur leurs trajets,
Ouvrir des oreilles rétives.
Entendez-vous cette missive,
Brisant l’échelle de Beaufort ?
C’est la tempête qui arrive…
Clairons du Grand Roi : Soufflez fort !

Devant des peuples saccagés
Par leur élite corrosive,
L’orage seul peut dégager
Une atmosphère maladive :
Contre l’orgueil le Ciel s’active,
Il démolit le château-fort
De nos pensées, et les captive.
Clairons du Grand Roi : Soufflez fort !

Debout sur le flot enragé,
Jésus ouvre une aile affective
Au cœur qui fond dans le danger.
Il n’est pour lui âme fautive
Qu’en son amour il ne poursuive.
Le frêle esquif à la dérive,
A beau ramer avec effort,
Sans lui à bord, oublie la rive !
Clairons du Grand Roi : Soufflez fort !

ENVOI

Pour affermir ma vie craintive,
Me secouer d’un vain confort,
Rendre ma foi plus attentive,
Clairons du Grand Roi : Soufflez fort !

Francine Descartes

Ce poème a remporté le 1er prix  (à égalité avec Lisa-nina) de notre concours de poésie, vous pouvez le retrouver dans notre eBook gratuit Lueurs dans la Tempête.

La Ballade désigne, au sens ancien, un poème médiéval à forme fixe composé de trois couplets et d’une demi-strophe appelée envoi, chacune étant terminée par un vers refrain, qui rappelle la forme chantée des origines. L’histoire de la poésie retient en particulier les ballades aux strophes carrées (le nombre de vers est égal au nombre de syllabes de chaque vers) de huit ou dix vers et aux thèmes très variés.
Lire la suite sur Wikipédia.


Je ne résiste pas à l’envie de vous mettre ici la ballade du très célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand (acte I scène IV).

Cyrano fermant une seconde les yeux.
Attendez!… Je choisis mes rimes… Là, j’y suis.

Il fait ce qu’il dit, à mesure.

Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l’abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon ;
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmidon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche !

Premier engagement de fer.

Vous auriez bien dû rester neutre ;
Où vais-je vous larder, dindon ? …
Dans le flanc, sous votre maheutre ? …
Au coeur, sous votre bleu cordon ? …
– Les coquilles tintent, ding-don !
Ma pointe voltige : une mouche !
Décidément… c’est au bedon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche.

Il me manque une rime en eutre…
Vous rompez, plus blanc qu’amidon ?
C’est pour me fournir le mot pleutre !
– Tac ! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don :
– J’ouvre la ligne, – je la bouche…
Tiens bien ta broche, Laridon !
A la fin de l’envoi, je touche.

Il annonce solennellement :

Envoi

Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j’escarmouche,
Je coupe, je feinte…

Se fendant.

Hé! Là donc !

Le vicomte chancelle, Cyrano salue.

A la fin de l’envoi, je touche.

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