Défis d'écriture, concours, jeux, Participations

Le tableau

Par Micheline Boland

En réponse au défi d’écriture #15 : Tout est accompli, levons-nous !

Quarante minutes offertes avant de rejoindre la gare. Violaine marche sans se presser. Elle a envie d’observer quelque chose des beautés de cette ville qu’elle connaît à peine. Elle suit des promeneurs. Elle remarque de jolies façades, des bacs de fleurs à l’entrée du piétonnier. Elle aperçoit des éléments charmants du décor, charmants, mais somme toute plutôt banals.

Elle agit comme la plupart des flâneurs. Elle traverse le passage clouté, puis se dirige vers l’église, monte les quelques marches, ouvre la porte. Devant elle, se révèle le calme de l’immense bâtisse. Les murs en pierre grise sont recouverts de tableaux à certains endroits. Dehors les bruits de la circulation, dedans la quiétude. L’ambiance est reposante et cela enchante Violaine. Elle lève la tête. Le plafond est très haut. L’architecture lui fait penser à celle d’un édifice baroque. Le tout est éclairé par la clarté du jour qui pénètre grâce aux vitraux. Le silence en impose. Tout semble si serein.

 Violaine avance à petits pas dans l’allée centrale. Elle s’arrête de temps à autre, regarde à droite et à gauche les peintures comme elle le ferait sans doute si elle se trouvait dans un musée. Elle s’approche d’un tableau représentant la résurrection du Christ. L’artiste a utilisé beaucoup de blanc. Jésus sortant du tombeau est éblouissant. Il est vraiment le Messie. Elle est fascinée, rassurée, réconfortée. Quelques minutes plus tôt elle était encore plutôt triste et sans grand espoir. La journée de formation n’avait pas vraiment tenu ses promesses. Elle n’avait guère eu l’occasion d’échanger avec des participants et cela la décevait. D’un coup, elle vibre, se sent vivante, pleine d’espoir. Elle secoue la tête. La fatigue liée aux exposés écoutés durant toute la journée lui jouerait-elle un vilain tour ?

Lui reviennent soudain en mémoire des passages des Évangiles. Elle s’approche un peu plus. Chaque pas qu’elle fait renforce son assurance. Elle frémit de bonheur. Pourquoi n’est-elle pas entrée plus tôt ici ? Pourquoi n’a-t-elle profité le matin de son quart d’heure d’avance pour y venir ?  Il lui apparaît clairement que cette visite est une sorte de miracle. Sa respiration s’est apaisée. Son cœur et ses yeux s’ouvrent.

Plus tard, quand elle monte dans le train, son désappointement s’est dissipé. Lorsque le train roule, le paysage est métamorphosé. Quand elle ferme les yeux, elle revoit la peinture, elle repense aux moments passés dans l’église. Elle prie durant quelques instants. Oui, Jésus est bel et bien la lumière du monde.

Micheline Boland

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