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Défi d’écriture #16 – Le chercheur de trésor

Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches.
Matthieu 13 v. 31-32

Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Il a trouvé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et l’a achetée.
Matthieu 13 v. 44-45

Bonjour à tous ! Je vous propose un défi participatif un peu particulier, que je peux décrire de la façon suivante :

Défi d’écriture #16 : À partir des paraboles sur le royaume des cieux, et plus précisément des passages de Matthieu 13.31-32 et 44-45, écrire une histoire collaborative, chacun y insérant sa plume, son style, sa forme littéraire, tout en poursuivant le même fil.

Je peux résumer ce fil en trois parties :

  1. Chercher – espérer : L’idée est celle d’une personne qui n’a pas de but, qui est dans une attitude de découragement… Elle trouve ou voit quelque chose d’assez insignifiant.
  2. Semer – donner : À partir de ce peu qu’elle trouve, elle a une action vers l’autre.
  3. Récolter – s’enrichir (au sens large) : ce mouvement va l’amener à s’enrichir et enrichir d’autres.

Vous pouvez poster votre contribution de différentes manières :

  • directement dans les commentaires ci-dessous. C’est l’option à privilégier et la plus simple pour nous.
  • en publiant un article sur Plumes Chrétiennes (pour les auteurs du site) ou sur votre blog personnel.
  • en envoyant votre texte à plumeschretiennes@gmail.com

Merci de préciser à chaque fois la dernière phrase de l’auteur précédent !

Aussitôt reçue et validée, votre contribution apparaitra dans le document ci-dessous (visible aussi en suivant ce lien) :

Comme vous le voyez, je propose moi-même le début de l’histoire. A vous d’imaginer la suite !

Il y a évidemment la possibilité d’effectuer plusieurs « tours » d’écriture (et c’est souhaitable) pour aboutir à une histoire à la fois consistante et cohérente et qui reflèterait aussi les variations de styles et de formes d’imagination de chacun et chacune. Ce qui est intéressant, c’est de ne pas aller jusqu’au bout de son idée… mais de permettre à l’autre de trouver sa propre inspiration à partir du petit pas que nous faisons.

Et si quelqu’un écrit la suite en même temps que moi ?

En effet, cela peut arriver. Avec David, nous allons mettre à jour l’histoire le plus rapidement possible, mais si cela arrive quand même, nous mettrons les deux « suites » dans deux colonnes différentes. Ainsi, l’auteur suivant pourra choisir laquelle il préfère pour continuer !
Pensez aussi à jeter un coup d’œil aux commentaires.

En musique

10 réflexions au sujet de “Défi d’écriture #16 – Le chercheur de trésor”

  1. Arthur est découragé…
    Soudain un hurlement strident. Arthur scrute du regard, tend l’oreille :
    – C’était quoi ça ? Un animal ?
    Il se dirige vers la rivière.
    – Ca vient de là, se dit-il.
    Il avance doucement, silencieusement sur le chemin caillouteux. Les ronces griffent son visage.
    Arthur a un peu peur. Mais qui n’aurait pas peur à sa place ?
    Il fait nuit noire. Une chouette hulule.
    Quelque chose frôle Arthur. Un grognement retentit; lugubre; terrifiant. Un souffle tout près, très proche.
    Le jeune homme sursaute.

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  2. Le jeune homme sursaute. Il recule brusquement de plusieurs pas. Cela pourrait être une chauve-souris. Mais Arthur regarde National Geographic Wild tous les lundis à 21H00, en sirotant une limonade à la fraise. Il sait donc qu’une chauve-souris émet des cris ultrasons à intervalles réguliers : elle ne hurle pas et ne grogne pas. Et ce souffle… Il essaie de se souvenir des différents documentaires déjà visionnés, mais cela ne correspond à rien de connu.
    C’est alors qu’une ampoule électrique s’illumine au-dessus de sa tête. Et s’il utilisait sa lampe de poche ? Cela peut paraître évident, mais c’est parce que vous ne connaissez pas encore Arthur. Il avait complètement oublié cette petite lampe, parce qu’il marche toujours dans le noir et ne l’utilise jamais. Il est fasciné par l’obscurité et les ombres ; il dit que dans la nuit, au moins, tous les gens sont noirs et égaux.
    Un petit clic retentit dans la nuit et la lampe émet une pâle lumière blanche. Arthur se dit que c’est un miracle. Il n’était même pas sûr d’avoir inséré les piles. Il balaie l’espace. Ce n’est pas si désagréable, la lumière ! Il sent qu’il est tenté par l’émerveillement. Cela lui fait peur, alors il se rappelle très vite son effroi. Le hurlement et la terreur.
    Ses gestes frénétiques ont bien du mal à percer l’obscurité. Il a acheté la lampe de poche sur AliExpress et elle a mis trois mois pour arriver. Sa mère lui a dit que c’était la vitesse de la lumière. Il n’a pas ri. Cela fait longtemps qu’il ne rit plus. A quoi cela sert-il ? Quand le soleil se lèvera demain, il sera déjà loin.
    Enfin, la lampe de poche éclaire quelque chose. Une patte noire prise dans des mâchoires d’acier. Arthur lève doucement sa lampe et retient un cri de surprise. Les deux yeux brillants d’un renard blessé sont fixés sur lui.

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  3. Les deux yeux brillants d’un renard blessé sont fixés sur lui. L’animal retrousse les babines et pousse un léger grognement. Arthur se fige et reste un moment à observer l’animal. Face à cette bête apeurée et vulnérable, son cœur se met à battre… Fuir ? Libérer le renard ? Mais comment ?
    Il recule légèrement, s’accroupit, et regarde autour de lui. Hormis le halo de lumière formé par sa lampe, tout est sombre, uniforme, inquiétant comme un trou noir et obscur… Mais petit à petit, ses yeux s’habituant à l’obscurité, il remarque les ombres des branches et les trouées d’une obscurité plus claire entre les arbres. Bizarrement, il ressent une sorte de soulagement. Le renard a cessé de grogner, mais ses muscles sont tendus, son corps aux aguets. Arthur, tout doucement, dans un léger crissement, s’assied à même le sol sur les brindilles et les feuilles. Il éteint sa lampe.
    Dans l’ombre, l’animal relâche la tension. La nuit est douce. Les feuilles bruissent doucement. La présence du renard à ses côtés rassure Arthur. Il n’est plus seul dans la nuit. Il était parti dans le noir de la forêt comme pour retrouver la noirceur qui envahit son cœur. Là, à côté de cette bête piégée qui s’est apaisée, il se détend. Et le jeune homme, pourtant fasciné par la nuit et ses ombres, a hâte de voir le jour se lever…

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  4. Et le jeune homme, pourtant fasciné par la nuit et ses ombres, a hâte de voir le jour se lever… Dans l’attente, le renard et lui restent assis face à face dans l’obscurité. Ils ne voient plus, mais s’entendent. Le dialogue s’installe en dehors des mots, à travers le bruissement poétique de la forêt.
    « – Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
    – Je suis un renard, dit le renard.
    – Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
    – Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé. »
    Ces mots résonnent dans la tête d’Arthur. Sa mère lui a lu au moins dix fois le Petit Prince quand il était enfant. Un jour, elle lui a dit que c’était parce qu’il était son Petit Prince. Cela lui avait fait comme un petit pincement de bonheur (mais il ne l’a jamais dit à personne, alors ne le répétez pas). Une larme salée coule sur sa joue. Le renard en profite pour s’approcher.
    « Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
    – C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
    – Créer des liens ? »
    Arthur rallume la lampe de poche. Le renard a un brusque mouvement de recul.
    – Ne t’inquiète pas. C’est bon, j’ai compris, je veux bien créer des liens, mais je n’ai pas beaucoup de temps.
    Ses mains s’approchent du piège qui emprisonne la patte cassée du renard. Il a la couleur inquiétante du sang séché. Arthur se ravise au dernier moment. Le renard gémit de déception.
    – OK, je ne peux pas enlever ce piège. Tant pis, tu vas devoir venir avec moi.
    Arthur marche maintenant à vive allure avec une boule rousse blottie dans les bras. Il s’était juré de ne pas faire demi-tour et c’est exactement ce qu’il est en train de faire. Il aurait mieux fait d’écouter sa mère : elle lui disait toujours de ne pas jurer, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est un escabeau sous les pieds de Dieu… Il soupire en pensant qu’elle lui avait lu la Bible encore plus souvent que le Petit Prince…
    Les braises rouges de l’aube commencent enfin à enflammer le ciel tout entier. Arthur sait très bien où il va, maintenant : la clinique vétérinaire de son oncle. Celui-ci dort peut-être encore, mais en insistant un peu sur la sonnette…

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  5. Celui-ci dort peut-être encore, mais en insistant un peu sur la sonnette…
    Dring, dring !
    Arthur sursaute. Il avait oublié la mélodie singulière de la sonnette. La Marseillaise retentit sur le perron. Arthur se trouve propulsé mentalement sur la place du monument aux morts un 11 novembre.

    – Il ne manque plus que les drapeaux tricolores, les anciens combattants et les enfants des écoles… dit-il au renard.

    L’oncle Pascal apparaît en pyjama rayé dans l’embrasure de la porte, le crâne tout ébouriffé. Être réveillé aux aurores ne semble pas l’avoir mis en colère. C’est vrai que cet oncle original est plutôt cool, rarement de mauvaise humeur.

    – C’est pourquoi ? demande-t-il en baillant. Oh Arthur, c’est toi ? Mais que fais-tu ici ? Et c’est quoi cette boule de poils que tu tiens dans les bras ?
    – Un renard, oncle Pascal. Il faut que tu le soignes, vite !
    – Tu en as de bonnes, toi ! Tu ne peux pas attendre comme tout le monde que la lumière du soleil éclaire mon bol de café au lait ?
    – Non ! S’il te plaît oncle Pascal, insiste Arthur. Il souffre énormément. Regarde : le sang a déjà séché sur la plaie. J’ai peur que la blessure soit déjà infectée. Fais vite, s’il te plaît.

    L’oncle vétérinaire examine sommairement la patte blessée pendant que le canidé le regarde en dodelinant de la tête.

    – Hum. Bon. Installe-toi en salle d’opération. Je vous rejoins dans deux minutes.

    Soulagé, Arthur s’exécute. Il dépose délicatement l’animal sur la longue table de chirurgie. Il lui parle tout doucement en caressant sa tête, histoire de le rassurer. Le renard lui répond par un petit cri de reconnaissance… et d’amour…

    – Toi, tu n’es pas semblable aux autres humains. Tu possèdes en toi quelque chose d’unique qui attire mon cœur, semble-t-il dire.

    Il y a quelques heures encore, Arthur ignorait totalement l’existence du renard tandis que le roux goupil vivait très bien l’absence d’Arthur dans son existence sauvage. Chacun suivait son bonhomme de chemin, sans savoir jusqu’où il le conduisait.
    Deux mâchoires d’acier qui se referment brutalement dans la nuit ont suffi pour que deux solitudes se rencontrent au cœur de la forêt, s’apprivoisent jusqu’à devenir essentielles l’une à l’autre et renaître en amitié profonde.
    Arthur a les yeux humides. Il se sent subitement investi d’une responsabilité.
    Antoine de Saint-Exupéry ne disait-il pas : ’’Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé’’ ?

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  6. Antoine de Saint-Exupéry ne disait-il pas : ’’Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé’’ ?
    C’est étrange comme les mots de ce livre que son père lui avait offert pour ses sept ans reviennent à la mémoire d’Arthur. Ce père… trop vite disparu…
    Arthur entend son oncle lui parler, comme une voix dans le lointain dont il ne saisit pas tous les mots… C’est son père qu’il voit comme un songe…
    – Ouh, ouh ! Arthur !
    L’oncle Pascal rattrape son neveu de justesse avant qu’il ne tombe à terre. Il l’allonge sur la table d’examen à côté du renard endormi qu’il a placé dans une cage après l’avoir soigné. Arthur, comme une masse vient de plonger dans un sommeil profond…
    – « Dormir est un bon remède… » murmure l’oncle Pascal. Attendri il regarde son neveu… et dans ses traits apaisés par le sommeil il retrouve ceux de son jeune frère, au même âge… comme ils se ressemblent ! « Ah… mon p’tit Arthur, reprends des forces, et souviens-toi du courage de ton père, et de sa foi… »

    Après avoir pris sa douche, le docteur Pascal enfile sa blouse, et salue son assistante qui, ponctuelle et souriante pousse la porte.
    – J’ai deux invités surprise ! lui annonce-t-il. Ils dorment tous deux dans la pièce du fond, ne les dérangez surtout pas !
    Claire lui jette un regard surpris… Habituellement son patron n’est pas aussi guilleret… Gentil, courtois, d’humeur égale… mais cette gaité-là…
    – Ne faites pas cette tête-là ! Il ne s’agit ni d’un ours, ni de son dresseur… juste mon neveu, et un renard blessé que je viens de soigner.

    Dans les yeux du vétérinaire, il y a comme des étoiles qui scintillent.

    La matinée se décline en chiens blessés, chats écorchés, perroquets enroués, hamsters constipés, et autres bobos qui affectent nos animaux préférés. Le docteur Pascal n’a pas vu le temps s’écouler. Il est midi passé, Claire vient de quitter la clinique.
    Alors qu’il s’apprête à aller pousser la porte de la pièce du fond, Arthur apparait dans le couloir, l’air penaud, comme gêné…
    – Oncle Pascal
    – Oui, mon garçon…
    – Merci…
    – Mais je n’ai fait que mon travail… soigner un renard et dorloter mon neveu…
    – Je crois qu’il faut que j’appelle Maman… elle doit s’inquiéter, je suis parti sans rien lui dire.
    – Je l’ai appelée… oui elle était très inquiète. Mais je lui ai assuré que tu allais bien.
    – Dis…
    – ?
    – Tu crois, que moi aussi, je pourrais soigner les animaux ?

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