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Le monde a sonné la fin

Projeté dans une réalité parallèle,
j’admire la beauté du paysage.
Les avenues, les maisons, tout semble virtuel.
L’étonnement que je peine à cacher se lit sur mon visage.

Le monde a sonné la fin.

Un coin de paradis insulaire,
La perfection jusque dans les détails,
Et moi, comme si je profanais un sanctuaire,
Planté là, tel un épouvantail.

Le monde a sonné la fin.

L’homme a planté le décor
Sans laisser place à l’improvisation de la nature.
Il a voulu remporter tous les records,
Il a cherché à effacer toutes les ratures.

Le monde a sonné la fin.

Mais tout devient obscur.
La mer s’agite, elle n’est plus sage.
Le ciel a perdu son bleu azur.
La tempête emportera tout sur son passage.

Le monde a sonné la fin.

Les églises, habituellement vides, sont pleines.
Une dernière prière est récitée.
Des cierges allumés par centaines,
Des souvenirs du catéchisme presque envolés.

Le monde a sonné la fin.

Les tours érigées çà et là, témoins de la fameuse Babel,
S’effondrent une à une dans un vacarme assourdissant.
Pourquoi ne sommes-nous pas éternels ?
L’orgueil est au centre de ce chaos foudroyant.

Le monde a sonné la fin.

Le sage sur son bateau avait raison.
Les éléments se déchaînent progressivement.
Quelqu’un, là-haut, est dans une colère sans nom,
La fin comme réponse au dernier jugement.

Le monde a sonné la fin.

Les condamnés sont assis sur le banc.
Demain ne se lèvera pas.
L’odeur de la mort rôde entre les rangs.
L’obscurité régnera.

Le monde a sonné la fin.

Plus d’homme, plus de femme,
Tous égaux face à la grande faucheuse.
Juste des corps sans âme.
La perfection serait-elle vaporeuse ?

Le monde a sonné la fin.

Le verdict final est tombé.
Les gens crient, désemparés,
À un Dieu qui semble oublié,
Un Dieu qu’ils n’ont pas voulu rencontrer.

Le monde s’éteint.

Tant de perfection ainsi détruite.
Le paradis insulaire n’est plus.
Sans fin, l’homme répète dans sa fuite
Des erreurs qu’il perpétue et qui le tuent.

Ce n’était qu’une vision.
J’ai échappé à cette apocalypse.
Mais demain, à la télévision,
Les gens apprendront ce cataclysme.

La vie continue comme si de rien n’était…
Et c’est ainsi que le monde disparaît.

Aurélie Kläy

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