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Le Bruant, la Grue et la Laie Généreuse

Par Sylas, en réponse au défi fable

Tel, qui donne libéralement, devient plus riche ; Et tel, qui épargne à l’excès, ne fait que s’appauvrir. L’âme bienfaisante sera rassasiée, Et celui qui arrose sera lui-même arrosé.
Proverbes 11 :24-25 LSG 1910

Il est bien connu que Dieu veut offrir la Terre en partage,
Et que « l’égo capitalisable » nous invite à donner…
En vérité, quand dans les sociétés par Dieu l’homme fut créé,
Il l’invita aussi, dans ses plans, à partager son potage.
La richesse en ce monde n‘est pas conduite par les sages,
L’Amour n’existe que dans la joie et le partage :

À l’arrivée des jours d’hiver,
Dominés par le ralentissement de la course étoilée,
Sire Bruant des Neiges ainsi que Dame Grue Cendrée,
S’envolèrent vers la France profonde à l’affût d’une grange nourricière,
Pour y dormir et manger.

En effet, le vent des hivers de France est plus doux que celui des calottes ;
De même que le fruit du chêne vert n’est ailleurs de meilleure succulence,
Une fois construit par l’époque qui lui donne sa meilleure quintessence,
Pour céder aux oiseaux éperdus le droit de vibrer en zélote,
Dans les grands vents qui caressent leurs battements en cadence.

Cependant sur le chêne, un seul gland pendouillait :
Miroitant le soleil, reflétant l’abondance,
Intouchable de ses ailes pour un Bruant affamé,
Bien trop haut pour une Grue sans plus de force pour voler ;
Les deux oiseaux s’avancèrent pour absorber la substance.

L’un dit à l’autre, armé d’une ruse malfaisante :
« Je décrocherai le trophée, vous le remettrai en retour,
Une fois mis de côté, nous en briserons les contours,
J’en cliverai le noyau d’une découpe élégante,
Nous le digérerons, nous ronflerons, nous repartirons alentour. »

« Cela, dit la Grue, me paraît-être fort honnête.
Vous vous hisserez en hauteur, j’en appellerai au cheval,
Qui une fois bien cabré, deviendra votre cale,
Pour escalader notre faîte,
Et mettre fin à notre mal. »

Aussitôt au sommet, que Bruant fut en fête,
Fissurant la coquille, il grippa le contenu,
Goûta la friandise, avala le fruit nu,
Qui bien trop vert sur la branche, lui fit vomir sa dinette,
Bruant chuta comme un manche, sans espoir d’être vu.

Désenchantée du méfait, Dame Grue fit grise mine :
Affamée à l’extrême, elle maudit le passereau,
S’endormit sous des feuilles, s’en couvrit jusqu’en haut,
Pour chauffer son plumage et oublier sa famine ;
De sa bauge arriva, ladite laie au groin chaud,
À l’affût d’un chêne vert, pour sevrer ses marmots,
Et fabriquer du lait chaud, en digérant quelques glands.

Le chaste fruit de saison, sous les feuilles, abondant,
N’échappa guère à ce flair perspicace tel un chiot
Qui alerte de toute graine et partage l’excédent.

Tel fut donc le nourrir de l’oiseau désœuvré,
Qui déjà famélique motivait l’indulgence,
Le gibier au bon cœur répartit sa pitance,
Le bonheur du partage construisit l’équité,
Le partage des dons effaça les carences.

L’Ecclésiaste le précise qu’aujourd’hui comme demain,
Un empire s’efface, un même autre intervient ;
On refuse à sa table son voisin frontalier,
On lui veut son jardin, on ravage ses vergers ;
On saisit ses greniers par force et puissance,
On contrôle toute chose par désir d’abondance,
On use même de malice pour arriver à ses fins,
À la fin dame malchance, tu domines mon destin.

Celui qui égare les hommes droits dans la mauvaise voie tombe dans la fosse qu’il a creusée ; Mais les homme intègres héritent le bonheur.
Proverbes 28.10 (BFC)

Sylas

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