Acte IV
Premier tableau
Abords du champ de bataille. On entend des bruits de guerre au loin. Une tente ouverte dans laquelle Myriam soigne Noam, blessé.
Scène première
MYRIAM – NOAM
MYRIAM
Avec le bras bandé de cuir et de charpie,
La chair débarrassée du fer qui t’estropie,
De ce brancard bientôt tu pourras te lever,
Mais un mois de repos tu devras observer.
NOAM
Merci, belle Myriam, de ta douce main pure,
Tu as avec amour traité cette blessure.
Autrefois nous courrions tous deux sur les chemins,
Pillant les voyageurs, méprisables vauriens,
D’espérance et de foi nous ne possédions guère,
Et notre destinée se joue dans cette guerre.
Te souviens-tu du jour où tu me fis lier ?
Ton père, assurément, m’aurait sacrifié.
Alors qu’il méditait sa cruelle vengeance,
Tu t’émus de mon sort et tu pris ma défense,
Et ta dague trancha mon cordage serré,
Bonté qui me sauvait. Secours inespéré.
MYRIAM
Tu avais grand motif de me cracher ta haine,
Mais sans penser à toi, tu pris soin de ma peine.
Tu sus lire en mon cœur, mes craintes soulager,
Conseiller mon amour égaré, partagé.
NOAM
N’avais-tu pas raison de m’écouter, la belle,
Et n’as-tu pas trouvé, gracieuse hirondelle
Celui qui pour la vie se tient prêt à t’aimer ?
MYRIAM
En effet.
NOAM
Nous voici fort vaillamment armés.
Nous avons, tous les deux, réformé notre vie.
Regrettes-tu la voie que nous avons choisie ?
MYRIAM
Nous savons désormais pour qui nous combattons ;
Pour le Dieu d’Israël armons-nous et luttons.
NOAM
Quel bonheur ! quelle gloire de servir la patrie
Qu’importe si mon corps, si ma chair est meurtrie !
Que ne suis-je d’ailleurs cent fois tombé, blessé,
Si par tes jolies mains mes maux fussent pansés !
MYRIAM
Ne fais donc pas l’enfant.
Scène II
MYRIAM – NOAM – JEPHTÉ
JEPHTÉ
Myriam, jeune guerrière,
Te voici revêtue de l’habit d’infirmière
Et je te trouve habile en réparation.
MYRIAM
Soulager les douleurs, c’est ma vocation.
NOAM
Je suis remis à neuf et prêt pour la bataille.
MYRIAM
Retourner au combat ? Mon ami, tu me railles !
Voudrais-tu recevoir une blessure encor ?
L’heure est venue pour toi de retourner au port.
JEPHTÉ
Oui, ma fille a raison. Pour défendre nos vies
Contre ces oppresseurs, face à leur barbarie
Tu n’as pas hésité à courir au trépas ;
Jamais tu n’as eu peur de périr au combat.
Pour trouver le repos il te serait fort sage
De revoir ton épouse et tes fils au village.
Pour cette vieille affaire de butin détourné,
Comme à tes compagnons, mon cœur a pardonné.
NOAM
Je le crois, car tu sers le Dieu de la justice,
Tu as mis ton épée, ta lance à son service
Et ce Dieu véritable a transformé ton cœur.
En de nobles héros il change les voleurs.
MYRIAM
Oui, servir l’Éternel est chose merveilleuse,
Il m’a donné la paix, il m’a rendue heureuse.
Je ne suis plus perdue, seule et privée d’amis.
Répondant à ma plainte et sensible à mes cris,
Il a fait de Myriam une autre créature
Et mis un baume exquis sur toutes mes blessures.
J’aime le Dieu vivant et je suis tout à lui.
JEPHTÉ
Prête à mourir pour lui, s’il le fallait ?
MYRIAM
Oh oui !
(Entre Malek.)
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