Le peuple qui vit·Prose·Roman

Chapitre 1 – Fernande, ou les feuilles mortes

Carnet d’Élie : Avril. Pas de pluie depuis le 14 mars. Vent du nord, faible. 22 degrés. 1026 hPa.


Mon père s’appelle Élie Veyrac. Si vous êtes des Causses ou des Cévennes, vous avez déjà entendu son nom sur les marchés et aux comptoirs des bars de village. Il a fait les titres des journaux pendant des mois, et chacun avait quelque chose à dire sur lui, surtout ceux qui ne l’avaient jamais croisé.

Il est en prison depuis mars. Nous nous écrivons assez souvent. Il me parle d’un codétenu qui lui a appris à jouer aux échecs, de la nourriture et de ses lectures du soir. Dans sa dernière lettre, il s’inquiétait : étais-je retournée au Roc Blanc ? J’ai répondu que non. Je ne peux pas encore tout lui dire.

Il a quarante-cinq ans et, jusqu’à l’automne dernier, il était l’un des hommes les plus droits et les plus respectés de la région. Puis il a perdu son troupeau, et en mars tout le reste. J’avais vingt-quatre ans et je n’étais pas là.

J’ai vingt-cinq ans aujourd’hui et j’étudie aux Beaux-Arts de Marseille. J’ai d’abord essayé de reconstituer son portrait par le dessin, sans douter un instant de réussir : mon père me semblait le modèle le plus facile du monde, tant il m’était familier. J’ai gâché trois mois de ma vie et des kilos de papier. De chaque feuille, il sortait avec le visage d’un autre, ou avec le mien. Un de mes professeurs, effaré sans doute par ma triste mine, m’a dit :

— Veyrac, vous ne connaissez pas votre sujet aussi bien que vous le croyez. Il va finir par vous épuiser. Allez demander à ceux qui l’ont connu ce qu’ils voyaient, et revenez avec ça.

Alors j’y vais, avec un carnet de croquis, un sac de crayons et la morgue de mon âge, déjà bien écornée. Je veux en rapporter vingt-quatre portraits qui formeront peut-être un roman (si je vais jusqu’au bout, il s’appellera Le peuple qui vit).

Ce que ces rencontres feront apparaître, je l’ignore. L’amour m’a longtemps tenue trop près de papa pour que je saisisse vraiment les traits de son visage.


On a enterré la Costes en mai. Ce jour-là, le ciel de Lapanouse était drapé de gris et de plomb, et le vent balayait le causse en couchant les herbes sur la terre sèche. Je suis arrivée en avance : les fossoyeurs achevaient de creuser la fosse et leurs pelles heurtaient parfois le calcaire avec un bruit dur. Ils travaillaient sans se parler. De temps à autre, l’un d’eux essuyait son front du revers de la main.

Je me suis arrêtée près d’un chêne centenaire qui dominait le cimetière. Son écorce était crevassée, et ses feuilles remuaient au-dessus des morts avec un bruit de pluie. Un grand chien blanc tacheté est venu se coucher à mes pieds. C’était Noé, le chien de chez nous, qui était encore chiot quand je suis partie. Il avait dû faire seul les deux kilomètres par le raccourci. Il tenait la tête dressée, mais jamais du côté de la fosse.

Ma mère m’a rejointe sans un mot ; mes frères étaient restés au Roc Blanc. Les gens arrivaient par petits groupes. Ils se reconnaissaient de loin, s’appelaient par leurs prénoms, se serraient la main. Il y avait là des hommes que la Costes avait connus enfants, des femmes à qui elle avait prêté quelque chose, des voisins qui lui avaient confié leurs bêtes. On se rappelait des choses minuscules, et c’était comme si elles étaient plus réelles que les autres.

Germain se tenait près du cercueil. Il avait rentré ses larges épaules dans son veston et gardait les yeux fixés sur la croix discrète clouée sur le bois. Personne ne lui demandait comment il allait. Il aurait fallu, pour répondre, raconter soixante-neuf ans de mariage. Les condoléances ne sont pas faites pour cela. On lui touchait le bras, on murmurait quelques mots indistincts, puis on s’écartait.

Mon père aurait dû être là. Personne ne l’a dit à voix haute, mais son absence avait pris place parmi nous. La Costes l’avait connu avant qu’il devienne celui dont parlaient les journaux. Je me l’imaginais debout parmi les hommes, les mains croisées, embarrassé sûrement ; il n’aurait rien dit.

Le pasteur Portal s’est avancé avec sa petite Bible noire. C’était celui de la famille de ma mère, venu de Saint-Jean-du-Bruel dans sa vieille voiture grise. Quand il a prononcé son prénom, « Fernande », j’ai compris que je ne l’avais jamais entendu : au village, on disait la Costes, du nom de son mari. Il a posé le pouce sur le passage qu’il cherchait et lu d’une voix claire qui se perdait parfois. Je regardais les visages autour de moi. Certains écoutaient, d’autres avaient fermé les yeux. Une vieille femme remuait les lèvres. Germain ne bougeait pas.

Quand le cercueil est descendu, les cordes ont frotté contre le bois. Un homme a toussé. Quelqu’un a reniflé. Puis la première pelletée de terre est tombée. Elle retombait sur Fernande comme elle était retombée sur les semences et sur les bêtes mortes. Les fossoyeurs ont repris leurs pelles jusqu’à ce que le cercueil disparaisse. Nous sommes restés debout.

Je n’ai pas parlé à Germain ce jour-là. Ma mère m’a appris qu’il avait rejoint Fernande à la fin de l’été.


En octobre, je n’ai pas pu m’empêcher de retourner voir la maison de la Costes. Elle était vide depuis la mort de Germain. Les volets battaient au vent et les murs de calcaire commençaient à être gagnés par le lierre. Le toit de lauzes était intact. Rien ne bougeait derrière les vitres. Je me suis figée devant le vieux portail ouvert, sans oser avancer.

J’aurais pu repartir : qu’espérais-je trouver dans une maison à l’abandon ? Je me suis approchée. Les cailloux ont roulé sous mes semelles. Devant la fenêtre de la cuisine, j’ai eu le sentiment désagréable de commettre un interdit. J’ai regardé derrière moi : personne. J’ai posé mes mains de chaque côté de mon visage, contre la vitre.

Dans la pénombre, le grand buffet de résineux se tenait toujours contre le mur du fond. C’était là que dormait autrefois la photographie de Germain et de la dame au seau. Dans l’angle, la porte de la cave était entrebâillée.

Cela m’a ramenée soudainement dix-sept ans en arrière. J’avais huit ans quand j’ai découvert que la Costes ne plaisantait pas avec la pluie.

Un mercredi d’avril, maman m’avait demandé de lui porter un pot de confiture de rhubarbe. Des pissenlits jaunes d’or étincelaient au pied des murets de pierres sèches. Les premiers genêts avaient pris les talus d’assaut, avec leur odeur de miel brûlé. Une poussière fine se levait en rideaux minces dans un ciel trop chaud pour avril. Les alouettes montaient en flèche et retombaient d’un bloc.

J’arrivai comme d’habitude par le raccourci, mon pot serré à deux mains contre le ventre, de peur qu’il ne m’échappe, et quelques crayons de couleur dans la poche de ma robe. Je dessinais déjà très bien. Je n’aurais pas supporté qu’une occasion de le prouver me file sous le nez faute de matériel.

La Costes ouvrit avant que j’aie frappé. Elle regarda le pot, puis ma tête échevelée, d’un air de ménagère qui compte ses œufs, et me fit signe. Chez elle, le bonjour tenait dans ce geste, qui voulait dire : « Entre. »

La porte de la cave, au fond de la cuisine, avait exactement ma taille. D’un mouvement du menton, la Costes m’invita à descendre. Une volée de marches taillées dans la pierre s’enfonçait devant moi. L’odeur de lait caillé et de vieille pomme trop mûre me revient maintenant avec une précision absurde.

Elle posa mon pot sur une marche et tira le fil d’une ampoule nue. Les tommettes du sol étaient d’un ocre rouillé. Une chaise de paille y attendait, une gomme usée sur l’assise, et à son dossier pendaient deux crayons au bout de leurs ficelles, un gris, un bleu, qui oscillaient encore de notre passage.

Aux murs, des claies de fromages suaient doucement. Entre elles, des feuilles de calendrier étaient épinglées, serrées comme les tuiles d’un toit : des dizaines, rangées dans l’ordre des années, la plus ancienne sous le plafond, la plus récente à hauteur d’enfant. Sur chacune s’alignaient des séries de cinq bâtonnets parfaitement groupés, interrompues par une croix bleue ici et là.

— C’est quoi ?

— Les jours.

— Quels jours ?

— Ceux où il n’a pas plu.

C’était un cahier d’appel, comme celui du maître. À l’école de Nant, quand un élève manquait, Monsieur Vidal inscrivait un trait en face de son nom et recommençait à chaque demi-journée, avec une rigueur magistrale. Pour la Costes, la pluie était l’élève absente. Quand l’eau revenait, elle la pointait d’une croix bleue, bien visible.

Au bas de la feuille la plus récente, il restait un coin blanc à ma portée. Je sortis mes crayons, le bleu, puis le gris, pour dessiner le plus beau nuage de ma jeune carrière, bien rond, bien lourd, aux gouttes grosses comme des noix ; enfin, pour que rien ne manque à l’œuvre, une grenouille verte, juchée sur un fagot de cinq bâtons barrés qui lui faisait un perchoir.

La Costes me laissa faire. Quand j’eus fini, elle prit la gomme sur la chaise et me la tendit.

Je n’avais guère appuyé. Le nuage s’en alla, et la grenouille avec, et il resta sur le papier une buée grise, un souvenir de pluie.

— Dessine ce que tu voudras, dit-elle. Mais pas là, s’il te plaît.

Sa voix tremblait. Du moins est-ce ainsi que je me la rappelle.

— Si je la dessine, elle viendra peut-être, dis-je.

— La pluie, ça ne se commande pas.

Je ne pleurai pas, mais j’étais vexée : ma grenouille avait belle allure. Nous remontâmes sans un regard. Elle me donna du pain et un carré de chocolat blanchi, que je mangeai debout, résolue à ne plus jamais lui faire de cadeau.


Fernande était de taille moyenne, avec un menton pointu, deux yeux pâles aux paupières larges, et toujours un tablier propre noué avec soin. Née en 1934 dans un hameau de Nant, fille d’un berger, elle hérita de lui tout son bien : un chien, un bâton et quelques moutons poussifs.

Sur le causse, l’eau ne reste pas. Elle tombe, la pierre la boit, elle s’enfonce par des failles où nul n’est jamais descendu, traverse sous la terre des salles grandes comme des cathédrales où personne ne chante, et ressort trois cents mètres plus bas, dans la Dourbie, d’où le Tarn l’emporte. Il faut donc savoir où elle consent à séjourner : sous quel buis, dans le creux de quelle glaise, au pied de quelle barre grise, dans quelle lavogne. Cette science, le père de Fernande la tenait du sien ; elle ne s’écrivait pas, mais passait de la bouche à l’oreille.

À vingt-trois ans, Fernande épousa Germain Costes et monta à Lapanouse. Germain était grand, large, rouge de visage, pourvu d’une moustache de gendarme et d’une voix de stentor. Il faisait de la politique ; elle faisait les fromages. Le 28 mars 1972, il signa avec cent deux autres le serment de ne jamais vendre un pré à l’armée, et devint l’un des Cent Trois. Plus tard, on lui demanda de monter à Paris avec des brebis. Il accepta.

— Et qui trait, pendant ce temps ? avait demandé Fernande.

— On s’arrangera.

On s’arrangea. Pendant neuf jours, elle trayait sans aide, matin et soir, ses brebis et celles que lui confiaient les voisins partis défendre le plateau. Une voisine, venue l’aider pour le linge, m’a raconté la suite. Le troisième jour, une brebis agnelait sur la table de la cuisine. On avait installé le téléphone l’année d’avant, pour les nouvelles du mouvement, et c’est le moment que choisit Germain pour appeler, depuis un café parisien sans doute. Il voulait savoir si les bêtes allaient bien.

Fernande coinça le combiné contre son épaule et laissa travailler ses deux mains. Elle dégagea doucement la poche des eaux qui retenait encore les naseaux de l’agneau, essuya son museau dans un torchon propre, glissa deux doigts sur sa langue pour s’assurer qu’il respirait. Elle frotta vigoureusement son petit corps humide et le rapprocha du ventre de sa mère, qui tremblait encore, les flancs creux.

— Oui, dit-elle, ça va.

Il restait de ce départ une photographie sur le grand buffet. Un journaliste était monté à Lapanouse le matin du chargement. Germain y tient le menton levé, au premier plan, entouré de voisins qui rient. À gauche, le cadrage a coupé la moitié du visage d’une femme et le bras qui porte un seau. La légende dit : « Germain Costes, avec quelques-uns des Cent Trois. » Un jour, je demandai qui était la dame au seau. La Costes répondit sans me regarder :

— Celle qui avait la traite à faire.

Mais la cave était à elle, et le livre qu’on y lisait aussi. Chaque matin depuis 1958, avant la traite, Fernande descendait à la lavogne avec son seau de zinc, observait le niveau et la ligne sombre que l’eau avait laissée sur les pierres comme un cerne, puis repassait par la cave décrocher ses crayons. Une feuille par année, épinglée dans l’ordre. Il y avait des années à cent bâtons de suite sans une croix, des étés où le ciel avait perdu le mode d’emploi. Il y avait des hivers qui n’étaient que croix à la file, serrées comme des barbelés. Il y avait 1976, la feuille couleur de plomb, si dense de bâtons qu’on n’y voyait plus le papier, et qu’une seule croix refermait à la fin comme une plaie. Fernande disait qu’elle comptait. J’ai vu beaucoup de livres dans ma vie. Aucun ne ressemblait à celui-là et presque personne ne savait le lire.

Mon père, lui, l’avait lu.

Lui aussi tenait un carnet, un petit carnet noir où il notait chaque matin le vent et la pression, en appuyant si fort que, le soir, on lisait ses chiffres à l’envers au dos des pages.

Il avait vingt-huit ans, on venait d’enterrer son père, et tout pesait à la fois : les dettes, le pavage de la lavogne à refaire, la moitié du troupeau qu’il songeait à vendre. Il monta à Lapanouse demander conseil à Fernande. Je tiens la scène de ma mère, qui la tenait de lui ; le reste, je me l’imagine. Fernande ne répondit pas tout de suite à ses questions : elle le conduisit à la cave. Je le vois devant les feuilles, une main sur le dossier de la chaise, immobile et silencieux. J’ignore tout ce qu’elle lui a dit des secrets de l’eau et des jours sans pluie, sauf une phrase, qui a survécu :

— Des murs, n’importe qui peut en monter. Mais savoir où l’eau s’attarde après l’orage, ça, il faut avoir passé sa vie ici.

Mon père refit le pavage et garda les bêtes. Dix-sept ans plus tard, au printemps de l’année dernière, il a répété cette phrase, ou une autre qui lui ressemblait, à la salle des fêtes de La Cavalerie, devant un homme venu avec ses cartes et ses plans. Le lendemain, elle courait les cafés et chacun la répétait en louant les talents d’orateur de mon père. Quand on l’a rapportée à Fernande, paraît-il, elle a continué de rincer une tasse.

— C’est pas à lui. Mais il l’a bien dite.

Je suis retournée chez Fernande en janvier. Je ne dirai rien encore de l’automne qui venait de s’écouler chez nous : je n’en avais saisi que le silence de ma mère. Elle devait porter un médicament à Fernande. Elle s’est arrêtée dans la cour, n’a pas osé entrer et m’a envoyée à sa place, ce qui était sa façon d’avouer qu’elle ne savait plus quoi me dire.

Germain dormait sur un vieux fauteuil, la radio allumée sur une émission de pêche. J’ai demandé à voir les jours. Fernande a ouvert sans un mot la porte basse. Depuis mon enfance, les feuilles avaient fait le tour de la cave ; la dernière, près de l’escalier, portait déjà une dizaine de bâtons, et pas une croix.

Je n’avais plus qu’une question.

— La dernière fois que papa est venu, cet automne, qu’est-ce qu’il t’a dit ?

Fernande s’est tournée vers les feuilles.

— Rien. Il a compté.

Je n’ai pas compris.

— Il m’a demandé combien de temps ça tient, une année sans pluie. J’ai répondu que ça dépendait de ce qu’on avait en réserve.

Elle a levé vers moi ses yeux transparents.

— Il avait l’air d’avoir compris autre chose.

Nous sommes remontées. Elle m’a tendu une banane, sortie d’un carton rangé sous la table, comme elle m’aurait donné du pain à huit ans. Je l’ai mangée sans rien demander de plus. C’était la dernière fois que je voyais Fernande Gély.

Elle est morte quelques mois plus tard, un jour sans pluie, avant la première croix de mai. Un dimanche de fin juin, ma mère est venue porter un plat à Germain, et je me suis glissée derrière la porte basse. Après le dernier bâton de Fernande, mince, régulier, légèrement penché, il y en avait d’autres : une quarantaine, plus larges, plus profonds, tracés au stylo d’un trait plus gras que son petit crayon. En soulevant le coin de la feuille, je sentais leurs sillons au verso, du bout des doigts, comme du braille. Aucune croix. Quand j’ai demandé à Germain qui comptait, il a haussé ses épaules de géant et regardé la radio.

Quand Germain l’a suivie à la fin de l’été, sa nièce de Lyon a mis la maison en vente, comme tant de maisons du causse.


Je suis restée devant la fenêtre, le front presque contre la vitre froide. Le souvenir s’était retiré, mais la maison était toujours là. J’ai baissé les yeux vers la grande table, où des objets avaient été entassés en vue d’un débarras : quelqu’un était donc venu il y a peu de temps.

Je me suis penchée davantage. Les feuilles avaient quitté le mur de la cave : elles gisaient en une pile gondolée dans un vieux carton à bananes. Cela m’a fait penser à des feuilles mortes. Dehors, le vent d’octobre en roulait d’autres contre le seuil, tombées toutes seules. Celles du carton, il n’y avait plus personne pour les épingler.

Je ne pouvais pas les compter à travers la vitre, mais je savais leur nombre : soixante-neuf, une par année depuis 1958, la dernière inachevée. Soixante-neuf années de sécheresses et de pluies, prêtes à finir sur un feu de cour ou à la déchetterie.

Je n’ai plus bougé pendant un long moment. Je ne sais pas qui tenait le stylo, ce printemps-là. Je sais seulement que, chez nous, il y a une main qui appuie.

J’aurais voulu les emporter pour les envoyer à mon père. Dans mon atelier de Marseille, je les redessine déjà de mémoire, sans nuage et sans grenouille.

A suivre : épisode 2

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