Un ami qui vous veut du bien (par Florian Carayol)

Florian Carayol a remporté le premier prix de notre concours de nouvelles sur le thème « Allégories chrétiennes ». Nous avons bien apprécié l’idée de départ et le style humoristique (le respect du thème a aussi été déterminant). Vous pouvez retrouver cette histoire dans notre eBook intitulé « Le point commun » à télécharger gratuitement sur Amazon par ici.


Cher M. le Commissaire Divisionnaire,

Il convient avant toute chose de rappeler une évidence dont je sais que vous êtes déjà fermement convaincu : je ne suis pas un délateur de bas étages. Si je vous écris régulièrement, c’est avant tout dans un simple objectif d’information, afin d’aider vos services à rester attentif. C’est par pure modestie que je me dois de rester anonyme, ne cherchant pas à récolter les quelques mérites de ce qui restera toujours mon devoir : maintenir cette ville en ordre ; ce pays en sécurité. Bref, par pur esprit de sacrifice pour la France !
Donc, si je n’ai pour habitude de dénoncer, il me faut cette fois faire preuve d’encore plus de détermination afin de vous exposer les faits dont j’ai été le témoin ces derniers mois. En voici un exposé succin (mais détaillé) qui vous fera appréhender à sa juste valeur la menace que fait planer sur notre ville le particulier dont il me faut enfin vous entretenir, cher M. le Commissaire Divisionnaire.

Jeudi 16 avril 1994,7h23

Je viens de réaliser que la maison en face de chez moi (inoccupée depuis des années) est à nouveau habitée. Déjà, un fait étrange m’alerte : la veille encore elle tombait en ruines. Ce qui, au passage, est fort dommage : c’est un ancien mais charmant pavillon de chasse. Si j’en avais eu moi-même les moyens… Bref, M. le Commissaire, j’ignore encore s’il y a eu là quelques obscures manœuvres immobilières, mais vos services pourront aussi investiguer en ce sens.
Alors même que cette bâtisse était une ruine hier, je la découvre ce matin là entièrement rénovée ! Tout est refait à neuf : crépis et habillages extérieurs, menuiseries et huisseries… Même le jardin qui n’était qu’une jungle de broussailles impénétrables pourrait à présent faire l’objet d’une de ces émissions de télévision aussi dispensable qu’ennuyeuse sur la rénovation immobilière…
Vous avez déjà compris, M. le commissaire Divisionnaire, les extravagants débuts de cette affaire : aucune manifestation d’emménagement, point d’ouvrier ou de chantier. Ce qu’il faut bien admettre a pu au moins épargner au voisinage le bruyant baragouinage de ces travailleurs détachés (et clandestins probablement, dont nos chantiers sont aujourd’hui envahis)… Ou alors, tout ceci a été fait en une seule et unique nuit… Ce qui, vous y pensez vous même déjà, M. le Commissaire Divisionnaire, vient révéler tout le soupçon qu’il faut accorder à cette situation.
Par conséquent, je vous invite à conclure avec moi que seuls de nombreux agents étrangers ont pu œuvrer si vite, si discrètement et… il me faut l’avouer à mon corps défendant : si bien. Il est clair que notre homme entend nous crier tout le mépris qu’il a pour notre belle nation et ses innombrables forces vives.

Mardi 4 mai 1994 : 9h41

Étant actuellement sans occupation salariée (et oui : les ravages du mondialisme d’aujourd’hui dont vos services, M. le Commissaire Divisionnaire, ont à affronter les multiples et subtiles conséquences, nous ne le savons que trop bien vous et moi…), j’ai donc du temps que j’essaye d’employer de la façon la plus utile : j’observe.
Pardon, j’assure une bienveillante surveillance des environs. C’est ainsi que j’ai pu détecter les premiers effets néfastes des activités suspectes de ce mystérieux nouveau voisin. En effet, le facteur (qui jusque-là assurait son service promptement et proprement) a commencé à passer de plus en plus de temps dans la maison d’en face. Il ne se contentait plus de simplement glisser le courrier dans la boite, il entrait et disparaissait de longues minutes. Cherchant à obtenir quelques explications et me dévouant pour le rappeler à ses obligations de célérité quant à son service, je l’ai alors interpelé afin de m’entretenir avec lui.
Il faut dire que je ne reçois pour ainsi dire quasiment pas de lettres ni d’autres correspondances (mis à part quelques factures et bien évidemment ma déclaration d’impôts)… Par le fait, je n’avais pas régulièrement affaire à l’assisté-fonctionnaire auquel je m’apprêtais à rappeler qu’il vivait grâce auxdits impôts (sans vouloir vous offenser M. le Commissaire : vous ce n’est pas la même chose, nous sommes pleinement conscients de ce que vous apportez à la société…).
Il m’a expliqué que l’occupant de la maison d’en face avait souscrit un de ces nouveaux services où un employé de la poste (je crois qu’on ne parle pratiquement plus de facteur aujourd’hui…) passe vérifier que les personnes isolées et fragiles vont bien (ce qui me fait penser que ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de mes enfants…).
Or, ledit facteur n’a jamais vu le « client » en question : il m’a expliqué qu’il entrait tous les matins et qu’il trouvait sur la table de la cuisine son expresso italien préféré et des lettres qu’il devait remettre et relire aux autres personnes isolées de sa tournée. Il m’a dit que ces lettres l’ont ému aux larmes, qu’elles contenaient tout ce qu’il aurait voulu s’entendre dire, et que de les lire aux personnes âgées qu’il visitait était en train de lui changer la vie. Il disait que le réconfort qu’il percevait dans les yeux de ses « suivis » lui faisait tout autant de bien, qu’il se sentait à nouveau utile, qu’il apportait enfin un vrai service et qu’il se sentait à nouveau vivant. Vivant ! Vous comprenez vous aussi, M. le Commissaire, l’absurdité de la situation et du temps gâché par de telles activités !

Samedi 12 juin 1994 : 19H16

Soupçonnant bien que les choses pouvaient empirer, j’étais résolu à réunir plus d’éléments sur les étranges évènements du voisinage. C’est ainsi que j’ai pu établir que des pizzas étaient fréquemment commandées et livrées en face… Vous me direz M le Commissaire Divisionnaire que s’il est regrettable de s’alimenter aussi mal, il n’y a rien là qu’une situation fort banale. Or c’est oublier à qui nous avons affaire ici ! En effet : les boites de pizza s’accumulaient devant la porte de la maison d’en face. J’ai observé de nombreuses fois le livreur sonner longtemps avant de repartir en laissant la pizza avec les autres sur le paillasson. Mais la semaine dernière il y a eu un changement : le livreur a pu, cette fois, entrer et il est resté de longues minutes à l’intérieur.
Il est ressorti en sautant de joie et en jetant loin derrière lui son blouson marqué du logo de la marque de livraison. J’étais fort étonné : d’ordinaire, les jeunes qui travaillent pour cette marque n’arrivent pas à trouver d’autres emplois et semblent attachés à ne pas perdre ces quelques revenus… Bien décidé à en savoir plus, je me suis vu contraint de commander moi-même une de ces horreurs… Et bien, vous devinerez ma surprise, M le Commissaire Divisionnaire, lorsque je n’ai pas vu arriver le livreur habituel.
Ce demi-ahuri m’a annoncé que son collègue avait subitement démissionné. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était produit (et il s’en fichait) : il disait ne pas comprendre ce qui n’allait pas avec leurs pizzas… Sur ce point, j’ai pu avoir une explication claire et précise : il suffisait de goûter ladite pizza (enfin, goûter, j’ose à peine m’exprimer ainsi) !
Mais surprise ! Quelques instants plus tard, le livreur habituel se présente à la maison d’en face. Il y apporte une pizza fort différente. J’ai réussi à intercepter l’individu au vol. Il me raconte alors qu’il avait trouvé une note sur la pile de pizzas non consommées, qui disait précisément ceci : « Merci pour toutes ces choses qui portent le nom de pizza sans en avoir le goût. Je suis certain que vous pouvez en faire de bien meilleures… ».
Le livreur m’a dit que c’était justement son rêve depuis des années et qu’il avait pris ce travail dans l’espoir de pouvoir proposer ses propres recettes. Personne ne lui avait fait confiance. La semaine précédente il avait préparé chez lui une de ses pizzas « home made » et tout le monde avait adorée (j’ai pu gouter moi-même et j’ai dû me faire violence pour ne pas en commander une autre…).
Le livreur m’a annoncé qu’il ouvrait sa propre pizzeria et qu’il ne servirait que des produits frais, écologiques et locaux ! Encore un de ces baba cools plein d’illusions… Encore une fois, j’ai été témoin des bouleversements causés par mon voisin d’en face. Il a clairement lavé le cerveau d’un jeune exploité… pardon d’un livreur d’un respectable fastfood pour lui mettre dans la tête je ne sais quelle fantaisie ! Heureusement que les gens comme vous et moi, M le Commissaire Divisionnaire, savons qu’il est dangereux de trop s’écouter et qu’il convient de rester raisonnable. Les rêves, on ignore où ça peut nous mener !

Mercredi 9 aout 1994 : 18h23

Vous êtes bien placé, M. le Commissaire Divisionnaire, pour savoir que je me consacre totalement à la tranquillité et la sécurité de notre quartier. Quand on sait ce qu’on sait, que l’on voit ce qu’on voit (on se dit qu’on a raison de penser ce qu’on pense, comme disait le philosophe…), bref, j’ai voulu convaincre quelques habitants du quartier à s’organiser en groupe de surveillance. Il s’agissait d’organiser des rondes le soir, de s’assurer que tout allait bien autour des maisons des uns ou des autres… Ce que je faisais déjà tout seul, nous le faisons désormais à plusieurs.
Ceci est devenu d’autant plus nécessaire que ces fameuses nouvelles lignes de bus sont venues desservir ces quartiers que l’on est contraint d’appeler pudiquement « grands ensembles ». Encore ce politiquement correct qui nous empêche d’appeler un chat un chat… Vous savez bien, M le Commissaire Divisionnaire, que nous ne sommes plus chez nous, y compris dans nos conversations et nos opinions. C’est bien regrettable mais nous sommes aujourd’hui tenus de garder ces évidences pour nous. Sans quoi on se voit taxer de racisme ou conservatisme… Le tout pour simplement réduire au silence les gens de bon sens que nous sommes vous et moi !
Bref, je suis parvenu au prix de grands efforts à réunir quelques habitants conscients du nouveau problème : le déferlement jusqu’à nos portes de ces « indigènes » grâce à la gestion cataclysmique et cosmopolite de nos impôts. Là, alors que je tentais de présenter mes arguments les plus objectifs, j’ai soudain entendu un de mes voisins s’exclamer :
– Enzo ! (ou tout autre nom qu’on colle aux mouflets de nos jours… Pauvre société décadente…) Mais qu’est-ce que tu fiches là ?!
En effet, nous avons tous vu le garnement en question sur le trottoir d’en face. Et je vous le donne en mille, d’où sortait-il ? De la maison d’en face bien évidemment. Son père à repris :
– Mais tu n’es plus avec ta tablette ?
Le morveux a répondu tranquillement que oui, il avait lâché sa tablette et qu’il était sorti jouer avec ses copains. A la stupéfaction générale, ont surgi derrière lui tous les gosses du quartier. Chaque parent semblait tomber de sa chaise. L’un s’extasiait :
– Mais enfin, tu m’as tellement tanné pour avoir ta console et maintenant du vas jouer dehors ?
Un autre s’inquiétait :
– Mais où as-tu laissé mon téléphone ?! Tu as pensé à mettre l’ordi en veille… et la télé ?
Les gamins ont expliqué que ça faisait des jours qu’ils allaient dans le jardin d’en face (sans que je m’en aperçoive… les petits monstres…). C’est là que nous nous sommes aperçus qu’il y avait dans ce jardin un véritable petit terrain sport. Des gamins, arrivés justement des cités y jouaient encore. Comme je pouvais m’y attendre, les enfants de mon quartier ont commencé à se moquer de leurs parents. Ils n’arrivaient pas à comprendre que nous pouvions « avoir peur » de ces gens. J’ai voulu leur apprendre qu’il ne s’agissait pas de peur, mais qu’il fallait être vigilant, qu’ils étaient trop naïfs à leur âge. Mais les petites teignes n’en démordaient pas :
– Mais si, faut pas avoir peur M’sieu !
Bien sûr, les parents se sont laissés manipulés, ils sont repartis tout contents que leur progéniture « prenne l’air »… En plus les petits inconscients ajoutaient que les autres gosses de la cité jouaient vraiment trop bien au foot. Ils ont eu l’outrecuidance d’ajouter que c’était vraiment « trop cool » qu’ils puissent venir en bus, car ils n’avaient plus de vrai terrain pour jouer en bas de leur immeuble ! Un comble ! Vous vous rendez compte, M. le Commissaire Divisionnaire !
Justement ce contre quoi je voulais nous protéger : ces « jeunes » vont venir occuper nos espaces, ils vont prendre possession de ce qui doit rester notre ! C’est ça que l’on appelle intégration aujourd’hui : laisser sa place ! Et on vient me parler de peur… Ainsi, mon dangereux voisin d’en face avait encore frappé. Et cette fois, il avait pu trouver des alliés avec ces galopins gâtés pourris… Enfants rois… Des tyrans oui !!! Mais nul besoin d’autres développements, vous comprenez maintenant, M. le Commissaire Divisionnair, que cet individu de plus en plus suspect s’en prend à présent aux plus jeunes et aux plus influençables pour faire progresser ses plans inavouables.

Mercredi 4 septembre 1994 : 11h21

J’avais compris M. le Commissaire Divisionnaire, j’avais compris. Les évènements d’en face étaient bel est bien destinés à déstabiliser toute la vie et l’organisation du quartier. J’avais compris que seuls vous et moi pouvions réellement comprendre ce qui se jouait alors. J’avais compris que les lois et la République étaient trop faillibles et pas assez strictes pour stopper ce qui allait arriver à coup sûr. J’avais compris que c’était à moi d’agir ! J’avais compris : il me fallait y aller moi-même ! J’avais compris qu’il ne restait plus qu’une chose entre le chaos annoncé et la préservation de l’ordre établi, qu’il ne restait plus qu’un seul rempart contre l’inévitable naufrage… Moi ! Et vous bien évidemment, M. le Commissaire Divisionnaire ! Mais vous, je comprends bien qu’il vous faut tenir compte de ces règles soi-disant démocratiques qui vous entravent. C’est sans douter de la pureté de votre engagement que je suis devenu votre bras armé…
Je décidais donc de franchir les dernières limites en… traversant la rue et en entrant enfin dans la maison d’en face. Je retins mon souffle, j’ouvris ma porte, mon portail, et soudain, en un instant si prompt que je ne saurais plus en restituer ici les détails les plus précis, je me trouvai dans « son » entrée. Me voici donc sur « son » terrain. Il me faut avouer ici que bien qu’en en ayant vu d’autres (si je puis m’exprimer ainsi) et m’étant préparé à toutes les éventualités, je suis resté interdit et surpris. Cet intérieur m’a bien semblé plus grand que ce à quoi je pouvais m’attendre en détaillant la bâtisse de l’extérieur. Je m’avançais donc dans « son » long couloir, je ne pouvais en voir le bout (ce qui devenais quelque peu angoissant, vous devez me l’accorder M. le Commissaire Divisionnaire)…
C’est alors que c’est arrivé ! « Il » s’en est pris à moi ! Car c’est là que, tout à fait soudainement et de manière tout à fait inappropriée, « il » s’est adressé à moi ! Il m’a appelé par mon prénom (ce qui est fort cavalier car nous n’avions pas été présentés), en me surprenant par derrière ! Le quidam en question avait décidé de me prendre en traitre sans que je ne sache comment il avait pu se glisser ainsi derrière moi, alors que je l’attendais tous sens en alerte ! Sans autre introduction « il » m’a dit qu’il m’attendait !?…
Il y avait quelque chose d’indéfinissable dans « sa » voix, je ne sais dire si c’était « son » accent, ou s’il s’agissait même d’une voix d’homme, voir… d’une voix humaine ! Je suis déjà convaincu M. le Commissaire Divisionnaire que puisque nous sommes tous deux des gens sensés, que nous détestons ensemble tout ce qui est indéfini. Et là ! Là ! Je suis resté comme paralysé, sous une étrange emprise, ne pouvant pas me retourner vers « lui » (j’ai pensé à ce qu’on pourrait entrevoir subrepticement comme de la peur, mais je n’oserais l’avouer ici. Vous comprendrez que je n’ai finalement pas votre expérience et votre professionnalisme, M. le Commissaire Divisionnaire… ce qui confirme la nécessité du présent rapport).
Donc là ! Là ! Alors que je voulais menacer, rappeler à la Loi, à la nécessaire bienséance, faire preuve de toute l’autorité que me confère ma bonne naissance bien française… Là ! La menace absolue s’est révélée dans toute son horreur : « il » m’a détaillé par le menu toutes mes pensées les plus cachées, mes rêves qu’ « il » m’a décrit comme brisés, toutes ces choses que j’ai un jour voulues et que je n’ai pas su ou voulu atteindre, toutes ces personnes que j’aurais pu rencontrer et aimer, toutes ces personnes qui auraient pu m’aimer, ces sentiments si forts que j’ai fait taire en moi, cet enfant que j’ai cessé d’être trop tôt… Le tout dans une célérité absolue : un clin d’œil à peine !!!
Pour la suite, M le Commissaire Divisionnaire, je dois m’en remettre à vos compétence seules : je ne peux me souvenir précisément ce qui s’est passé, mais c’était comme si je revenais à moi dans ma cuisine ! Tout ce que savais c’est que je ne pouvais accepter ce qu’ « il » venait de me faire, il me fallait agir vite et fort ! J’ai donc décidé de vous écrire à nouveau !

Jeudi 5 septembre 1994 : 9h42

J’ai écrit toute la nuit, couché sur le papier de quoi vous alerter, M. le Commissaire Divisionnaire, seul capable de rétablir le droit et la justice chez moi ! Alors que je me dirigeais vers une boite aux lettres d’un autre quartier (afin d’en dissimuler l’origine géographique approximative) pour y glisser cette enveloppe contenant toute ma solide détermination, j’ai croisé mon facteur. Oui, celui dont je vous parlais plus haut. Il a vu ladite enveloppe et m’a regardé avec un désarmant sourire. Il m’a dit qu’il était si content pour moi que je me sois mis aussi à écrire, que je puisse vouloir à nouveau établir un contact avec un proche en ayant fait l’effort de prendre une si belle enveloppe. Il supposait que j’avais utilisé mon plus beau papier à lettre. Il m’a dit qu’il s’était lui-aussi mis à écrire pour faire du bien aux autres et à lui-même.
J’ai réalisé alors, M. le Commissaire Divisionnaire, que vous étiez concrètement mon seul ami… Et encore, un ami qui n’a jamais répondu à mes nombreuses lettres. J’ai réalisé que vous n’aviez jamais su reconnaitre mon dévouement pour la Nation que j’estimais alors aussi parfait que le vôtre…
J’ai soudainement compris, M. le Commissaire Divisionnaire (et croyez que j’en suis profondément désolé), que cette lettre, je ne devais pas vous l’envoyer. Je crois que je dois simplement en retirer mes lourds commentaires et en souligner les étranges évènements dont j’ai été le (finalement) heureux témoin. Je crois bien aussi qu’il me faudra l’envoyer à ceux qui auraient pu rester (et qui pourraient redevenir) mes proches. Un jour peut être, M. le Commissaire Divisionnaire, aurais-je le plaisir de vous rencontrer vraiment et de vous avouer humblement quel mauvais contributeur au bien commun j’étais.

Signé : Un ami (un vrai), qui vous veut du bien (le vrai).

Fin

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