Hugolic Treadmill

Dans son excellent Petit Traité de Poésie Française (que chacun peut lire sur Google Books), rempli d’humour, Théodore de Banville met en contraste Victor Hugo et Nicolas Boileau, quant à leurs facilités respectives à trouver la bonne rime. Boileau, d’après sa propre confession, doit suer sang et eau pour arriver à accorder ses vers ensemble, (et encore leur rime reste médiocre, d’après Banville), tandis que Hugo se permet de dicter des vers improvisés parfaits, et rime même parfois en dormant ! Si les deux poètes avaient vécu au même siècle, cette disparité de don naturel apparemment aussi injuste, ne serait pas sans évoquer l’amertume de Salieri envers Mozart, telle que l’a romancée le film Amadeus.

Pour de Banville, la rime constitue le pivot essentiel de la versification française. Il écrit : « Ceci va vous paraître étrange et n’est pourtant, que strictement vrai : on n’entend dans un vers que le mot qui est à la rime, et ce mot est le seul qui travaille à produire l’effet voulu par le poète. Le rôle des autres mots contenus dans le vers se borne donc à ne pas contrarier l’effet de celui-là et à bien s’harmoniser avec lui, en formant des résonances variées entre elles, mais de la même couleur générale. » Et l’auteur consacre deux chapitres à exposer sa conception de la rime. D’ailleurs pour lui, soit on naît comme Hugo avec le don naturel de rimer, soit on ne l’aura jamais, quoiqu’on puisse tout de même arriver à faire des vers passables, en travaillant comme Boileau…

Je ne sais dans quelle mesure de Banville ne se moque pas ici un peu gentiment du lecteur éventuellement tenté, lui aussi, par la manie de rimer, mais ses remarques m’ont fait penser à ce que pourrait signifier la recherche de la rime, transposée dans une préoccupation chrétienne. D’où le quatrain suivant, dont la génération tient plus du labeur embarrassé de Boileau, que du sommeil fécond de Hugo, je l’avoue.

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Comme un luth suspendu répond au La chanté, Comme un vers inspiré renvoie la juste rime, Que mon cœur accordé, vibre à ta voix sublime, Seigneur, et soit l’écho de ton Ciel enchanté.
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Mais après tout, si l’on peut gagner du muscle en courant comme un hamster sur une de ces machines que tous les américains ont dans leur maison (mais dont ils se servent peu), on doit bien pouvoir aussi augmenter son potentiel de rimailleur en s’entraînant avec Hugo. Je vous propose donc un petit jeu sur le Hugolic Treadmill, que j’appelle ainsi parce que j’y ai placé en premier des vers de Hugo, qui se trouvent à foison sur le Net. Je rajouterai d’autres auteurs par la suite. Cliquez sur l’image ci-dessous, et essayez de faire 100 points pour commencer ; ce sera un bon entraînement, qui vous incitera peut-être, à vous lancer dans le concours de poésie de Plumes Chrétiennes !

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