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Un jour, je tomberai…

Un jour, je tomberai comme tombe une graine
Sur le sable doré au milieu de l’arène ;
La foule se taira, sous le soleil qui mord,
Quelqu’un criera mon nom, en vain : voici la mort.

Les harpes frémiront, les tambours gronderont.

Ne pleurez pas : mourir, c’est naître de nouveau.
Mon corps restera là, inerte dans l’armure
Mais mon âme sauvée s’envolera là-haut
Vers le ciel azuré dont j’entends le murmure.

Les harpes frémiront, les tambours gronderont.

J’irai par les Highlands arrosés par la pluie,
Les lueurs de l’aurore éloigneront la nuit ;
J’entendrai le fracas des cascades éternelles
Au-delà des murailles ornées de sentinelles…

Les harpes frémiront, les tambours gronderont.

Je verrai Son éclat et toute Sa beauté,
L’esquisse de ma joie sera réalité ;
Je franchirai les monts en marchant sur vos traces
Et nous nous baignerons dans l’océan de grâce !

Les harpes frémiront, les tambours gronderont…

Je lirai tous les jours sous les arches des ponts
Des contes et des romans, pour le plaisir du verbe
Et je verrai – enfin ! – l’arbre achevé, superbe !
Je lèverai les bras et dirai : « C’est un don ! »

Les harpes frémiront, les tambours gronderont
En attendant le jour où nos corps danseront !


David, 14 avril 2021

Je réponds ici à mon propre défi (défi #7 : écris un poème au futur sur le thème de l’espérance ou de l’espoir). Je compte sur vous  pour commenter et critiquer sans concessions, puisque l’idée de ces défis est de pouvoir progresser.

Je vous donne quelques précisions rapides sur ce poème, car il peut surprendre et traite d’un sujet « sensible ». En effet, les questions sur ce qu’il se passe après la mort et la doctrine de la fin de temps font partie des questions qui suscitent le plus de méfiance chez les chrétiens et parfois même des levées de boucliers assez virulentes. Ce poème n’est pas un traité théologique (on pourrait d’ailleurs avoir une bonne discussion là-dessus prochainement), mais voici tout de même quelques précisions.

# 1 Ce poème parle du ciel (et non de la nouvelle terre)

Il y a encore chez les chrétiens une certaine confusion quant à ce qui arrive après la mort. Certains pensent que nous reposerons sans aucune conscience jusqu’au jugement dernier, suite auquel nous serons envoyés au ciel ou en enfer. D’autres croient que nous serons jugés au moment de notre mort et envoyés directement vers notre destination éternelle (vers la Jérusalem céleste pour les chrétiens nés de nouveau). Que dit exactement la Bible à ce sujet ?

La Bible nous dit clairement qu’après la mort, l’âme des croyants part au ciel, parce qu’ils ont accepté Christ comme leur Sauveur (Jean 3.16, 18, 36, 2 Corinthiens 5.6-8 ; Philippiens 1.23).

D’autres passages, comme 1 Cor.15.50-54 et 1 Thess. 4.13-17, décrivent la résurrection des croyants qui reçoivent un corps glorifié. En effet, si l’âme des croyants est avec Christ immédiatement après la mort, le corps physique ne l’est pas encore. À la résurrection des croyants, le corps physique ressuscitera glorifié et sera réuni avec l’âme : nous vivrons éternellement dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, la Jérusalem céleste descendue du ciel (c’est ce que décrit une partie de l’Apocalypse).

Mon poème traite de ce moment particulier entre la mort et la résurrection des corps, dont la Bible ne dit… presque rien (voir le point n°2). En comparaison, d’autres poèmes écrits dans le cadre de ce défi parlent plutôt de la nouvelle terre (celui de Chtaloun : N’abandonnez pas !) et un autre encore traite du sujet de l’enlèvement (cas où Jésus reviendrait avant notre mort, celui de Christ’in : Par la foi je veux croire).

# 2 Nous ne louerons pas sans fin (ou pas exactement)

Je sais bien que vous avez déjà évacué cette vieille caricature des croyants assis sur des nuages à ne rien faire au paradis. Cependant, vous êtes peut-être encore comme moi il n’y a pas si longtemps : indifférent à l’espérance.

Personnellement, étant heureux sur cette terre et considérant que les choses éphémères sont parmi les plus belles, l’idée de l’éternité me paraissait plus terrifiante que rassurante. Encore aujourd’hui, l’espérance est pour moi… une lutte !

En fait, je crois que j’ai été mal enseigné sur ces questions, mais surtout que je m’étais mal renseigné. La façon dont je voyais le futur auprès de Dieu (et la façon dont cela devrait impacter ma vie aujourd’hui) n’était pas en phase avec ce que la Bible enseigne réellement. 

Si nous avons quelques éléments sur la résurrection des croyants et la nouvelle terre, nous ne savons presque rien sur le ciel. Une chose est sûre cependant : la Bible ne nous enseigne pas que la vie après la mort consistera en un culte d’adoration éternel, où l’on chantera et l’on exprimera notre louange au Seigneur sans fin. 

Bien sûr que nous adorerons Dieu après la mort. Notre vie sans péchés sera en elle-même un sacrifice parfait de louange. Mais la louange, au sens de chanter des louanges, n’est qu’une partie de la vie d’obéissance d’un disciple et sera également qu’une partie de la vie après la mort.

Ce que nous vivrons après la mort sera la réalité du bonheur dont nous ne voyons que l’ombre sur cette terre. Il y un lien très fort entre nos vies présentes et le futur. Nous aurons tout un tas d’activité, y compris artistiques ! Le but n’est pas de vous le démontrer de manière académique, mais si la question vous intéresse je vous conseille déjà la lecture de l’article ci-dessous :

Lire sur TPSG : 5 erreurs répandues sur la vie après la mort

# 3 Nos poèmes imparfaits, feuilles d’un arbre que nous ne pouvons voir

Un autre thème abordé dans la dernière strophe du poème est celui que J.R.R. Tolkien évoque dans son histoire courte « Feuille, de Niggle ». J’y avais consacré deux articles (ici et ).

Niggle est un peintre qui n’a pas beaucoup le temps de se consacrer à ses toiles, entre l’aide dont a souvent besoin son voisin, et les préparatifs d’un mystérieux voyage qu’il doit bientôt entreprendre. L’un de ses tableaux l’obsède en particulier, représentant un Arbre (sur une toile si grande qu’il lui faut une échelle pour y travailler).

Niggle est en plus « un de ces peintres qui peignent mieux une feuille que les arbres. Il consacrait longtemps à une seule feuille. » Alors qu’il travaille désespérément à son tableau toujours inachevé, le moment du départ pour le voyage (une image de la mort) lui est imposé. Lorsqu’il se rend compte qu’il doit partir, il se met à pleurer : « Ah, mon Dieu ! et le tableau n’est même pas fini ». Mais lorsque Niggle arrive à destination, quelque chose attire son regard :

 Devant lui se dressait l’Arbre, son Arbre, achevé. Si l’on pouvait dire cela d’un Arbre vivant, dont les feuilles s’ouvraient, dont les branches croissantes se courbaient dans le vent que Niggle avait si souvent ressenti ou deviné et qu’il avait si souvent échoué à rendre. Contemplant l’Arbre, il leva les bras et les ouvrit tout grand.
— C’est un don ! dit-il2.

Amis artistes, auteurs, créateurs : nous sommes tous des Niggle. Nous ne pouvons créer l’arbre parfait auquel nous aspirons, mais lorsque nous le verrons enfin au ciel et nous exclamerons comme lui : « C’est un don ! ».

# 4 Etre gladiateur plutôt que spectateur

Je fais référence en début de poème (bon, ce n’est pas évident) à une des plus belles scènes du cinéma : la scène finale du film « Gladiator » (remarque : il ne s’agit pas d’un film chrétien).
Dieu nous invite à une vie de gladiateur, plus qu’à une vie de spectateur. Vers le début de ce film, Maximus encourage ses troupes avec cette phrase que je vous laisse en conclusion :

Ce que que vous faites dans la vie résonne dans l’éternité.

16 réflexions au sujet de “Un jour, je tomberai…”

  1. Ce poème est SUBLIME ! Il a réveillé des choses en moi que j’avais un peu mises de côté et pour ça MERCI David.
    Ensuite, pour ce qui est du poème en lui-même, je le trouve d’une intensité prenante, notamment au niveau du rythme avec cette sorte de refrain « Les harpes frémiront, les tambours gronderont. » qui déclenche un orchestre déchainé dans l’esprit du lecteur, puis cet orchestre fou nous poursuit tout au long de la lecture avec sa résolution « En attendant le jour où nos corps danseront ! », MAGNIFIQUE. Puis dans le choix des mots, la progression de la mort à la vie, sans que la mort n’ait eu d’effet véritable, enfin, TOUT, en fait ! Quelle réussite ! Quelle inspiration ! BRAVO !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Jake !!! C’est très touchant de voir qu’un poème peut emporter quelqu’un de cette manière. C’est toujours notre intention en écrivant, mais en recevoir le témoignage est précieux !

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  2. Ton poème est très beau c’est vrai et ce thème à la fois enivrant et mystérieux n’est ce pas ! 😉

    Ce matin, ( par chez moi ) la prédication portait sur le thème de la résurrection et donc de ce qu’elle implique maintenant et pour l’éternité….
    Luc 24. 36-49
    Le pasteur a demandé si qqs personnes voulaient partager leur idée ; nous n’avions pas tous la même manière de voir les choses ; de plus, le livre de l’Apocalypse est parfois déroutant si on complète notre lecture sur ce thème …
    Cet aprèm en farfouillant sur le net je suis tombée sur cet article de plusieurs pages !!! je n’en suis qu’au début de la lecture ( que je vais transformer en étude 😉 C’est assez édifiant je trouve et j’ai tout de suite pensé à ta poésie donc voilà le partage :
    https://www.bible-ouverte.ch/messages/livresretranscrits/93-livres-retranscrits-la-gloire-du-ciel/540-gloire-du-ciel-introduction.html

    Bonne semaine à venir à chacun chacune !

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    1. Merci beaucoup Annick ! J’irai lire tout ça à l’occasion. Ca me touche beaucoup que tu ais pensé à moi grâce à ce poème. C’est vrai que c’est un domaine où je veux progresser en ce moment !

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  3. Merci beaucoup David pour ce poème qui résonne en moi, notamment la dernière strophe, où tu te décris en train de lire au Ciel et de réaliser que l’arbre de tes talents – de nos talents à tous- est un don! J’aime beaucoup cette idée qu’au Ciel règneront encore la créativité et la création, l’activité dans la joie! Comme toi, je crois que j’ai été mal (r)enseignée au sujet de l’Au-delà. Merci pour cette porte sur l’Espérance!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Justine ! Je suis ravi que la dernière strophe te parle en particulier, c’est elle que j’avais le plus à cœur en écrivant ce poème. Je te remercie aussi pour l’expression « porte sur l’Espérance », c’est une joie de penser que nos poèmes peuvent être des portes ouvertes sur le ciel !

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