Défis d'écriture, concours, jeux, Enoncés

Défi d’écriture #14 : le style télégraphique

L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.
André Gide

Lorsque l’on parle de défi d’écriture, on pense forcément à l’OuLiPo. L’Ouvroir de littérature potentielle, généralement désigné par l’acronyme OuLiPo, est un groupe français de littérature inventive et innovante né au milieu du XXe siècle, dont les grandes figures sont Raymond Queneau et Georges Perec.

Il a pour but de découvrir de nouvelles potentialités du langage et de moderniser l’expression à travers des jeux d’écriture et des défis mathématiques qui poussent à la créativité.

Ils affirment que la contrainte provoque et incite à la recherche de solutions originales. Elle permet de déjouer les habitudes pour atteindre la nouveauté. Raymond Queneau décrivait les oulipiens comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. »

Je partage entièrement cette idée et j’ai beaucoup d’admiration pour ce mouvement. C’est donc tout naturellement que le défi de ce mois-ci a des consonances oulipiennes… Voici, tout de suite, son énoncé :

Défi d’écriture #14 : écrire un poème en juxtaposant des groupes nominaux. La fin du poème (ou de chaque strophe) devra être un verbe ou un mot-dièse.

Cet effet de juxtaposition devra rappeler le style télégraphique. L’effort sur les sons et les rimes devra être particulièrement important. Lisez bien l’article jusqu’au bout pour comprendre le sujet.

Forme : poésie (prose ou vers)
Taille
 : une page A4 maximum, police Arial ou Calibri 12.
Publication (plusieurs possibilités) :
– sur vos blogs en mettant un lien vers cet article,
– en envoyant vos textes à plumeschretiennes@gmail.com (publication en tant qu’auteur invité),
– directement ici pour les auteurs du site,
– sur notre groupe Facebook Ecrire en tant que chrétien
Fin : le 5 avril 2022
Remarque : pour vos publications ajoutez l’étiquette : « DéfiTélégraphique »

Pourquoi un verbe à la fin ?

L’idée vient de Grand Corps Malade. Il s’est plié à l’exercice du style télégraphique, en finissant astucieusement sa liste de groupes nominaux… par un verbe !

Un regard, une rencontre, un été, un sourire
Un numéro, un mail, une attente, un souvenir
Un appel, une voix, un début, un rencard
Un horaire, un endroit, une venue, un espoir
Une terrasse, un café, un dialogue, un moment
Un soleil, une lumière, un cœur, un battement
Une seconde, une minute, une heure, un plaisir
Un au-revoir, une prochaine, une promesse, un désir
Un après, une durée, une patience, un silence
Un doute, un pourquoi, un regret, une distance
Un retour, une surprise, un déluge, une marée
Une suite, une envie, un projet, une soirée
Une pleine lune, une virée, un instant, une pulsion
Un frôlement, un baiser, une magie, un frisson
Un accord, un avenir, une force, une destinée
Une étoile, un poème et un verbe, aimer

Pourquoi un mot-dièse ?

Le défi propose également une autre alternative : vous pouvez choisir de finir votre poème (ou votre strophe) par un mot-dièse. L’idée est beaucoup plus surprenante (remplacez par « saugrenue » si vous voulez) et je n’ai pas d’exemples qui me viennent à l’esprit. D’ailleurs, les allergiques aux réseaux sociaux et les conservateurs de la langue crieront peut-être au scandale. Ce serait une bonne chose : c’est souvent à cela qu’on reconnaît une bonne idée.🙂

Apparu sur Twitter en 2007,  le mot-dièse, ou hashtag (mot-clic au Québec), fait désormais partie intégrante des publications sur les réseaux sociaux. C’est l’association du signe typographique du dièse et d’un mot clé ou étiquette (« tag » en anglais). A l’origine, c’est d’abord une métadonnée, c’est-à-dire qu’il permet de marquer une information qu’on souhaite partager (image, texte, vidéo,…) avec un tag la décrivant. En cliquant sur le mot-dièse, on fait apparaître le flux des publications ayant été taguées avec le même mot sur le réseau social. Le mot-dièse peut donc potentiellement étendre l’audience d’une publication.

Quel rapport avec notre défi ? Personnellement, je crois assez au potentiel poétique de ce mot-dièse. En effet, il permet en un seul mot d’amener le lecteur vers une idée plus large, d’ouvrir les possibles ! Si vous choisissez cette option, je vous conseille fortement de faire rimer votre mot-dièse, pour l’intégrer pleinement dans le poème.

Un tout petit essai de ma part (qui, comme d’habitude, n’est pas un exemple), posé rapidement ici :

Bruits

Des menaces, de la diplomatie
Des mots, mensonges, mégalomanies
Ours affamé, aigle assoiffé, stupeur,
Table démesurée, un froid, la peur
Des photos, des blindés, des missiles
Morts commandées, bruits, réveils difficiles
Terreur, métro bondé, hélicoptères
Fusils chargés, exil, un bout de terre
Une ville, un siège, des cris, sirènes
Des civils allongés #PriePourL’Ukraine

David

Bonne création à vous tous !

17 réflexions au sujet de “Défi d’écriture #14 : le style télégraphique”

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