En réponse au défi d’écriture #15
Des chaînes à tes pieds, tes mains dans un cordage
Tes deux yeux abaissés, la peur sur ton visage
Ta parole bridée, douloureux muselage
Prisonnier d’un tyran, qui te tient en otage
Puis soudain : un passage…
Tous tes liens détachés, avec dextérité
Ton menton relevé, si douce fermeté
Regard posé sur toi : pitié et charité
Un Maître bienveillant te rend la liberté
Un dictateur te prend pour sa propriété
Il nie jusqu’à tes droits et ton identité
Il exige de toi, merci, servilité
Et sûr de son pouvoir, veut juste t’exploiter
Puis soudain : un passage…
Odeur salée, iodée, te voilà sur la plage
Tes yeux fixant alors un si joli rivage
Tu retrouves ton nom, récupère un ancrage
Et des pas de ton Dieu emprunte le sillage
Un travail éreintant sous un ciel sans nuage
La peine de ton coeur, l’amertume et la rage
Evasion impossible, un monde de sauvages
Un despote exécrable a brisé ton courage
Puis soudain : un passage…
Une tache facile, et la félicité
De voir ta vocation, enfin réalité
Un décor apaisant et empreint de beauté
Service volontaire et authenticité
La noirceur de ton cœur, ce lancinant clivage
Le désir de bien faire et pourtant c’est l’orage
Souffrance indescriptible, impossible partage
Ton esprit est brimé, seul et sous camouflage
Puis soudain : un passage…
Le grand Libérateur te rend l’unicité
Il déploie son pouvoir dans son immensité
Donne à l’âme à l’étroit, son élasticité
Pour qu’elle brille alors, avec limpidité
Tu étais esclave mais Il t’a libéré…
Véronique
