Ah ! enfin je les avais en poche, ces lettres de recommandation pour les synagogues de Damas ! Et signées par le grand prêtre en personne ! Une bonne chose de faite ! Ce n’était pas trop tôt !
Il fallait absolument agir vite pour que ces fous de Jésus ne continuent pas à propager leurs élucubrations partout !
Nous étions déjà arrivés à nous débarrasser de cet Etienne. Mais pour qui se prenait-il celui-là ? Devant le grand conseil il nous a fait tout un cours d’histoire en terminant pas des accusations infames. Il a bien mérité ce qui lui est arrivé ! J’avais donné mon approbation pour son exécution par lapidation ! Je n’avais plus qu’une idée en tête, détruire tous ceux qui appartenaient à ce mouvement qu’ils appelaient Eglise ! J’allais de maison en maison pour les déloger, hommes, femmes et enfants et les jeter en prison ! Nous leur avons fait une guerre sans merci à Jérusalem et beaucoup se sont enfuis en Judée et en Samarie.
Mais même dispersés ils ont continué à annoncer et proclamer le message de l’Evangile. Il fallait que tout cela s’arrête ! C’est pour cela que je me rendais à Damas ! Les Romains laissaient pas mal de liberté aux Juifs pour gérer les affaires internes et religieuses. Mais seul le sanhédrin, le grand conseil et tribunal religieux, pouvait prononcer des condamnations à mort, qui devaient être confirmées par les autorités romaines.
Voilà ce à quoi je pensais, assis sur mon cheval, en route vers Damas. J’avais la ferme intention de menacer et même tuer les disciples de ce Jésus. C’est pour cette raison que j’avais demandé ces lettres de recommandation au grand-prêtre. Elles m’autorisaient à arrêter et à extrader vers Jérusalem tous ceux qui suivaient les enseignements de cet hérétique mort depuis 4 ans. C’est vrai que ses suiveurs prétendent qu’il est ressuscité et vivant en eux et au milieu d’eux ! On aura tout entendu !
Ils n’allaient tout de même pas m’en apprendre à moi, Saul, farouche partisan de la cause de Dieu.
Moi, qui ai été formé par Gamaliel, le meilleur des meilleurs maîtres, le plus célèbre des rabbins, qui m’a enseigné la loi de nos ancêtres avec une grande exactitude, qui m’a instruit dans la connaissance des saintes écritures et dans la subtilité des interprétations rabbiniques.
Moi, qui faisais partie des pharisiens, un parti très strict, qui mettait l’accent sur la loi orale ou tradition des anciens et qui avait mis en place tout un ensemble de règles pour interpréter et compléter la loi de Moïse.
J’étais né à Tarse. Ah ! vous ne savez peut-être pas où se trouve Tarse ? Si je vous dis en Cilicie, est-ce que cela vous parle davantage ? C’est une région au sud-est de l’Asie Mineure…en utilisant votre vocabulaire d’aujourd’hui on dirait que Tarse est au sud-est de la Turquie, sur la côte de la Méditerranée, pas trop loin de la frontière avec la Syrie.
Tarse était la capitale intellectuelle de l’époque, un centre de la culture grecque où se côtoyaient toutes les idées en vogue comme l’épicurisme et le stoïcisme. Etait-ce pour me soustraire à toutes ces philosophies que mes parents m’avaient envoyé étudier à Jérusalem dès mon plus jeune âge ? Très probablement, car ils voulaient faire de moi un Juif pur et dur. J’étais d’ailleurs Israélite de naissance, de la tribu de Benjamin, de pur sang hébreu, circoncis le huitième jour, même si ma famille résidait à Tarse dans l’empire romain. Depuis ma naissance j’avais la double nationalité et je portais aussi un nom romain comme tous ceux qui vivaient dans une province romaine hors de Palestine. Le fait d’être citoyen romain me rendra bien des services plus tard pour échapper à certains châtiments et faire appel à l’empereur !
Malgré mes études théologiques très poussées j’avais appris un métier. J’étais faiseur de tentes. Pour la fabrication des tentes on utilisait le « cilicium », une étoffe rude faite de poils de chèvres élevées près de Tarse, en Cilicie, comme son nom l’indique ! Ce métier m’a aussi servi plus tard pour être indépendant financièrement et ne pas être à la charge des églises !
Comme si Dieu avait tout prévu d’avance pour moi !
Voilà ce que j’étais !
Un militant fanatique qui voulait détruire l’Eglise de Dieu en la persécutant. Je peux dire que j’étais un véritable extrémiste car, dans la pratique de ma religion, j’allais bien plus loin que la majorité des Juifs de mon époque ; un immense zèle me dévorait.
J’étais bouillant pour Dieu et le judaïsme !
Comme j’ai pu le dire par la suite au roi Agrippa, j’ai pensé que je devais m’opposer par tous les moyens au nom de Jésus de Nazareth. C’est ce que j’ai fait à Jérusalem : j’ai jeté en prison, en vertu des pouvoirs que j’avais reçus des chefs des prêtres, un grand nombre de ceux qui appartenaient à Dieu et, lorsqu’il s’agissait de les condamner, j’ai voté leur mise à mort. Je passais d’une synagogue à l’autre pour les faire punir et essayer de les contraindre à renier leur foi ; dans l’excès de ma fureur, j’allais les traquer jusque dans les villes étrangères. (1)
Et là, sur la route vers Damas, c’était bien mon objectif !
Mais j’ai, comme qui dirait, eu un petit contretemps !
J’ai eu souvent l’occasion de raconter cet événement qui a changé ma vie et je vous le relate comme je l’ai fait devant Festus et Agrippa.
Mes compagnons et moi approchions déjà de la ville de Damas. Après avoir traversé d’arides régions désertiques nous avions enfin atteint vers midi les belles campagnes bien irriguées qui entouraient la ville. Le soleil était au zénith quand soudain une lumière venant du ciel, plus éclatante et plus aveuglante que celle du soleil nous enveloppa tous de son éclat.
Nous sommes tous tombés à terre et j’ai entendu une voix qui me demandait en araméen :
« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »
Je me suis écrié :
« Qui es-tu Seigneur ? »
Alors la voix m’a dit :
« Je suis, moi, Jésus de Nazareth, que tu persécutes. Ne résiste pas à la volonté de Dieu. »
J’ai demandé :
« Que dois-je donc faire, Seigneur ? »
Et le Seigneur m’a dit :
« Lève-toi, tiens-toi debout, va à Damas, et là, on te dira tout ce que tu devras faire ! Car je te suis apparu pour que tu sois mon serviteur, pour témoigner aux hommes que tu m’as vu et leur dire ce que je te ferai encore voir par la suite. Je t’ai choisi du milieu du peuple juif et des païens, vers lesquels je t’envoie.
Tu devras leur ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu pour qu’en croyant en moi, ils reçoivent le pardon de leurs péchés et une part d’héritage avec ceux qui appartiennent à Dieu. » (2)
Mes compagnons de voyage étaient figés sur place, muets de stupeur ! Ils entendaient la voix et voyaient la lumière, mais ils ne comprenaient pas qui me parlait !
Je me suis relevé de terre, mais j’avais beau ouvrir les yeux, je ne voyais plus rien car l’éclat de cette lumière m’avait aveuglé. Alors mes compagnons m’ont pris par la main pour me conduire.
Ah ! mon entrée à Damas fut bien moins glorieuse que prévu !
Le grand et célèbre Saul de Tarse conduit par la main comme un enfant passant la porte de la ville a dû en faire jaser plus d’un !
On m’a conduit chez un certain Judas, dans la rue Droite.
J’étais là, à Damas, aveugle, ne sachant vers qui me tourner. Tout le monde savait pourquoi j’étais venu en ville.
Mais je ne me préoccupais pas des bruits qui pouvaient courir à mon sujet. J’étais seul, face aux questionnements de ce que j’avais vécu !
J’étais sonné par cette vision venue du ciel à laquelle je n’avais pas pu désobéir.
Je n’avais pas trop de trois jours pour digérer cela !
En effet je suis resté aveugle durant trois jours et n’ai rien mangé, rien bu !
Je priais en cherchant ce qui avait bien pu m’arriver !
Trois jours, comme Jésus dans le tombeau !
J’avais vu celui que je persécutais. Je n’étais pas préparé à cela ! Je ne recherchais aucune expérience plus profonde avec Dieu car j’étais entièrement satisfait de mes convections. Moi, le juif zélé et persécuteur de l’Eglise, j’avais été transformé en disciple de Jésus et en prédicateur de son évangile ! Je venais de vivre une conversion radicale ! J’ai compris avec force que le salut vient entièrement de la grâce de Dieu et non pas par mon zèle ou mes actions.
Imaginez le persécuteur devenu disciple !
Qui pouvait encore lui faire confiance ?
Personne, de quel bord qu’il fût, ne pouvait me comprendre.
Ce fut le cas d’Ananias, un homme pieux, qui observait fidèlement la loi. Il était estimé de tous les Juifs de la ville. Heureusement le Seigneur lui a parlé et nous a préparés tous les deux à cette rencontre.
Il m’a raconté que le Seigneur lui était apparu dans une vision et lui avait dit :
« Ananias ! Lève-toi, et va dans la rue que l’on appelle la rue Droite et, dans la maison de Judas, demande à voir un nommé Saul, originaire de Tarse. Car il prie et, dans une vision, il a vu un homme du nom d’Ananias entrer dans la maison et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. »
Mais Ananias avait beaucoup entendu parler de moi et il avait répliqué au Seigneur :
« De tous côtés, on m’a dit tout le mal que cet homme a fait à ceux qui t’appartiennent à Jérusalem. De plus, il est venu ici muni de pouvoirs, que lui ont accordés les chefs des prêtres, pour arrêter tous ceux qui te prient. »
Mais le Seigneur l’avait rassuré :
« Va ! car j’ai choisi cet homme pour me servir : il fera connaître qui je suis aux nations étrangères et à leurs rois, ainsi qu’aux Israélites. Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il devra souffrir pour moi. »
Il a pris son courage à deux mains et a obéi à l’ordre du Seigneur et il est venu me trouver.
Il a ordonné :
« Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que la vue te soit rendue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. »
Au même instant, ce fut comme si des écailles tombaient de mes yeux et je vis de nouveau et je l’ai vu lui aussi.
Mais ce ne sont pas seulement mes yeux qui se sont ouverts ! Le Saint-Esprit a effacé mon aveuglement concernant Jésus et son oeuvre. Toutes mes connaissances, toutes mes croyances, toute mes conceptions de Dieu, de sa Parole, de son projet de salut devaient être sanctifiées et éclairées par le Saint-Esprit. Le pharisien, qui se croyait juste par ce qu’il était et ce qu’il faisait, devait être lavé de ses péchés.
Alors Ananias m’a dit :
« Le Dieu de nos ancêtres t’a choisi d’avance pour te faire connaître sa volonté, pour que tu voies le Juste et que tu entendes sa voix, car tu seras son témoin devant tous les hommes pour leur annoncer tout ce que tu as vu et entendu. Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi, fais-toi baptiser et sois lavé de tes péchés en te confiant dans le Seigneur. »
Alors je me suis levé et je fus baptisé.
Puis j’ai mangé et ainsi j’ai repris des forces !
J’ai passé quelques jours parmi les disciples de Damas. Ce n’était pas simple ! Heureusement, Ananias, connu et respecté de tous, était l’homme qui avait pu me présenter aux croyants de Damas car il était quelqu’un de crédible, et il fallait l’être pour amener le persécuteur devant l’Eglise !
Mon dynamisme et mon zèle étaient restés intacts, mais cette fois pour la cause du Christ ! La révélation du projet de Dieu pour moi m’a poussé à prêcher dans les synagogues, là où ceux de mon peuple avaient besoin d’entendre la Bonne Nouvelle.
Je me suis mis à proclamer que Jésus est le Fils de Dieu.
Mes auditeurs n’en revenaient pas. Tous disaient :
« Voyons, n’est-ce pas lui qui s’acharnait, à Jérusalem, contre ceux qui, dans leurs prières, invoquent ce nom-là ? N’est-il pas venu ici exprès pour les arrêter et les ramener aux chefs des prêtres ? »
Mais je m’affermissais de jour en jour dans la foi et les Juifs qui habitaient à Damas ne savaient plus que dire, car je leur démontrais que Jésus est le Messie.
Peu à peu les craintes et le scepticisme de la part des disciples du Christ ont disparu.
Mais, tombé moi-même sous le coup des lettres de recommandation du grand-prêtre, les Juifs ont décidé de me faire mourir. Le gouverneur du roi Arétas faisait surveiller toutes les issues de la ville dans l’intention de me tuer. En effet, celui qui était le plus virulent opposant au message de l’évangile était maintenant le plus ardent défenseur de Jésus, le Messie. J’ai eu vent de leur complot. Je ne pouvais plus quitter la ville sans me faire intercepter. Alors il a fallu trouver une solution pour partir sans passer par la porte. Une nuit, les disciples m’emmenèrent à une fenêtre du mur d’enceinte, on me fit descendre dans une corbeille le long du rempart, et ainsi seulement j’ai pu leur échapper.
Quelle leçon d’humilité pour moi qui avais plutôt l’habitude d’être de l’autre côté de la barrière et d’avoir la reconnaissance de mes pairs !
Ce n’est que 3 ans plus tard, après un séjour en Arabie et à Damas, que je suis allé à Jérusalem pour rencontrer les apôtres, mais je savais que ça allait être difficile !
En effet tous avaient peur de moi ! Ils se souvenaient de la personne que j’étais avant de rencontrer le Christ. Ils ne croyaient pas que j’étais vraiment devenu un disciple mais que j’étais en mission d’infiltration : me joindre à eux pour mieux les piéger !
Heureusement Barnabas m’a beaucoup aidé et a fait l’intermédiaire pour organiser une rencontre avec Pierre et Jacques. Il leur a raconté comment, sur le chemin de Damas, j’avais vu le Seigneur, comment le Seigneur m’avait parlé et avec quel courage j’avais prêché à Damas au nom de Jésus.
Mais les chrétiens des Eglises de la Judée ne me connaissaient pas personnellement.
Ils avaient seulement entendu dire : « Celui qui, autrefois, nous persécutait, prêche maintenant la foi qu’il voulait détruire. » Et ils louaient Dieu à mon sujet.
Dieu m’a dit que ma place n’était pas à Jérusalem car ses habitants n’accepteraient jamais mon témoignage et il a confirmé ma mission envers les païens. Je ne suis resté à Jérusalem que durant deux semaines en profitant de ce temps pour évangéliser les Juifs de culture grecque, mais très vite eux aussi ont voulu ma mort.
Les disciples m’ont emmené à Césarée et m’ont exfiltré vers Tarse, ma ville natale.
Ensuite je me suis rendu dans les districts de la Syrie et de la Cilicie.
Durant de longues années j’ai beaucoup voyagé pour annoncer l’évangile aux non-juifs. J’ai été à l’origine de la création de nombreuses églises locales, à Ephèse, à Colosses, à Corinthe, à Thessalonique, en Galatie.
J’ai travaillé avec plusieurs collaborateurs : Barnabas, Jean-Marc, Luc, le médecin qui a raconté un grand nombre de nos aventures, Aquilas et Priscille à Corinthe et bien d’autres encore !
J’ai aussi formé Timothée à prendre la relève.
Tous les chrétiens d’un arrière-plan païen que j’ai pu rencontrer au cours de mes voyages étaient très chers à mon cœur. Je leur ai écrit de nombreuses lettres quand je ne pouvais pas être avec eux, pour les encourager, les stimuler, les reprendre aussi parfois.
J’ai rencontré de nombreuses difficultés dans mon ministère, j’ai connu les coups et les lynchages, mais j’ai tenu bon.
J’ai eu l’occasion de l’écrire à mes amis de Corinthe :
« Souvent j’ai vu la mort de près. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les « quarante coups moins un ». Trois fois, j’ai été fouetté, une fois lapidé, j’ai vécu trois naufrages, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer. Souvent en voyage, j’ai été en danger au passage des fleuves, en danger dans des régions infestées de brigands, en danger à cause des Juifs, mes compatriotes, en danger à cause des païens, en danger dans les villes, en danger dans les contrées désertes, en danger sur la mer, en danger à cause des faux frères. J’ai connu bien des travaux et des peines, de nombreuses nuits blanches, la faim et la soif, de nombreux jeûnes, le froid et le manque d’habits. Et sans parler du reste, je porte un fardeau quotidien, le souci de toutes les Eglises. (3)
En regardant en arrière, je me suis rendu compte que Dieu, dans sa grâce, bien avant qu’il ne m’appelle à le connaître et ne me révèle son Fils pour que je l’annonce aux non-Juifs, m’avait préparé à mon futur ministère. Par mon statut de citoyen romain, mon éducation rabbinique, mes dons intellectuels. J’ai compris aussi que malgré mes connaissances je n’avais pas trouvé dans le judaïsme la paix de l’âme, car ce sont le poids de la loi et le besoin d’action pour plaire à Dieu qui me faisaient vivre. Seule la grâce était désormais ma bannière.
J’étais le plus à même de pouvoir être l’apôtre des païens car j’avais la double culture.
Les autres apôtres étaient davantage en capacité d’annoncer l’évangile à ceux qui avaient un arrière-plan judaïque
J’ai appris l’humilité après ma conversion. J’avais mis entièrement ma vie au service du Seigneur ce qui faisait ma notoriété et ma réputation.
Toutes ces choses qui autrefois constituaient, à mes yeux, un gain, je les considérais désormais comme une perte à cause du Christ.
Je dirais même plus : je considérais comme une perte tout ce en quoi j’aurais pu me confier, à cause du bien suprême de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui, j’avais accepté de perdre tout cela car je voulais donner toute la gloire à Dieu.
Je ne voulais plus me vanter de mon arrière-plan religieux, de mon passé de « bon Juif », d’authentique pharisien qui observait scrupuleusement les prescriptions judaïques, de ma moralité et de mon zèle pour Dieu. Ma rencontre avec Jésus lors de ma conversion avait complètement renversé mes valeurs. Mon seul souci était désormais de connaître toujours mieux le Christ, mon Sauveur et Seigneur, afin de lui ressembler chaque jour davantage et d’avoir en moi ses sentiments.
Je suis devenu le serviteur de l’Evangile comme j’ai pu l’écrire aux Ephésiens :
« C’est de cet Evangile que je suis devenu le serviteur : tel est le don que Dieu m’a accordé dans sa grâce, par l’action de sa puissance. Oui, c’est à moi, le plus petit de tous les membres du peuple saint, que Dieu a fait cette grâce d’annoncer aux non-Juifs les richesses insondables de Christ et de mettre en pleine lumière, pour tout homme, la façon dont Dieu mène ce plan à sa complète réalisation. » (4)
Le message d’amour et de salut que j’annonçais n’était pas le fruit d’une pensée humaine. Car je ne l’avais reçu d’aucun homme, personne ne me l’avait enseigné ; c’est Jésus-Christ lui-même qui me l’avait fait connaître, par une révélation.
Ce n’est pas la religion, ni son observance stricte qui apporte le salut. On peut avoir toutes les connaissances possibles et imaginables, s’il n’y a pas l’Esprit c’est la mort !
Le Seigneur sanctifie nos dons et nos qualités pour que nous puissions les mettre à son service pour sa gloire et sa gloire seule.
Je n’ai eu de cesse de répéter ces choses à ceux que j’enseignais et à ceux à qui j’écrivais :
« Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu ; car par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions. » (5)
Dans toutes mes prédications et tous mes enseignements dans les synagogues et les églises durant mes voyages, dans toutes mes lettres, je voulais aussi rendre les croyants sensibles et attentifs au fait que la conversion n’est que le début d’une longue marche de transformation. Transformation du caractère, du rapport au prochain et à tout l’entourage, pour vivre en véritable citoyen du royaume de Dieu tel que Jésus l’a présenté dans le sermon sur la montagne. C’est ce qu’on appelle aussi la sanctification.
« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ ! » ai-je eu l’occasion d’écrire aux Philippiens. (6)
Cela n’est possible que si vous restez fermement attachés au Seigneur.
« Aussi, puisque vous avez reçu Christ, Jésus le Seigneur, comportez-vous comme des gens unis à lui, enracinez-vous en lui, construisez toute votre vie sur lui et attachez-vous de plus en plus fermement à la foi conforme à ce qu’on vous a enseigné. Agissez ainsi en adressant à Dieu de nombreuses prières de reconnaissance. » (7)
Pour cela chaque jour nécessite un recentrage de vos pensées et vos sentiments pour vivre selon l’Esprit du Seigneur et pour porter des fruits si nous le laissons agir. Alors l’Esprit sera source de vie et produira en vous « l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi ». (8)
Pas facile, n’est-ce-pas ? Mais le Seigneur est fidèle ! En effet, « celui qui a commencé en vous son œuvre bonne la poursuivra jusqu’à son achèvement au jour de Jésus-Christ. » (9)
Alors vous aurez de nombreux sujets de le glorifier :
« A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser bien au-delà de tout ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité.
Amen ! » (10)
(1) Actes 26/9-11
(2) Actes 26/16-18
(3) 2 Corinthiens 12/24-26
(4) Ephésiens 3/7-9
(5) Ephésiens 2/8-10
(6) Philippiens 2/5
(7) Colossiens 2/6-7
(8) Galates 5/22
(9) Philippiens 1/6
(10) Ephésiens 3/20-21
