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Insolite rencontre (réponse au Défi Scrabble, par Christiane)

Ce petit texte est une réponse au défi d’écriture de l’auteure Gwen. D, qui consiste à composer un texte court (nouvelle, poème, scénette…) en utilisant des mots imposés. Les mots qu’il faut placer (avec l’orthographe exacte !) sont en gras. Ce sont en fait les mots… de la dernière partie de Scrabble de Gwen ! N’hésitez pas à participer vous aussi.

Habitante d’une grande ville, j’aime me retrouver à la campagne, ne serait-ce que l’espace d’un week-end et savourer les joies qu’offre la pleine nature. Mais la première fois où j’y ai séjournée, je fus réveillée par le chant répété de coqs. Il était cinq heures.

Contrainte de sortir du lit plus tôt, je n’étais cependant pas  indisposée par ce contretemps. Ma mère me répète souvent « il ne faut pas blâmer une contrariété ». Comme elle a raison, puisqu’au lever du soleil, j’eus  la chance de le voir émerger de l’horizon, puis monter peu à peu dans le ciel en le colorant de ses rayons pourpres.

 Dans la matinée, alors que je peignais au bord de la rivière, une femme m’aborda en s’adressant à moi en wu. Je ne fus pas gênée, parce que j’avais appris quelques mots et expressions de cette langue.

Au cours de notre conversation, je me suis bien amusée quand elle me montra une figurine. Il s’agissait de l’effigie de Kan. Elle m’expliqua qu’elle collectionnait aussi des monnaies et me fit voir des  wons et un écu or bien cachés dans une bourse en cuir. Puis elle délia le lacet d’une besace tout près de craquer. Usure était passée par là depuis longtemps.

Elle brandit alors un bipeur, un et  d’autres objets. Tandis qu’elle les disposait sur le sol, je vis apparaître dans ses yeux fixes, une étrange lueur et j’eus soudain l’intuition que le sourire d’étonnement que j’affichais la contrariait.

Mon vocabulaire limité de sa langue me fit perdre l’espoir de recevoir d’elle tout éclaircissement concernant l’utilité de ses objets. Alors que je me perdais en conjectures, elle se mit à chantonner un hymne où le mot « Adorez »  revenait souvent.

Je ne pouvais qu’imaginer : « Avait-elle assisté à la répétition des choristes qui se réunissent dans la nef de la petite église du bourg ? ».
Mes pensées vagabondaient, mais elle agissait comme si je n’existais pas ; elle ne cessait de ranger et défaire ses arrangements.

Je suis de tempérament patient, mais je commençais à trouver le temps long en sa compagnie et peu à peu je devins amère, tandis qu’elle continuait sa litanie.

La matinée avançait et la chaleur se faisait de plus en plus prégnante.

Vint le moment où je m’apprêtais à lui dire ce que je pensais de son comportement. … Vider mon sac, en somme ! C’est alors qu’elle se mit à crier :  

— Il  haït comme il respire..

         — Qui ?

         — Job ! Vous ne le connaissez pas.

         — Euh …

         — Il me tyrannise ! Il a cassé la bâtonnée de ma pompe à eau avec ses amis. Ils verront de quel bois je me chauffe.

         — Il n’est pas bon de se laisser dominer par la colère !

         Elle fuit  mon regard … Un ange passe.

Soudain, elle se mit à haleter et entre deux inspirations me cita « Conseiller est aisé, aider est difficile. » qu’elle étaya de discours incompréhensibles, tout en me précisant qu’il s’agissait d’un proverbe chinois paru en 1905.

Au bout d’un moment, je n’en pouvais plus de l’écouter enfiler des mots  en des phrases que je ne comprenais pas toujours. C’est alors qu’elle leva la tête vers moi :

         — Tu engluas ta mémoire en voulant me soutirer mes connaissances, mais tu as perdu !

C’était trop fort ! Pour qui se prenait-elle ? Je ne lui avais rien demandé, c’est elle qui m’avait abordée.

Depuis plusieurs jours, heureuse, je me promenais, écoulais mes tableaux alors que j’étais en vacances. Aujourd’hui, elle a gâché ma journée, en faisant fuir mon inspiration et elle ose me culpabiliser !

Fort à propos, des paroles de l’Ecriture me vinrent à l’esprit, tempérant la colère que je sentais monter en moi :

La charité est patiente ; elle est pleine de bonté… Elle excuse tout, elle supporte tout. 1 Corinthiens 13 : 4 et 7.

« Pardonnez-moi Seigneur ».

Voilà que maintenant, elle commence à ranger ses  objets dans sa besace. Je tente de l’aider. Elle accepte. Enfin prête, elle charge son fardeau sur son dos. Je lui tend la main et l’accompagne un bout de chemin.

FIN

Christiane

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