Classiques, Poèmes Classiques

Les Adieux du Mourant

Le blog de la Réb a eu la bonne idée de publier le Sonnet des Adieux, une reprise du poème de Laurent Drelincourt par Richard Toupin (1994). Si cette reprise n’est pas un sonnet, l’original de Laurent Drelincourt intitulé Second Adieu du Mourant, en est bien un. Nous vous proposons de le découvrir ci-dessous, accompagné du Premier Adieu du Mourant, dédié à la Terre.

Premier Adieu du Mourant
A la Terre

Le voici, le beau jour, le jour tant désiré,
Où mon saint Rédempteur veut recevoir mon âme.
Mon cœur s’élève à lui, mon cœur est tout de flamme,
Pour s’élancer au Ciel, où j’ai tant aspiré.

Doux moment, par mes vœux tant de fois attiré,
Tu viens couper enfin de mes malheurs la trame.
Jésus, que par la foi j’embrasse et je réclame,
M’enlève d’une Terre où j’ai tant soupiré.

Adieu, Terre couverte et d’horreurs et de charmes ;
Terre pleine d’erreurs, d’iniquités, d’alarmes ;
Dont même les douceurs excitent ma pitié.

Si du mortel combat, passant à la victoire,
Je laisse dans ton sein ma fragile moitié,
Dieu seul sera mon tout dans le sein de la gloire.

Second Adieu du Mourant
Aux parents et aux Amis

Adieu, mes chers parents, mes amis précieux.
Je monte à notre Dieu, je monte à notre Père ;
Mes combats sont finis : je sors de la misère ;
Et j’échange aujourd’hui la Terre pour les Cieux.

Essuyez par la foi les larmes de vos yeux ;
Bannissez de vos cœurs votre douleur amère ;
Et si jamais pour moi votre amour fut sincère,
Contemplez mon bonheur, et soyez-en joyeux.

Ah ! que mon sort est beau ! qu’il est digne d’envie !
Je passe par la mort au séjour de la vie,
Et ne perds en mourant que la mortalité.

Suivez-moi par les vœux de l’espoir et du zèle.
La mort nous désunit pour un temps limité,
Mais Dieu nous rejoindra dans la gloire éternelle.

Drelincourt, Laurent (1625-1680). Sonnets Chrétiens, Ed ThéoTeX (p. 153, 154)

Dans sa préface, Laurent Drelincourt compare son recueil de Sonnets à un bouquet de fleurs indépendantes, dont chacune possède sa propre couleur et son propre parfum. Composé de quelques 160 poèmes, un tel bouquet mériterait moins modestement le nom de gerbe, dont la moisson à la gloire de Dieu représente un véritable tour de force. […]

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La version musicale de Richard Toupin :

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