Poésie

La pensée de l’éternité

L’homme ne peut appréhender

L’oeuvre de Dieu dans son entier :

Quel est donc le parcours du vent ?

Comment se façonne un enfant ?

Mais dans son coeur, Dieu a placé

La pensée de l’éternité…

Son esprit pressent un mystère :

Oui il retourne à la poussière

Comme la bête il disparaît

Sa vie est déjà terminée ?

Que reste-t-il à son départ ?

Tel une ombre, il l’a traversée

Et soudain, tout part en fumée

Il n’a pas pu les retenir

Les empêcher de s’échapper

Les années qui courent et s’enfuient

La génération à venir

Ne va jamais se souvenir

De toutes ses bonnes actions

C’est effacé, c’est oublié

Du bien, du beau, et du mauvais

Il n’en demeure qu’un soupçon

Un filet, une émanation

Et tout le travail accompli

Par cet homme durant sa vie

Ce sera un autre après lui

Qui en récoltera les fruits

A quelle heure viendra la mort ?

Peut-il influer sur son sort ?

Aucun contrôle, aucun pouvoir

Sur les battements de son coeur

Son souffle vient puis il repart

Et subitement c’est trop tard

Il ignore sa destinée

Il est dans la main du Divin

Fixant ses jours, il les maintient

Ou décide d’y mettre fin

Sa jeunesse s’en est allée

Telle une vapeur, elle passe

Mais il reste un petit espoir

La pensée de l’éternité…

Comme une lueur dans le noir

Dieu l’a mise en lui pour l’aider

A regarder au Créateur

Car s’il veut qu’au jour du bonheur

Il soit heureux et plein d’ardeur

Il veut qu’au jour de son malheur

L’homme se mette à méditer

Avant que le cordon ne casse

Et que le vase soit brisé

Avant que revienne à la terre

Son corps tiré de la poussière

Que l’esprit ne retourne à Dieu

Qui jugera toute sa vie

Le bon mais le très laid aussi

Qui demandera : « Qu’as-tu fait

De la pensée que j’ai posée

Au fond de toi, à l’intérieur

Moi je voudrais te rassurer

Car bientôt je supprimerai

La mort qui t’a tant fait pleurer

Les pertes et puis les regrets

Le temps qui file entre tes doigts

Il n’existera plus là-bas

Les enfants qui quittent le nid

Les « jamais plus » : anéantis

Dans la maison que j’ai prévue

Pour celui qui croit en Jésus

Un jour je vais tout rétablir

Justice et paix, sécurité

Je veux t’offrir un avenir

Seulement il te faut choisir

Car j’ai promis, je le ferai

La vie sans fin à mes côtés

Sera pour qui celui qui aura

Contemplé l’homme cloué là

Et fait alors un pas de foi

L’homme sur la croix du milieu

Qui te regarde dans les yeux

Et te murmure tendrement

Combien il t’aime, éperdument… »

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