Rahab

Toi qui étais la honte de ta famille, la pauvre perdue, la trainée,
Tu es allée les chercher, chacun, un à un, les trainer,
Jusque sous ton toit, dans ta maison, la maison de la prostitution,
Jusque sur ton rempart, pour les mettre à l’abri de la destruction.

Toi qui, dans ces clients ordinaires, vite reconnus tes ennemis,
Et de ces ennemis extraordinaires vites décidas de faire partie ;
Toi à qui jamais personne n’avait montré un quelconque honneur,
Ajouter la traitrise à tes vices ne te faisait pas peur.

Ces hommes de la ville qui te fuyaient le jour et te rejoignaient la nuit,
Leurs familles, leurs maisons, leurs amis, tous allaient être détruits.
Toi, tu le savais, le terrible Dieu des israélites l’avait dit,
Mais toi et ta famille vous échapperiez à ce sanglant édit.

Alors tu accueillis ces deux hommes, ces espions, tu les cachas même,
Après tout, tu le savais, n’est-ce pas ?, on récolte ce que l’on sème,
Tu choisis de sauver leur vie, par la fenêtre tu les fis descendre,
Mais avant, ils avaient promis que tu te relèverais des cendres.

Quel courage, quelle confiance il t’a fallu voyant Israël tourner,
Jour après jour autour de la muraille sans jamais l’attaquer,
Pour supporter les remarques de ton père qui ne pouvait plus attendre,
Pour retenir tes frères qui parmi les moqueurs voulaient descendre.

Quelle confiance ! mais aussi quelle récompense quand tu as pu voir
Ta famille, incrédule, soudain silencieuse, regarder les murailles choir
Et Israël détruire votre fière cité. Dieu leur donnait la victoire,
Tu l’avais cru et maintenant, ta famille et toi lui rendiez toute la gloire.

Au milieu de la poussière, du massacre, de la violence, de l’incendie,
Il y avait un pan de mur debout, une maison, une famille et toi qui dit :
« A genoux, père, mère, frères, soeurs ! A genoux devant le Dieu Tout-puissant,
Le Dieu qui a donné notre pays mais qui nous fut compatissant ».

Rejoignant les vainqueurs, ton nouveau peuple, Israël, tu changeas de vie,
Tu ne serais plus la vile prostituée, tu te trouvas un mari,
Parmi les fils de Jacob, tu pouvais à nouveau aimer et être aimée,
Rapidement, sommet de la bonté du Seigneur, tu pus enfanter.

Et ce petit garçon, fruit de ta confiance et de ton courage,
Ce beau jeune homme qui grandissait en force et en âge,
Fera de toi l’ancêtre de David, d’Israël le grand roi,
Mais aussi d’un menuisier, Joseph, père du Roi des rois.

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