Enfants, Prose

Sauvetage en montgolfière (4)

4 Un sauvetage en montgolfière

Ils survolaient maintenant une immense forêt et avaient l’impression de presque pouvoir toucher la cime des arbres.
« On dirait qu’il y a une petite clairière, là-bas, remarqua Mattéo.
– Oh ! s’exclama Rose. Grand-papa, arrête-toi vite ! Il y a quelqu’un !
– M’arrêter ? se récria Grand-papa. On n’est pas en voiture !
– Mais regarde ! Il a l’air blessé ! On ne va quand même pas passer à côté !
– Il faut faire comme le bon Samaritain ! » insista son frère.
Grand-papa regarda enfin en direction du sol, coupa aussitôt le gaz. La montgolfière descendit un peu.
« Au secours ! »
Rose se pencha aussi loin qu’elle l’osa.
« On arrive ! cria-t-elle.
– Facile à dire, maugréa Grand-papa. Heureusement qu’il n’y a pas de vent à cette altitude… »
Grand-papa se pencha et fouilla dans les sacoches suspendues à la nacelle. Il saisit une longue corde et engagea l’un des bouts dans le tambour d’un treuil. Il tourna quelques fois la manivelle, puis fixa une ancre à l’autre bout. Enfin, il se prépara à la jeter.
« Attention en-bas ! 
– Bravo ! Tu as réussi ! »
L’ancre s’était plantée dans le sol. Grand-papa tourna la manivelle d’abord à toute vitesse, puis de plus en plus lentement. La corde se tendit et la nacelle se posa enfin. Tous sautèrent à terre et se précipitèrent vers le blessé. C’était un homme d’environ trente-cinq ans. Un tronc d’arbre s’était abattu sur ses jambes.
« Enfin ! » murmura-t-il. De grosses gouttes de sueur perlaient à son front.
« Oh là là ! Comment allons-nous l’aider ? s’inquiéta Rose. Le tronc est bien trop lourd pour nous… »
Grand-papa s’assit près du blessé et échangea quelques mots avec lui. Il apprit qu’il s’appelait Thierry.
« Vous avez très mal ? s’enquit-il.
– J’ai très soif » avoua le blessé.
Grand-papa courut à la nacelle et en revint avec une gourde d’eau. Thierry se souleva sur un coude et but avidement.
– Ah ! J’avais tellement soif ! soupira-t-il. Je suis coincé ici depuis hier matin. Le pire, c’est que ma fille doit être morte d’inquiétude…
– Dis, Grand-papa, est-ce qu’on ne pourrait pas soulever le tronc avec la montgolfière ? l’interrompit Rose.
– On l’attacherait avec une corde, précisa Mattéo.
– Oui, approuva Grand-papa, on pourrait essayer. C’est une bonne idée. »
Il fallut un certain temps pour nouer solidement la corde au tronc. Enfin, Grand-papa prit place dans la nacelle, ouvrit le gaz, priant que Dieu les aide à secourir Thierry. Bientôt, la corde se tendit. Tout le monde observait la manœuvre. Le ballon serait-il assez puissant ? Oui ! Le tronc venait de bouger ! Centimètre par centimètre, il s’élevait au-dessus du sol. Aussitôt, le jeune homme s’extirpa de sa prison. Il se remit péniblement debout.
« Quelle chance soupira-t-il. Je ne me suis rien cassé !
– Votre pantalon est plein de sang, remarqua Rose en faisant une grimace.
– Des égratignures…
– Des grosses, alors… » marmonna Mattéo avec un regard sévère.

5 Où est Claire ?

Un peu plus tard, tous se retrouvaient dans la montgolfière.
« Quel sauvetage incroyable ! s’exclama le jeune homme. Aujourd’hui, le secours m’est venu du ciel !
– Vous pouvez le dire ! appuya Grand-papa. C’est Dieu qui a dirigé la montgolfière pile au-dessus de votre clairière ! Sinon, on ne vous aurait jamais trouvé !
– Maintenant on va chercher votre fille ? demanda Mattéo.
– Nous allons commencer par prier, décréta Grand-papa.
– Mais il va t’entendre ! » s’alarma Mattéo en désignant Thierry.
Grand-papa lui sourit.
« Il n’y a pas besoin de se cacher pour prier. C’est très bien que les gens sachent que nous prions et aimons Dieu. »
Aussitôt, il commença :
« Père céleste, nous te remercions d’avoir sauvé Thierry. Tu as parfaitement dirigé les vents et chacun de nos gestes pour que nous puissions le secourir. Je te prie maintenant de nous diriger encore jusqu’à sa petite fille. Amen.
– Amen ! » répondirent Rose et Mattéo.
Celle-ci apostropha le jeune homme.
« Dites, comment s’appelle votre fille ?
– Claire. Elle a sept ans.  Et je suis très inquiet de l’avoir laissée seule si longtemps…
– N’a-t-elle pas de maman ? s’étonna Rose.
– Hélas non, soupira-t-il. Nous vivons dans une petite maison à l’orée du bois. J’ai laissé ma pauvre fille seule pendant que je suis allé couper du bois. Je ne pensais pas être si mauvais bûcheron. »
Il se pencha et un cri de surprise lui échappa.
« Hé ! On y arrive déjà ! C’est incroyable ! On dirait que vous pouvez diriger votre montgolfière ! »
Le ballon était à peine posé que Thierry sauta au sol et courut vers la maisonnette. Curieux, Etoile le suivait.
« Claire ! Claire ! Ma chérie ! Je suis enfin là ! »

Grand-papa, Rose et Mattéo le rejoignirent.
« Elle n’est pas là ? s’inquiéta Grand-papa.
– Elle ne répond pas… » murmura Thierry la voix éteinte.
A cet instant, Etoile passa devant eux comme une flèche, la queue entre les jambes et les oreilles aplaties.
« Qu’est-ce qu’il a vu ? bégaya Rose apeurée.
– Quelque chose qui l’a terrorisé » déglutit Thierry.
Cependant, Mattéo était parti en exploration. Soudain, il surgit en trombe de la pièce du fond et courut dans les bras de Grand-papa.
« Un monstre ! cria-t-il paniqué. J’ai vu un monstre !
– Un monstre ? s’étonna Grand-papa. Voyons, ça n’existe pas.
– Je t’assure ! Un truc horrible !
– Attends ici, je vais voir. Thierry, restez avec les enfants. »
Tendus, tous trois regardèrent Grand-papa disparaître dans la pièce à l’occupant mystérieux. Il y eut un moment de silence qui leur parut très long, puis un cri, suivi d’un rire. Enfin, Grand-papa revint vers eux.
« Je comprends ta frayeur, Mattéo. Ce n’est pas un monstre qu’il y a dans cette pièce, mais un aye-aye…
– Un aye-aye ?! C’est quoi ce truc ?
– Une sorte de singe de nuit. Il a dû s’échapper du zoo… Mais je reconnais qu’il est assez effrayant.
– C’est sûrement lui qui a fait peur à Claire, raisonna Thierry. Elle est si impressionnable ! Elle se sera enfuie en le voyant…
– Seigneur Jésus, pria Grand-papa, toi qui es tout-puissant, nous te demandons de protéger Claire. Tu sais aussi où elle se trouve et nous te prions de nous conduire à elle. Amen. »
Ils remontèrent à bord de la montgolfière et volèrent à très basse altitude, suivant la trace qu’elle avait laissée dans l’herbe haute. Si elle ne s’était pas cachée en forêt, ils auraient une chance de l’apercevoir…

(à suivre)

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