Note : Un kotch (en russe : коч) est un petit voilier traditionnel en bois, doté d’un ou deux mâts, spécialement conçu en Russie pour naviguer dans les eaux glacées des mers arctiques et des fleuves sibériens. Le kotch présente plusieurs innovations techniques ingénieuses adaptées au Grand Nord, dont une coque en forme de coque de noix : si la glace se referme sur le navire, la pression n’écrase pas les flancs. Au lieu de cela, la forme arrondie de la coque fait « glisser » et remonter le bateau à la surface de la glace, le protégeant de la destruction.
Le ciel nacré embrasse les vagues,
Le vent ratisse leurs fiers caquets ;
Elles se culbutent et elles font rage,
Charriant le kotch qui, gai, coquet,
S’esquive, et bondissant s’élance,
Glissant sur crêtes émoussées.
Son cœur donné à l’étoile polaire,
Son âme avide de bises du Nord,
Il cherche les glaces qui, en colère
L’enserreraient, vouant la mort.
Le kotch s’empresse, au loin s’esquisse
La plaine hachée – banquises d’argent.
Le kotch s’ébat et, vif, s’enlise
Dans le sorbet, comme un harfang
Qui sa proie saisit en vol,
Sans perdre son élan.
Les troupes glaciales s’ameutent, s’amassent,
Resserrent le kotch, s’enlacent autour,
L’écrasent, le plient et le tracassent,
Le mordent à mort, tels des vautours.
Le kotch s’emballe, clignote de l’œil,
Son rire en gouttelettes de joie explose;
Et plus les glaces le croient au seuil
De son péril, plus il s’expose.
Serré de tous côtés,
Privé de tout espace,
Il chante son hymne glorieux
En ascendant les glaces!
Et plus leurs légions pressent,
Plus elles se cognent les fronts
Dessous le kotch qui dresse
Ses flancs! Le joyeux son
De sa rengaine triomphe!
S’épanche dans l’espace,
Réveille l’immense soleil…
Et son sourire vermeil
Soudain fait rire les glaces.
Anna Djintcharadzé

Très parlant ! Le kotch équipé pour affronter la glace, contrairement à « l’insubmersible » titanic (l’orgueil) qui s’est fait attraper par la glace !
Merci pour votre gentille appréciation )
J’ajouterais également que le Titanic aurait pu envier le kotch, car malgré ses dimensions, il ne disposait pas d’une double coque — un coup d’ingéniérie qui protège contre heurts et crevaisons.
Ça m’a fait penser à un petit oiseau au milieu d’un nid de serpents… qui finit par échapper à un sort tragique.
Oui, c’est très juste comme image. Le pire qui puisse arriver lors de la navigation en Arctique, c’est de rester bloqué dans les glaces. Merci pour votre appréciation )
Très beau !
Merci )
Merci Anna pour cette belle parabole poétique, on navigue avec ce kotch.
Au plaisir! Merci et bon vent!