Nouvelles/contes, Prose

Drôles de Mages ! [Episode 1]

 Un vent d’Orient tourbillonnait et hurlait en remontant vers les étoiles. Il amoncelait quelques rares nuages au passage, façonnant ça et là d’étranges formes pâles et mystérieuses. Puis il piqua subitement vers le sol pour souffler un grand coup en jetant le sable chaud dans les airs, jusque dans les cheveux noirs et épais de Melchior. 

– Mais c’est pas possible ! grogna ce dernier en tapant ses babouches l’une contre l’autre.

– Mais arrête de gesticuler dans tous les sens ! Tu m’empêches de voir ! tonna Gaspard en s’accrochant au trépied en bois de sa longue lunette astronomique pour ne pas chuter.

– Mais c’est ce sable ! Il s’infiltre dans les broderies de mes babouches, ça s’effiloche ! J’ai l’air de quoi !

 Cette déclaration décolla Gaspard de sa longue vue. Il se tourna en lançant un regard désapprobateur vers son confrère qui tannait ses habits de la main pour tenter d’en faire tomber les derniers grains. 

– On essaie de discerner les mystères ineffables du Grand Ciel Saphir pour annoncer aux hommes les choses à venir… et toi tu t’inquiètes pour tes babouches ?

– Ouh là, commence pas à prendre tes grands airs avec moi ! Essaie donc d’avertir le monde d’une catastrophe cosmique en ayant l’air d’un mendiant, et tu verras bien si quelqu’un daigne t’écouter !

– Ah non ! s’interposa Balthazar, vous allez pas recommencer !

– De quoi ? répondirent les deux autres en chœur.

– De quoi !? Vous savez très bien de quoi ! Vous allez encore vous disputer pendant des heures et on va encore passer à côté d’une découverte incroyable !… Résultat, les mages d’Asie vont encore nous faire passer pour des incompétents…

– Oh, fit Melchior en roulant les yeux en direction de Gaspard. Si tu veux mon avis c’est pas la seule raison de notre incompétence…

– Ah beh merci beaucoup ! Et puis c’est plutôt ironique venant d’un astrologue qui fait quasiment jamais de prédictions !

– C’est pas la quantité qui compte. Je prédis pas n’importe quoi à tout va moi, je lis des cartes et je m’en tiens aux faits !

– Moi aussi, je m’en tiens aux faits !

– Oui, aux Fées ! rétorqua Melchior en se mettant à battre des mains pour expliciter son jeu de mots.

– Mais arrêtez tous les deux, je vous en supplie… Vous vous chamaillez comme des enfants systématiquement et on perd un temps fou à chaque fois…

– On ne se chamaille pas, se justifia Melchior en haussant les épaules, c’est plus une sorte de…. d’émulation de la pensée, on… on s’élève spirituellement en se stimulant l’un l’autre.

– Beh voyons… soupira Balthazar en levant les yeux au ciel. Il savait que lorsque ses deux amis commençaient la soirée en se faisant des remontrances, il y en avait pour des heures. Alors il préféra remplacer Gaspard derrière le trépied.

 De toute façon ce dernier n’observait plus du tout les étoiles depuis que Melchior avait fait mention de sa prétendue « incompétence ». Il avait le visage écarlate de colère, les yeux rivés sur le visage de son confrère, le cerveau en ébullition, cherchant le meilleur argument pour lui rendre la monnaie de sa pièce en bonnes et dues formes. 

– Incompétence !? répéta-t-il finalement, c’est la meilleure ! Dois-je te rappeler qu’à cause de TOI, et d’une fausse prédiction de TA part, on s’est retrouvés exilés de TOUTE l’Inde ?!

– Oui, non mais là c’est carrément mesquin ! J’aurais aimé t’y voir TOI à ma place ! Dois-je TE rappeler qu’on m’a fait faire cette prédiction sous la contrainte ? On me menaçait de me jeter aux lions si je ne disais rien, ce détails t’a visiblement échappé depuis !

– Quel manque de professionnalisme et d’intégrité…

– Je préfère manquer de professionnalisme et d’intégrité QUE DE BRAS OU DE JAMBES !

– Les amis ?… appela timidement Balthazar sans décrocher l’œil de la lunette.

– Et puis excuse moi, « manque de professionnalisme » venant de ta part je trouve ça gonflé ! Toi tout ce que tu es capable de prédire est inutile et ridicule ! Et ta dernière trouvaille sur mon nom est carrément puéril, une atteinte directe à la profession !

– Tu verras, tu verras ! Quand ton nom sera utilisé exclusivement pour nommer des animaux domestiques, tu pourras t’en prendre qu’à toi-même !

– Les amis !?…

– MELCHIOR NE DEVIENDRA JAMAIS UN NOM D’ANIMAL DE COMPAGNIE, C’EST N’IMPORTE QUOI !! Et l’Inde on s’en fiche ! Tu disais que tu supportais pas leur nourriture épicée de toute façon !

– Mais qu’est-ce que la nourriture de l’Inde à avoir dans cette conv…

– LES AMIS ! POUR L’AMOUR DU CIEL ET DE TOUT CE QU’IL CONTIENT, ARRÊTEZ DE VOUS BATTRE ET VENEZ VOIR CE QUE JE VOIS ! TOUT DE SUITE !…

– Quoi ? s’alarma Melchior en s’approchant rapidement.

– T’as trouvé quoi !? le questionna Gaspard en se précipitant à son tour.

– Je… je suis pas sûr de ce que c’est.

 Melchior fronça un sourcil. Passionné par les choses claires et précises, il n’aimait pas les incertitudes. 

– Comment ça tu sais pas ce que c’est !? C’est une étoile ? Une planète ? Une étoile mouvante !? C’est bien QUELQUE CHOSE !

– Chuuut ! Firent les deux autres à l’unisson en agitant leurs mains.

– Ah beh je vous en prie, faites moi taire, vous gênez surtout pas…

– C’est comme une étoile, mais… c’est pas juste une étoile…

– Bon laisse-moi voir ! brailla Melchior en poussant Gaspard sur le côté brutalement pour se frayer un chemin jusqu’à la lunette. D’un petit coup de hanche bien placé, il évinça également Balthazar et plaqua son œil gauche contre l’embouchure de la lunette.

– Beh c’est normal que tu vois pas ce que c’est ! Les réglages sont même pas faits !

– Je suis pas un amateur, je te signale ! se renfrogna Balthazar, j’ai mis tous les réglages au plus bas !

– Au plus bas !? s’étonna Melchior en jetant un coup d’œil rapide à toute les petites molettes de bois autour de la lunette. Mais c’est impossible ! On la verrait à l’œil nue dans ce cas !

– Beh je te confirme, répondit Gaspard en pointant son doigt vers l’immensité étoilée, on la voit à l’œil nu.

Les mages levèrent la tête et sentirent un frisson leur parcourir l’échine. Pendant quelques secondes, un silence plein d’admiration et de solennité se fît au milieu d’eux, le vent et la faune autour se turent également, l’univers tout entier semblait soudainement captivé par le scintillement spectaculaire de cette nouvelle étoile à l’aspect renversant. 

– ELLE BOUGE ! hurla Melchior faisant sursauter les deux autres. Vite ! Mes cartes !

 Il se mit à courir à toute vitesse en direction de sa tente mais, dans l’effervescence de l’instant, il se prit les pieds dans une petite motte de sable et plongea la tête la première dans une dune. Balthazar laissa échapper un éclat de rire qu’il étouffa rapidement par politesse, Gaspard, lui, ne fût pas si magnanime et explosa de rire bien volontiers. 

– Venez m’aider à me relever au lieu de ricaner comme des hyènes !

 Melchior se dandinait dans tous les sens comme un serpent du désert, ne parvenant pas à prendre appui dans le sable glissant. Et quand Balthazar le vit se mettre à crachoter de droite et de gauche pour tenter de se débarrasser du sable qu’il avait jusque dans les dents, ce fût la goutte d’eau, il se mit à rire à plein poumon à son tour. 

Quelques instants plus tard…

– Alors ? s’enquit Gaspard, mourant d’impatience que Melchior leur annonce enfin ce que la trajectoire de ce nouvel astre allait présager.

– Arrête de me poser la question et laisse-moi travailler en paix ! Tu sauras quand tu sauras ! Et enlève ta tête du milieu, tu me caches la constellation du Dragon toute entière avec ton gros nez !

 Gaspard recula en se tripotant le nez, lançant un regard sévère à son insultant confrère. 

– C’est incroyable… déclara Melchior finalement en levant les yeux pour toiser l’étoile encore une fois et s’assurer qu’il ne rêvait pas.

– Qu’est-ce qui est incroyable ? insista Balthazar qui connaissait suffisamment Melchior pour savoir qu’il n’était pas du genre à s’extasier facilement.

– Ce n’est pas que l’astre en lui-même, c’est son mouvement, sa trajectoire, elle défit toute loi astronomique connues à ce jour.

– Elle va où ? demanda Gaspard.

– Pour l’instant je ne sais pas.

– Beh alors pourquoi tu dis que sa trajectoire est incroyable si tu sais pas où elle va !?

– C’est pas seulement la trajectoire c’est sa manière de se mouvoir. Regarde… Melchior déplia complètement le parchemin qui lui servait de carte afin de reprendre son explication depuis le début. Ici, c’est la constellation de la Vierge, et là, c’est l’Etoile Centrale.

– On avait pas dit qu’on l’appelait Etoile du Nord finalement ?

– Oui bon, Etoile du Nord si tu préfères, bref ! Si je trace une ligne là, et une autre comme ça, on tombe à la croisée de tout.

– De tout quoi ? fît Balthazar en arquant un sourcil.

– De tout TOUT ! Tout converge en ce point, même l’Etoile Cent.. Du Nord ! Toutes les lignes astrales se concentrent pour suivre le mouvement de l’étoile.

– Mais tu nous as pas dit que les lignes astrales sont fixes normalement ?

– Exactement ! Tu comprends pourquoi je suis si émerveillé, cette étoile c’est pas une nouvelle étoile, c’est un nouveau… monde ! Une nouvelle perspective ! Regardez… Melchior se mit à tracer à nouveau quelques lignes en agitant frénétiquement ses mines de plomb et ses outils de traçage. Là ! Reprit-il, vous voyez ? J’ai tout retracé par rapport à sa nouvelle position et tout converge à nouveau mais en exprimant une nouvelle manière de voir le ciel.

– Attends… lança Balthazar qui commençait à comprendre. T’es en train de nous dire que chaque nouvelle position de cette étoile redessine le ciel ?

– C’est ça, en quelques sortes. Elle révèle toutes les lignes que je n’avais jamais remarqué jusque-là, et elle continue de le faire à chaque nouveau déplacement… en fait, je vais le dire plus clairement, son mouvement raconte quelque chose, c’est évident.

– Et toi Balthazar ? compléta Gaspard

– Et moi quoi ?

– Beh c’est bien toi le philosophe de métier, non ? Qu’est-ce que tu en penses ? T’as pas des écrits sacrés qui parlent d’un astre comme celui-là quelque part dans ta tente ?

– Mais je sais même pas ce que c’est ! Comment tu veux que je vérif… Attendez voir…

 Ses deux amis approchèrent sans même s’en rendre compte, piqués dans l’âme par une curiosité aussi vive qu’irrésistible. 

– Melchior… continua Balthazar en arborant une mine pensive. Tu dis que cette étoile redessine le ciel dans sa trajectoire, et qu’elle donne un sens à toutes les autres trajectoires cachées en les dévoilant.

– Oui et alors ?

– Toi Gaspard, t’es l’expert en nature astrale, la forme, la taille et la brillance de cet astre tu les interprètes comment ?

 Ce dernier croisa les bras en tordant la bouche, chose qu’il faisait toujours dès lors qu’on lui posait une question difficile. 

– Oh non… beugla Melchior. Quand il prend cette position y en a pour des heures. C’est bon, laisse tomber, d’ici que tu nous donnes une réponse, l’étoile aura déjà dévoilé tous les mystères du ciel !

 Balthazar lança à Melchior un regard suppliant, il n’avait aucune envie que les disputes recommencent. Habituellement Melchior n’en aurait fait aucun cas et il aurait continuer à taquiner Gaspard jusqu’à l’effusion de cris et d’insultes, mais l’heure était bien trop importante pour être perturbée par des niaiseries de ce genre, il le savait lui aussi. 

– Sa taille… démarra Gaspard subitement, attirant l’attention des deux autres qui tendirent l’oreille. Sa taille déjà, c’est du jamais vu. Et le plus haut degré en matière de taille est celui attribué aux Rois.

– Ce serait la naissance d’un Roi alors ? proposa Balthazar.

– Non. La taille est bien plus grande que pour un Roi, ça dépasse ce que j’ai vu jusque-là.

– D’accord, et pour la forme et la brillance ?

– La forme légèrement en croix avec une brillance horizontale plus courte, c’est le symbole du repère et du chemin astral.

– C’est quoi ça le chemin astral ? grinça Melchior, qui détestait particulièrement quand les astrologues offraient une perspective métaphysique des choses que personne ne pouvait jamais ni infirmer ni confirmer.

– C’est difficile à définir, chaque culture le voit d’une certaine manière, c’est la voie vers la Vérité Universelle, le sens de toutes choses, le mouvement de toute âme, c’est l’origine et le but de l’existence de l’humanité.

– À oui quand même…

– Et pour sa brillance, je dirais qu’il s’agit du degré au-delà du plus haut degré connu : l’omnipotence.

– Au-delà de l’omnipotence ? Répéta Melchior. Qu’est-ce qu’il pourrait bien y avoir au-delà de l’omnipotence ? Ça veut rien dire ! C’est comme ton histoire de Puits Stellaires Obscurs qui avalent les autres étoiles ! Ça existe que dans ta tête !

– Ah ! répliqua Gaspard. Et c’est reparti ! On a jamais vu un mage aussi sceptique de tout ! C’est juste invraisemblable ! Si t’étais pas prêt à concevoir que TOUT ne s’explique pas, il fallait plutôt reprendre la forge de ton père et resté bien sagement à Dilbat !

– JE T’AI DÉJÀ DIT DE PAS MÊLER MON PÈRE A NOS DISCUSSIONS !

– LE SALUT !! explosa Balthazar soudainement faisant pivoter les têtes de ses amis simultanément dans sa direction.

Profitant de cette brève accalmie, le philosophe enchaina :

– J’ai lu quelque part que derrière l’Omnipotence, il y avait le Salut.

– Pour quelles raisons ? le questionna Gaspard.

– En fait, ce serait long à expliquer mais, en résumant, certains philosophes juifs et grecques qui cherchaient à établir une notion claire de la déité ont exprimé un paradoxe commun : Si la déité est omnipotente, mais qu’elle ne met pas son omnipotence au service d’une cause, elle rend inutile sa propre puissance et s’annule elle-même.

– Il a dit quoi là ? grimaça Gaspard en donnant un petit coup de coude à Melchior.

– Qu’est-ce que j’en sais moi ? J’essaie de comprendre les luminaires, pas les illuminés !

– En plus simple ! reprit Balthazar, qui, soit dit en passant, n’apprécia pas le commentaire. Si Dieu est omnipotent pour rien, alors ça ne peut pas être Dieu !

– Aaaaaaah ! chantèrent ses deux confrères d’une seule voix.

– Voilà… soupira Balthazar voyant qu’il avait fini tant bien que mal par se faire comprendre. Et, ce qui serait le but de l’omnipotence de Dieu manifestée sur terre, ce serait le Salut de l’Humanité. Si Dieu a créé l’homme et qu’il a puissance de faire tout ce qu’il veut, on peut supposer qu’il a élaboré un plan de Salut Universel… enfin ça c’est si on croit à une déité positive, sinon c’est l’inverse, mais on va pas rentrer dans les détails, ça fait déjà beaucoup…

 Tout à coup, Balthazar se figea, puis il toisa ses deux amis quelques secondes, et finalement frappa dans ses mains d’un air victorieux avant de se mettre à courir vers sa tente. Les deux autres entendirent des bruits de tiroirs s’ouvrant puis se fermant brutalement, quelques cliquetis de métal, un son plus sourd suivi d’un juron, puis ils virent Balthazar revenir en trombe, un livre dans la main droite et se frottant le crâne de la main gauche. 

– C’est le Tanakh ! déclara-t-il en tournant rapidement les pages… C’est le livre sacré des juifs ! Étaya-t-il voyant que les deux autres s’échangeaient des regards perdus. Alors, c’est pas là, c’est pas là, c’est pas là, c’est là !

 Il s’éclaircit la voix avant de se mettre à lire : 

Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, et ne la fera point entendre dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; il annoncera la justice selon la vérité.
Il ne se découragera point et ne se relâchera point, jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, et que les îles espèrent en sa loi. Ainsi parle Dieu, l’Éternel, qui a créé les cieux et qui les a déployés, qui a étendu la terre et ses productions, qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, et le souffle à ceux qui y marchent.
Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, et je te prendrai par la main, je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, pour être la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de prison le captif, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.
Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni mon honneur aux idoles. Voici, les premières choses se sont accomplies, et je vous en annonce de nouvelles ; avant qu’elles arrivent, je vous les prédis.

 Il referma le livre, le visage radieux et ravi, mais il se heurta à deux visages interdits et perplexes. 

– Vous avez pas écouté ou quoi !? s’agaça-t-il en brandissant le livre d’un air menaçant.

– Ah si, si, on a écouté… bredouilla Gaspard.

– C’est juste qu’on voit pas le rapport, compléta Melchior.

 Balthazar laissa échapper un soupir d’exaspération avant d’ouvrir le livre à la même page. 

– Là… la mention d’un élu qui reçoit l’esprit de la divinité universelle pour annoncer la justice aux nations. C’est l’annonce d’un Roi plus grand que tous les rois qui ont foulé cette terre.

– Plus grand que Salomon ? s’enquit Gaspard, sceptique.

– Oui, plus encore ! Imaginez un Roi dont le règne n’aura jamais de fin ! On pensait que c’était impossible, mais si son règne n’est pas seulement une histoire de royaume terrestre mais de chemin vers la Vérité Universelle, son royaume serait dans l’âme de l’homme et non plus simplement défini par des frontières, vous voyez ? Et ici : je t’ai appelé pour le salut. Ça fait complètement référence à ton interprétation Gaspard.

– Effectivement, oui, c’est troublant.

– Et mon interprétation des trajectoires t’en fais quoi ?

– Justement, c’est qui m’a fait réaliser qu’il y avait un lien avec cet écrit. Personne ne comprend pourquoi un tel Roi est appelé serviteur.

– Oui, c’est vrai que c’est paradoxal, répondit Melchior qui commençait, une fois n’est pas coutume, à donner un peu de crédit à ce que Balthazar exposait.

– Melchior, reprit ce dernier, tu me disais que cette étoile est venu sans qu’on s’en aperçoive et qu’elle redessine la carte du ciel dans son mouvement, de manière discrète, en toute humilité n’est-ce pas ?

– Oui, je suppose qu’on pourrait voir ça comme ça. Disons qu’il faut bien sûr un œil suffisamment expert et quelq…

– Et bien ! À la fois serviteur et Roi de tous les rois, vous trouvez toujours pas qu’y a un lien !?

– Et cet homme, intervint Gaspard dont le cœur palpitait de plus en plus fort, ce roi-serviteur, il va bientôt paraitre ?

 Melchior ouvrit sa carte du ciel à nouveau avant de pencher la tête d’un côté et de l’autre, n’étant pas certain de vouloir prendre le risque d’annoncer ce qu’il comprenait. 

– Qu’est-ce qui t’arrive ? s’enquit Gaspard. T’as encore du sable dans les oreilles ?

– Hein ? Mais non ! C’est juste que, d’après mes calculs, c’est… c’est une théorie bien entendu, mais, si je… si je traces la suite de la trajectoire… c’est… à prendre avec du recul, il faut que je vérifie mes chiffres… mais il semblerait que la naissance de cet homme soit pour dans 2 mois à Bethléem…

 Le vent souffla sur les trois hommes qui se tenaient droits et silencieux comme des santons, s’arrêtant presque de respirer, on entendait que le battement de leurs grands habits prestigieux qui foutaient l’air à chaque bourrasque. Quand brusquement, Balthazar et Gaspard fusèrent en direction de leur tente pour ranger leurs affaires aussi vite que possible, effrayant leurs chameaux qui se mirent à blatérer de panique. 

– Et voilà… soupira Melchior en hochant la tête. J’en étais sûr !… Hé partez pas sans moi non plus, oh !

A suivre…

Jake

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